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Selon l'Africa Progress Panel, les compagnies chinoises volent pour 17 milliards $ par an aux forêts africaines

  • Date de création: 08 mai 2014 21:12

(Agence Ecofin) - L'Afrique subsaharienne perd quelque 20 milliards de dollars par an à cause de la pêche et de l'exploitation forestière illégales, souligne un rapport de l'Africa Progress Panel (APP), un think-tank présidé par l’ancien secrétaire général de  l'Organisation des nations unies (ONU), Kofi Annan.

L'Africa Progress Panel estime que les pays africains perdent autour de 17 milliards de dollars par an à cause de l'exploitation forestière illégale pratiquée essentiellement par des compagnies chinoises. Raison pour laquelle le panel estime qu'«aucun cadre multilatéral sur la gestion durable des forêts en Afrique ne sera crédible si la Chine n'est pas impliquée».

«Les ressources qui devraient être utilisées pour l'investissement en Afrique sont pillées par les activités des élites locales et des investisseurs étrangers», déplore le rapport indiquant que «les  conséquences sociales, économiques et humaines  de ces activités illégales sont dévastatrices».  Kofi Annan précise dans ce même cadre que «quelques corrompus ont amassé une fortune personnelle» grâce à la pêche et à l'exploitation forestière illégales.

La pêche illégale dans les eaux africaines, qui occasionne un manque à gagner d’environ 3 milliards de dollars par an, est notamment pratiquée par «des  navires en provenance d'Asie de l'Est et la Russie,» selon le rapport de l’APP qui rappelle que les côtes africaines abritent certaines des zones de pêche les plus poissonneuses au monde, en particulier les côtes de la Mauritanie, de la Namibie et du Mozambique.

Selon l’Africa Progress Panel, qui comprend plusieurs personnalités du monde des affaires et de la politique, dont l'ancien directeur général du FMI Michel Camdessus, l’ancien président nigérian  Olusegun Obasanjo et le directeur général de l’assureur britannique Prudential, l’ivoirien Tidjane Thiam, le pillage des ressources halieutiques africaines s’est accru au cours des  deux dernières années. En cause, les politiques de conservation sévères aux Etats-Unis et en Europe et la hausse de la demande chinoise, qui ont fait qui ont fait flamber les prix.

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