Afrique du Sud : la masse monétaire globale a connu à la fin de 2018 sa croissance la plus faible depuis 2012

Afrique du Sud : la masse monétaire globale a connu à la fin de 2018 sa croissance la plus faible depuis 2012

(Agence Ecofin) - A la fin décembre 2018, la masse monétaire globale (M3) de l’Afrique du Sud était de 3540 milliards de rands (l’équivalent de 263,7 milliards $), en hausse de 5,59% sur une période d’une année écoulée. En plus d'être en dessous des prévisions des analystes (+5,78%) c’est le niveau de progression le plus bas de la masse monétaire sud-africaine au terme d’une année, depuis la fin 2012, lorsqu'elle avait augmenté de seulement 5,12%.

Selon la définition des experts, la masse monétaire globale intègre en premier lieu la base monétaire, qui est la quantité de monnaies (M0) détenues dans les banques centrales des pays et qui servent en principe de base aux banques commerciales, pour la création de la monnaie par les divers crédits octroyés aux économies, en dehors de la transformation en monnaie locale des avoirs en devises étrangères. Cette masse intègre aussi l’ensemble des billets en circulation (M1), des dépôts (M2) et aussi des actifs financiers (M3) qui sont comme de la monnaie, notamment les bons et obligations du trésor.

Les données disponibles et publiées par la banque centrale sud-africaine suggèrent que la faible progression de la masse monétaire en 2018 aura été surtout le fait de la faible demande de crédit au sein de l’économie. Tandis que la base monétaire (constituée de réserves et des dépôts des banques commerciales à la banque centrale) a connu, en 2018, son plus fort bond depuis 2013 en progressant de 9,13%, et que les avoirs extérieurs nets sont repartis à la hausse, l’encours global des crédits accordés à l’économie a connu, pour sa part, sa plus modeste progression (+5,52%) depuis l’année 2013. 

L’évolution sur la quantité de billets et pièces en circulation qui se matérialise via la composante M1 de la masse monétaire sud-africaine, suggère pour sa part, que la faible évolution du crédit est attribuable à un repli de la demande des prêts par les acteurs économiques. 

Mais la demande de crédit par les ménages est restée vigoureuse et a connu sa plus importante progression depuis 2014 (+5,7%). La question est désormais de savoir vers quoi les ménages ont orienté ces emprunts, car le gros des entreprises du secteur de la grande consommation a annoncé des avertissements sur leurs profits, expliquant cela par une baisse des ventes.

Idriss Linge


Ecofin Gestion Publique