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Gabon : les anciens travailleurs de la Comuf réclament des réparations pour des situations liées à leur travail

(Agence Ecofin) - Après la fin de leurs activités dans la mine d'uranium exploitée entre 1958 et 1999, par la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf), dans le Sud-est du Gabon, plusieurs centaines d'anciens travailleurs gabonais de ladite société réclament toujours réparation depuis plus de douze ans. 

Selon la presse locale, ces anciens mineurs de la filiale gabonaise d'Areva indiquent que leur situation sanitaire actuelle est fortement liée aux conditions de travail dans cette mine. Autrement dit, ils estiment qu’ils souffrent des maladies contractées dans cette mine. 

En 2016, à l’occasion de la commémoration de la fin des activités de cette mine, les ex-employés de la Comuf avaient une fois de plus, attiré l’attention de la communauté internationale grâce à d’anciens salariés français de cette entreprise afin que réparation soit faite. 

« Je transportais la boue à l’usine. C’était du minerai pur. J’étais seul au fond des mines. Actuellement, je suis malade ; des boutons sortent de mes deux pieds enflés. Ils ont vu à la biopsie que c’est une tumeur. Mais jusqu’alors, ils ne réagissent pas. Voilà le papier qu’ils m’ont donné. Je suis abandonné par Areva. Ils ne se sont pas occupés de moi.», avait expliqué un ancien mineur français sur les ondes de RFI. 

A travers le Mouvement des anciens travailleurs de la Comuf (Matrac), ils entendent poursuivre leur combat même si jusqu’à présent rien n’a été fait. Ils sont en outre aidés dans ce combat, par l'Association française Mounana. Laquelle organisation essaye de se battre pour l'indemnisation des anciens travailleurs expatriés de la Comuf. En 2011, elle a obtenu, l'indemnisation de deux familles d'anciens travailleurs décédés d'un cancer du poumon. 

Il est toutefois indiqué qu’en 2010, même si le groupe Areva avait accepté de créer un Observatoire de la santé (OSM), avec l'État gabonais pour suivre l'état des travailleurs et indemniser les victimes des maladies causées par ces radiations en vue d’une prise en charge par la société, rien n’a été fait. 

Malheureusement, le groupe nucléaire français a toujours affirmé « qu'aucune maladie professionnelle liée à l'exposition aux rayonnements ionisants » n'y a jamais été décelée. 

Malgré l’usure du temps, dans la petite ville de Mounana qui abritait les installations de la Comuf, les anciens mineurs qui ressassent leur passé, ne perdent toujours pas espoir. 

Stéphane Billé


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