Chronique de la plus grosse faillite de l’histoire économique du Maroc : la SAMIR

(Ecofin Hebdo)


LE PITCH

Mise en service en service en 1961, et avant les problèmes qui conduiront les autorités judiciaires du pays à prononcer sa liquidation judiciaire, la SAMIR (Société Anonyme Marocaine de l’Industrie du Raffinage) fut le fleuron de l’industrie marocaine.

Dotée d’une capacité de traitement équivalente à 200 000 barils par jour pour plus de 1000 employés, avec des revenus exponentiels, l’usine avait de quoi aiguiser l’appétit des investisseurs étrangers. C’est dans ce sens qu’en 1997, au terme d’un appel d’offre lancé par le gouvernement pour privatiser la raffinerie, le groupe Corral Petroleum Holdings du milliardaire saoudien Mohammed al-Amoudi est devenu le propriétaire des lieux. « Une erreur », selon Abdelilah Benkirane, l’ancien premier ministre marocain, car « depuis 1997, al-Amoudi a toujours rechigné à investir, accumulant les dettes auprès des banques et de l’Etat ».

Bien qu’ayant bénéficié de nombreux emprunts et de mesures de redressement en interne depuis le début de sa débâcle, la SAMIR n’a jamais pu se relever. Même si tous s’accordent à pointer du doigt la mauvaise gestion de l’entreprise depuis qu’elle est entrée dans l’escarcelle de Corral Petroleum, il ne faut pas occulter les effets néfastes de la chute des prix du pétrole qui ont joué un rôle important dans la crise.

La question qu’il convient de se poser est de savoir qui voudrait reprendre la raffinerie dans un contexte aussi morose pour la remettre « rapidement » à flots, comme le voudrait le syndic ? La question reste posée tant que les prix n’auront pas atteint la barre des 60 $, seuil à partir duquel, l’industrie obtient assez de marges de bénéfices pour résister convenablement à la crise.

Chronique d’une descente aux enfers…

 

 

2014

Première alerte : une perte nette record de 350 millions de dollars

C’est l’évènement qui a mis la puce à l’oreille des observateurs. Au terme du bilan de clôture de l’année, la SAMIR déclare une perte record de 350 millions de dollars. Pour Corral, cette perte est la conséquence directe de la chute des prix du pétrole déclenchée 6 mois plus tôt. « A l’instar des autres raffineries dans le monde, le fort recul des cours pétroliers, qui sont passés de 110$/bbl début juillet à 65$/bbl actuellement, impactera négativement la valorisation des stocks à la clôture de l’exercice », a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

2014 SAMIR la nuit2014 : premier coup de semonce pour la Samir.

Par la suite, l’entreprise a annoncé avoir pris des mesures visant à minimiser l’impact de cette situation sur ses résultats, notamment par la réduction du niveau des stocks, la maîtrise des risques de change et la mise en place d’instruments de couverture contre les fluctuations des cours des matières premières.
Il faut souligner qu’à partir du deuxième trimestre de 2014, elle a perdu jusqu'à 11,2% de sa valeur et, sur le dernier mois, la contreperformance s'est creusée de 19,8%.

 

Août 2015

La raffinerie est suspendue de la cote à la bourse de Casablanca

Submergée par de graves difficultés économiques, la SAMIR n’a plus sa place sur la place boursière de Casablanca. Le 5 août 2015, le titre a reculé de 10% dans un volume de 517 850 dirhams marocain.
Dans la foulée, en guise de justificatdeion, l'entreprise indique dans un communiqué relayé par Media 24, qu'elle aura s retards dans l'approvisionnement en pétrole brut en raison de difficultés financières. Cela ne suffit pas à convaincre le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) qui demande la suspension immédiate de la compagnie.

aout 2015 Bourse casa

Pendant ce temps, certaines unités de production sont mises à l'arrêt et les livraisons de produits finis se feront désormais en fonction des stocks disponibles.
Pour certains analystes, la suspension de la SAMIR est une manœuvre menée de concert avec le CDVM pour obtenir des solutions financières sans se conformer totalement au plan de restructuration. Ledit plan voudrait que les solutions soient obtenues auprès des dignitaires saoudiens en vacances à Tanger, étant donné que le propriétaire al-Amoudi est proche des responsables saoudiens. Malheureusement, rien n’y fait.

 

Août 2015

Les dettes de la SAMIR sont plus élevées que sa capacité de remboursement.

Gangrenée par une mauvaise gestion de ses finances et un affaiblissement prolongé des prix du pétrole sur le marché pétrolier, la SAMIR se retrouve au cœur d’un gros dilemme pour ses investisseurs et partenaires. Avec des dettes d’environ 3 milliards de dollars, le sort de la SAMIR était scellé

Du côté marocain, des informations circulent selon lesquelles Rabbat aurait des griefs contre le milliardaire Mohammed al-Amoudi pour sa gestion calamiteuse de l’usine.

Du côté marocain, des informations circulent selon lesquelles Rabbat aurait des griefs contre le milliardaire Mohammed al-Amoudi pour sa gestion calamiteuse de l’usine, d’autant qu’à Riyad, al-Amoudi aurait perdu, avec le changement de régime intervenu dans la foulée, ses principaux appuis.

 aout 2015 Mohammed Al AmoudiLa SAMIR était contôlée par le milliardaire saoudien Mohammed al-Amoudi

 

Entre 2014 et juin 2015, les capitaux propres de la SAMIR ont chuté de 34%. Au vu de cette analyse des rapports en présence, certains observateurs prédisent déjà la faillite de la raffinerie.

 

Août 2015

Les créanciers de la SAMIR opèrent des saisies conservatoires

 Avant même qu’un tribunal ne prononce la liquidation judiciaire de la raffinerie, ses créanciers engagent des saisies de type conservatoires pour leur quasi-majorité, indique L’Economiste. Cette situation amène le tribunal à mentionner dans ses attendus que « les créanciers ont perdu confiance en la capacité du raffineur de poursuivre ses activités ».

Août 2015

Arrêt de la production de produits pétroliers

A bout de souffle et minée par des dettes colossales envers l’Etat, ses fournisseurs ainsi que ses employés, l’usine est en cessation d’activité. Ses responsables ont introduit au tribunal de commerce de Casablanca une requête en règlement amiable. C’est le début d’un feuilleton judiciaire plein de rebondissements. En jeu, 1000 emplois directs et environ 1500 postes indirects.

La raffinerie produisait 200 000 barils par jour sur les 300 000 consommés quotidiennement dans tout le royaume chérifien. Une situation qui va désormais contraindre le gouvernement à importer la totalité de sa consommation de produits pétroliers.

La raffinerie produisait 200 000 barils par jour sur les 300 000 consommés quotidiennement dans tout le royaume chérifien. Une situation qui va désormais contraindre le gouvernement à importer la totalité de sa consommation de produits pétroliers.
Par ailleurs, la cessation des activités de la raffinerie équivaut à une suspension de plus de 1000 emplois directs et environ 1500 postes indirects.

 

21 mars 2016

Le tribunal de commerce de Casablanca prononce la liquidation judiciaire de la SAMIR

Après avoir reçu une demande en règlement amiable formulée par l’équipe dirigeante de la raffinerie qui fait face à des difficultés de trésorerie, et après y avoir décelé une « grave situation économique », le tribunal de commerce juge nécessaire de placer la raffinerie en liquidation. Il est également évoqué une faute de gestion de la part de l’exécutif de la SAMIR.
Selon les arguments du tribunal, la situation de la raffinerie était « irrémédiablement compromise », ce qui nécessite l’application l’article 619 du code de commerce du Maroc qui dispose que « la production de liquidation judiciaire est ouverte lorsque la situation de l’entreprise est irrémédiablement compromise ».

21 mars 2016 Mohamed el KrimiMohamed el-Krimi est nommé syndic.

Un syndic est nommé pour gérer de façon provisoire la raffinerie. Il s’agit de l’expert-comptable de renom Mohamed el-Krimi. Celui-ci, d’entrée, annonce vouloir « faire repartir la production de l’usine, au plus tôt ».

 

24 mars 2016

Les avocats de Corral Holdings font appel de la décision de liquidation de la SAMIR

Le jeudi 24 mars 2016, trois jours après que le tribunal de commerce de Casablanca ait condamné la SAMIR à la liquidation judiciaire, les avocats de la compagnie interjettent un appel. L’objectif est d’obtenir un redressement judiciaire. « Nous avions dix jours pour déposer un appel et nous l’avons finalement fait », a confié à la presse Abdelkbir Tabih, le principal avocat du groupe.
Cependant, dans l’esprit des observateurs et de certains travailleurs, le vin est tiré, tous les efforts annoncés pour sauver la SAMIR seront vains. 

11 mars 2016

Al-Amoudi tente de sauver la SAMIR avec 680 millions de dollars

L’étau se resserre autour de la SAMIR et al-Amoudi tente le coup ultime. Dans une lettre qu’il adresse au tribunal par l’intermédiaire de ses avocats, le propriétaire de la raffinerie s’engage à verser immédiatement 680 millions de dollars dans la raffinerie, si la liquidation prononcée dans un premier temps est infirmée.

11 mai 2016 Mohammed Al Amoudi2

Le document adressé par le Tycoon demande aussi aux magistrats de pencher pour le redressement plutôt que la liquidation judiciaire.

 

Mai 2016

Pendant un moment, l’espoir d’un redressement judiciaire…

Lors des audiences préliminaires à la décision en appel, les avocats de Corral réitèrent leur souhait de voir le tribunal prononcer le redressement judiciaire au lieu de la liquidation. Ceci garderait, selon eux, la raffinerie dans l’escarcelle de la compagnie qui a promis de faire les efforts nécessaires pour favoriser sa reprise dans les meilleurs délais. Corral est appuyé par une forte majorité de créanciers de la raffinerie devant le tribunal. Cela conduit d’ailleurs de nombreux analystes à considérer la position de ces créanciers comme un coup de pouce en faveur du redressement judiciaire.
Pour certains des créanciers, les conséquences d’une liquidation judiciaire seraient plus dramatiques. Il leur serait plus difficile et plus long de se faire rembourser dans le cas d’une liquidation judiciaire, a affirmé l’un d’entre eux à la presse locale.

 

Juin 2016

… mais le tribunal en décide autrement

Le 1er juin 2016, les juges du tribunal de commerce de Casablanca prononcent en second ressort la liquidation, confirmant la première décision. Ceci après un énième report de la décision. Au sortir du tribunal, Abdelkbir Tabih, le principal avocat de Corral Petroleum, déclare à l’agence Reuters que le groupe de conseils de l’entreprise analyse la possibilité de porter l’affaire devant la Cour de cassation.

 

Novembre 2016

Après sa liquidation judiciaire, la SAMIR cherche un repreneur

Mardi 22 novembre 2016, Mohamed el-Krimi, le syndic désigné par la justice marocaine pour assurer la gestion provisoire de la raffinerie, demande aux investisseurs locaux et étrangers de préparer des offres pour reprendre l’usine et la remettre à flots.

 

Novembre 2016 raffinerie samir

Un processus de soumission d’offres est prévu pour être lancé au plus tard le 21 décembre 2016. Le syndic dit attendre la fin de l’évaluation des actifs de la raffinerie et le feu vert du juge en charge du dossier, pour lancer l’appel à manifestations d’intérêts.

 

Décembre 2016

Le tribunal de commerce de Casablanca donne trois mois de plus au syndic pour trouver un nouveau propriétaire

Le tribunal de commerce de Casablanca prolonge de trois mois le délai accordé au syndic pour trouver un repreneur à la SAMIR. Ceci après une demande expresse formulée par le syndic. « Nous avons demandé au tribunal trois mois de prolongation du délai fixé pour attirer un repreneur. Nous inviterons les investisseurs à présenter une manifestation d’intérêt, probablement dans une semaine », explique Mohamed el-Krimi à Reuters. Ce délai devrait suffire, selon lui à trouver l’investisseur et clore le dossier.

 

Décembre 2016

Jackpot ! Un investisseur propose 3 milliards $ pour racheter la SAMIR

Dans une intervention publique, le syndic fait savoir, avec satisfaction qu’il vient de recevoir une offre de 3 milliards $ pour la reprise de la SAMIR. L’offre a été introduite par un cabinet d’avocats italien qui a décidé de taire le nom du soumissionnaire. Néanmoins, M. el-Krimi a dit attendre d’autres propositions plus intéressantes.
Al-Hussein Al-Yamani, un responsable syndical de la SAMIR salue, très vite, cette nouvelle et avance ses revendications : « nous soulignons la nécessité de garantir nos droits et nos privilèges en tant qu'employés de la Samir ».

 

Février 2017

Et de deux ! Le syndic annonce avoir reçu une autre offre de rachat, cette fois de 3,1 milliards $

On y croyait presque plus mais la SAMIR semble toujours intéresser des investisseurs. Cette fois, c’est Anglo Energy, une compagnie indépendante britannique spécialisée dans la commercialisation de produits pétroliers et l’investissement dans l’amont et l’aval pétroliers qui manifeste son intérêt. Dans ce cadre, elle aurait fait une offre de 3,1 milliards de dollars pour racheter la raffinerie. C’est une grosse surprise pour les différentes parties prenantes qui s’attendaient à ne négocier qu’avec un seul repreneur, ce qui fausserait le principe du mieux offrant voulu par M. el-Krimi.

Des sources proches du dossier confient qu’avec deux propositions de rachat sur le bureau du syndic, la mission de Mohamed el-Krimi serait sans aucun doute couronnée de succès.

Des sources proches du dossier confient qu’avec deux propositions de rachat sur le bureau du syndic, la mission de Mohamed el-Krimi serait sans aucun doute couronnée de succès. Celui-ci a encore un mois et demi pour conclure le rachat de la raffinerie.
Par ailleurs, selon les 14 experts mandatés pour conduire le processus de liquidation judiciaire, les actifs de la SAMIR s’élèvent à 2,14 milliards $ et ses dettes à 4,27 milliards $.

 

Mars 2017

Le syndic a un mois supplémentaire pour trouver un repreneur à la raffinerie

Selon une information relayée par Reuters dans la matinée du 24 mars, le tribunal de commerce de Casablanca a accordé un délai supplémentaire d’un mois au syndic pour conduire le processus de recherche d’un repreneur pour la SAMIR. Cette décision judiciaire a ravi M. el-Krimi qui a expliqué que ce délai lui est nécessaire pour obtenir de meilleures offres que celles en présence.
Mohammed El-Krimi, a indiqué qu’à la date du 10 mars, près de 20 entités sont entrées en contact avec l’organe pour négocier la reprise de la raffinerie.
C’était également l’occasion pour le responsable de faire savoir qu’après plusieurs semaines de travaux, la valeur réelle de l’usine compte tenu des actifs et des passifs est de 2,1 milliards de dollars.

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Du côté des travailleurs et des différentes parties prenantes, la décision du tribunal est
vivement attendue.

 

Avril 2017

Le bout du tunnel pour la SAMIR

Le 24 avril, la prolongation d’un mois du temps accordé au syndic arrive à terme. Même si, les responsables en charge de la gestion du dossier ne se sont pas encore prononcées, des sources concordantes ont révélé que trois dossiers ont été retenus et seront « minutieusement » examinés afin de désigner l’adjudicataire final. Selon le quotidien en ligne Le Site Info, les responsables en charge du dossier auraient retenu une compagnie américaine, une holding européenne et une autre d’origine asiatique.
Du côté des travailleurs et des différentes parties prenantes, la décision du tribunal est vivement attendue. Les créanciers de la SAMIR notamment, attendent de se faire rembourser pour soulager leurs conditions financières qui se sont dégradées en raison de la faiblesse des prix du pétrole.

 

Mai 2017

Au tour de Carlyle et Glencore de s’associer pour faire une offre de reprise de la SAMIR

Malgré les difficultés la SAMIR demeure un actif important aux yeux des plus grands acteurs des finances et du marché pétrolier. C’est l’exemple du géant américain du private equity Carlyle Group et du négociant suisse Glencore. Le 16 mai, des sources proches de la compagnie ont confié à Reuters qu’une offre a été déposée par les deux compagnies au syndic. Malheureusement, sa valeur exacte reste inconnue. Néanmoins, à ce jour, on parle d’une offre comprise entre 2 et 3,5 milliards de dollars.
Il convient de noter que Carlyle a indiqué quelques mois plus tôt, en novembre 2016 avoir constitué des provisions visant à couvrir un investissement de 400 millions $ effectué par Vermillon, sa branche en charge des matières premières et que des analystes avaient identifié comme étant de l'argent injecté dans la SAMIR.
Quant à Glencore, il a une exposition financière de l'ordre de 200 millions $, qui avait été financée par les banques Natixis et APICORP.
Si les deux partenaires sont choisies pour conduire les destinées de la raffinerie, elles pourront recouvrer leurs dus mais dégager de la plus-value.

 

Juillet 2017

Le syndic a encore jusqu’au 21 octobre 2017 pour recevoir des offres

Malgré la vingtaine d’offres et la qualité de certains soumissionnaires, le syndic ne semble pas satisfait des offres en présence, ce qui explique cette nouvelle prolongation du délai pour trouver un repreneur. Certaines sources proches du dossier ont confié à la presse internationale que les offres ne correspondent pas aux aspirations du syndic.

Malgré la vingtaine d’offres et la qualité de certains soumissionnaires, le syndic ne semble pas satisfait des offres en présence, ce qui explique cette nouvelle prolongation du délai pour trouver un repreneur.

Cette nouvelle a semé davantage de doute dans les esprits de certaines parties prenantes notamment les employés. Ceux-ci craignent désormais que toutes ces prolongations ne constituent des manœuvres pour enterrer la SAMIR, conscients qu’en raison de la conjoncture, la majorité des entreprises du secteur ont un des trésoreries peu solides.

 

Novembre 2017

Toujours rien pour relancer la SAMIR !

En novembre 2017 les lignes n’ont toujours pas bougé. Le dossier est toujours sur la table du syndic qui semble avoir du mal à enregistrer des offres valables. Une situation qui inquiète les travailleurs, les forces politiques et associations locales de Mohammedia, la ville qui accueille la raffinerie.
Le 25 novembre, ils sont des centaines à protester contre le mutisme du gouvernement dans ce dossier, appelant à « sauver la SAMIR ». Des propositions sont ensuite faites dans ce sens, comme, entre autres, l’introduction de l’Etat au capital de la raffinerie.

Novembre 2017 SAMIR MAROCSauver la SAMIR reste une préoccupation majeure, assure l’exécutif.

Selon Le Site Info, « cette impasse est essentiellement due à la condition sine qua non du dépôt de 1% du montant global du potentiel rachat de la SAMIR comme garantie. Sauf que ledit dépôt ne sera pas remboursé aux sociétés au cas où leurs dossiers essuieraient un refus. »

Malgré tout, sauver la SAMIR reste une préoccupation majeure, assure l’exécutif. Cela permettrait, pour le pays, d’arrêter l’importation de 100% de ses produits pétroliers depuis la fermeture de l’entreprise. L’Etat pourrait, ainsi faire de précieuses économies tout en assurant l’indépendance énergétique du Maroc.

 

Mohammed al-Amoudi, ancien propriétaire de la SAMIR, omnipotent en Ethiopie

Né à Dessie en Ethiopie, en 1946 et naturalisé saoudien, Mohammed al-Amoudi est un puissant homme d’affaires qui contrôle la majorité des plus grosses entreprises d’Ethiopie, son pays d’origine, et plusieurs sociétés non cotées en Arabie Saoudite.
C’est grâce à de solides contacts noués avec les dignitaires du royaume saoudien que l’homme aurait bâti son empire. En 1988, il a décroché un important contrat de construction d’un terminal pétrolier en Arabie Saoudite, d’une valeur de 30 milliards de dollars. Cela lui a permis par la suite de diversifier ses investissements dans le raffinage du pétrole, les BTP, les mines d’or et l’agriculture en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

mohammedalMohammed al Amoudi.

Il acquiert très vite une puissance financière qui lui permettra d’étendre ses tentacules en Europe du Nord, notamment en Suède où il possède d’importants actifs diversifiés.

Au début des années 1990 et avec la chute du régime communiste en Ethiopie, l’homme rachète plusieurs compagnies en injectant plus de 2 milliards de dollars dans l’économie locale. Il devient rapidement le premier employeur du pays et prend le contrôle presqu’intégral de l’économie privée éthiopienne. Un état de choses que dénoncent plusieurs autres investisseurs en Ethiopie qui crient à l’abus de position dominante.

Aujourd’hui à la tête d’une fortune de 11,1 milliards de dollars, selon Forbes, M. Al Amoudi est la 80e fortune mondiale.

 

Olivier de Souza

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