Agence Ecofin
Yaoundé - Cotonou - Lomé - Dakar - Abidjan - Genève

BANNERS PUB 1200x100 ECOFIN Agro

Les réformes foncières en Afrique de l’Ouest doivent protéger les petits exploitants agricoles, selon un rapport de la Fao

  • Date de création: 10 avril 2018 10:55

(Agence Ecofin) - Face au phénomène des accaparements de terres et à l’appétit des multinationales, les réformes engagées en Afrique de l’Ouest doivent permettre de protéger les petits exploitants agricoles pour que survive une « agriculture familiale » garante de sécurité alimentaire et de quiétude sociale.

C’est ce que préconise le rapport, « Les dernières évolutions dans l’accès au foncier en Afrique de l’Ouest », que vient de publier l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), en collaboration avec l’ONG AGTER.

Rédigé par le chercheur sénégalais Sidy Ba dans le cadre des activités du Forum Mondial sur l'Accès à la Terre et aux Ressources naturelles (FMAT) 2016, ledit rapport rappelle que « dans la culture africaine, la terre constitue le ciment de la spiritualité des peuples. Elle est le gage de leur existence, fait partie du patrimoine incessible et inaliénable des communautés. Elle est intrinsèquement liée à leurs modes de vie, à leurs pratiques séculaires, à leur histoire et porte en elle la promesse de leur avenir. La terre, et la nature elle-même, sont restées depuis la nuit des temps l’objet de tous les soins possibles pour le bonheur de ces civilisations. Elles ont d’ailleurs développé une somme incommensurable de savoirs, de savoir-être et de savoir-faire reconnus aujourd’hui par la communauté scientifique ».

Un lien fusionnel à la terre sacrifié sur l’autel de l’industrialisation. « Aujourd’hui, le foncier est un instrument de souveraineté reconnu et considéré comme tel par l’ensemble des pays. Mais certains dirigeants, souvent dans les pays les plus pauvres de la planète, ont une conception restrictive de la souveraineté. Plusieurs pays, ou parfois même des entreprises multinationales, se sont lancés ces dernières années à la recherche voire à la conquête de cette denrée loin de leurs bases pour des raisons liées à la satisfaction des besoins alimentaires, énergétiques de leurs citoyens, des retombées économiques/financières ou parfois avec des visées purement spéculatives. Ce qui a eu pour conséquence de modifier profondément les pratiques foncières surtout dans les pays d'Afrique où on note une relative disponibilité foncière. Aux niveaux social et économique, l’acquisition massive des terres en Afrique de l’Ouest exacerbe les conflits inter-communautaires liés au foncier, notamment les conflits entre autochtones et allochtones. L’arrivée massive d’étrangers dans certaines localités se traduit par une augmentation du coût de la vie, une plus grande pression sur des infrastructures socio-économiques souvent insuffisantes, le développement de comportements sociaux négatifs comme la prostitution, l’abus de drogues, le travail des enfants, etc. De façon plus spécifique, les femmes des pays de l’Afrique de l’Ouest sont plus affectées par ces acquisitions massives de terres.», note également le rapport.

Dans ce contexte, les réformes foncières entamées voire achevées par les pays de la sous-région doivent veiller à concilier les impératifs économiques et les réalités endogènes liées au foncier. « Beaucoup de pays du Sud, en Afrique de l’Ouest en particulier, ont entamé ces dernières années des processus de réforme foncière souvent sous la houlette ou sur encouragement des bailleurs de fonds et autres partenaires au développement. Dans certains pays, comme le Bénin et le Burkina Faso, ces réformes ont abouti à un bilan à court terme très mitigé selon de nombreuses organisations de la société civile qui en ont observé la définition et la mise en œuvre. Dans d'autres pays, comme le Sénégal, les réformes sur le foncier tardent à être mises en place. Les blocages se situent soit au niveau de l’Etat qui peut faire montre d'un manque de volonté politique, soit au niveau de la société civile (ONG, OP, etc.) qui, comprenant les enjeux et implications de telles réformes, se mobilisent pour préserver les intérêts des acteurs ruraux en posant des actes qui, de manière incidente, contribuent à ralentir le processus de réforme. La sécurisation de l’accès des acteurs ruraux aux ressources naturelles passe certes par la mise en œuvre de mesures législatives reconnaissant/confirmant leurs droits sur la ressource mais aussi des mesures volontaristes en termes de politique agricole globale de soutien à l’agriculture familiale dans le sens de leur transformation pour ne pas dire modernisation.», souligne le rapport.

Pour rappel, selon la Banque mondiale, entre octobre 2008 et août 2009, 56 millions d’hectares de terres dans le monde ont été ciblés par des investisseurs étrangers dont plus des deux tiers en Afrique subsaharienne.

Télécharger l’intégralité du rapport ici.


Ecofin Agro     


 
GESTION PUBLIQUE

Afreximbank lance le premier système de paiement numérique à l'échelle continentale

Nigeria : le gouvernement obtient 15 millions $ du GEF pour la gestion des déchets électroniques

Zimbabwe: le taux d'inflation annuel grimpe à 175,66% en juin, le plus haut niveau en 10 ans

Zambie : la ministre des Finances Margaret Mwanakatwe limogée

 
FINANCE

Le 1er forum « Invest in West Africa » aura lieu début octobre à Lomé

Le groupe Diaverum, spécialisé dans le traitement des maladies rénales, s’implante au Maroc

La baisse des commissions impacte sur le produit net bancaire de Bank Of Africa Bénin à fin mars 2019

Zambie : la valeur des transactions d'argent, via le mobile, a connu un niveau record au cours du premier trimestre 2019

 
ELECTRICITE

Tunisie : un nouvel appel d’offres pour la mise en place de 107 MW de centrales solaires

BAD : une facilité de 56 millions € pour accompagner l’électrification au solaire de 4,5 millions de personnes

Togo : 90 MW de centrales solaires seront construites dans le cadre du programme Scaling Solar

Le Cameroun mandate Sinohydro pour l’étude d’un projet de centrale solaire de 20 MW dans la région du Nord

 
HYDROCARBURES

Afrique du Sud : une politique énergétique de plus en plus tournée vers le gaz naturel

Le Nigérian Mohammed Barkindo reconduit au poste de secrétaire général de l’OPEP

L’AIE prédit une nouvelle surabondance de l’offre pétrolière pour 2020

Libye : l’une des plus grandes centrales électriques du pays va opérer un switch du pétrole vers le gaz

 
MINES

Afrique du Sud : MC Mining obtient un financement de 245 millions de rands pour le projet Makhado

Maroc : Emmerson lève de nouveaux fonds pour accélérer le développement du projet Khemisset

Côte d’Ivoire : Roxgold fait une première estimation de ressources aurifères à Séguéla

Mark Bristow, PDG de Barrick : «L'industrie minière de la RDC a été constamment paralysée par les modifications de la législation fiscale»

 
TELECOM

Zimbabwe : le gouvernement souhaite privatiser TelOne et NetOne d’ici la fin de l’année

L'Egypte investit dans la qualité de ses télécommunications en se dotant d’un centre national de surveillance des TIC

Tchad : Idriss Deby lève la restriction d’accès aux réseaux sociaux, en vigueur depuis plus d’un an

Rapport sur le développement durable 2018 de Huawei : assurer l'égalité d'accès pour tous

 
FORMATION

Maroc : le gouvernement lance une plateforme de formation en ligne

L’Afrique doit former 300 000 personnes chaque année jusqu'en 2023 pour combler son déficit en ingénieurs (Etienne Ehouan Ehilé)

La Russie décide d’octroyer 60 bourses aux étudiants béninois

Le gouvernement égyptien propose des bourses d’études aux étudiants sénégalais

 
COMM

Données personnelles : le régulateur américain de la concurrence inflige une amende de 5 milliards de dollars à Facebook

Zambie : l’agence de communication Boomtown remporte le budget média de Lafarge

Zambie : les médias locaux de mauvaise foi concernant la part de contenu chinois diffusée par StarTimes

Niger : la Maison de la presse rénovée par l’Agence de coopération de la Turquie

Enveloppe
Recevez chaque jour la lettre
Ecofin Agro