Danger sur la production céréalière du Cameroun, déjà attaquée à environ 75% par la chenille légionnaire d’automne

(Agence Ecofin) - La production céréalière camerounaise souffrira, cette année encore des ravages de la chenille légionnaire d’automne, insecte susceptible de détruire, selon les experts, entre 25 et 75% des cultures céréalières telles que le maïs et le sorgho. En effet, à ce jour, a révélé au quotidien gouvernemental, Louisette Clémence Bamzok, directrice du développement de l’agriculture au ministère camerounais de l’Agriculture et du Développement rural (Minader),  cet insecte a déjà attaqué environ 75% de la production céréalière du pays.

En guise de riposte, le gouvernement camerounais a lancé, ce mois-ci, un projet d’appui au contrôle de la chenille légionnaire d’automne, avec un concours financier de 120 millions de francs Cfa émanant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Implémenté sur une période de 18 mois, ce projet permettra de limiter les dégâts causés à la production céréalière nationale par la chenille légionnaire d’automne. Dans cette optique, apprend-on de bonnes sources, deux bio pesticides susceptibles de lutter contre cet insecte nocif, ont été homologués par les autorités publiques camerounaises au mois de mars 2018.

Bien que signalée dans sept régions sur les 10 que compte le Cameroun (exception faite des régions du Nord-Ouest, de l’Est et du Sud), la présence de la chenille légionnaire est plus marquée dans la région du Nord, dans laquelle elle avait déjà attaqué 36 700 hectares de plantations à fin 2017, apprend-on officiellement.

Corollaire de la baisse de la production céréalière, cette invasion des plantations par la chenille légionnaire sera plus ressentie dans les régions septentrionales du pays que sont le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua (un tiers de la population du pays, Ndlr), dans lesquelles les céréales (maïs, sorgho et mil) sont l’aliment de base de la population ; laquelle population a d’ailleurs grossi ces dernières années avec l’afflux des réfugiés centrafricains et nigérians, tous nourris aux céréales par la Programme alimentaire mondial (PAM).

Par ailleurs, la baisse de la production céréalière, qui se profile à l’horizon, va davantage compliquer les activités dans la filière avicole nationale (le maïs est le principal constituant de la provende servant à nourrir les poussins, Ndlr), déjà lessivée par une longue épizootie de grippe aviaire, qui s’est déclarée en 2016 et 2017 dans plusieurs bassins de production du pays, dont la région de l’Ouest, qui pèse officiellement 80% dans la filière.

Brice R. Mbodiam

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