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La bourse des valeurs mobilières de Tunisie a connu son lundi noir marqué par le plongeon de banques cotées

La bourse des valeurs mobilières de Tunisie a connu son lundi noir marqué par le plongeon de banques cotées

(Agence Ecofin) - La bourse des valeurs mobilières a connu sa plus importante baisse depuis le mois de mai 2018. Ce lundi noir sur le marché financier tunisien a été le fait d'un repli des valeurs sur les actions des banques cotées.

Banque Internationale Arabe de Tunisie a plongé de 6,09% à 121,430 dinars, Banque de Tunisie a chuté de 6% à 7,520 dinars, UIB (Société Générale Tunisie) a vu la valeur de son action perdre 6,08% à 23,480 dinars, Attijari Bank s’est replié de 4,92% et Banque de l'Habitat a cédé 4,75%. 

La raison de ce plongeon dans le secteur des banques cotées a été l'adoption par l'Assemblée nationale tunisienne (Assemblée des Représentants du Peuple) d'une disposition qui imposait au secteur financier une taxe de 1% sur chacune de leurs transactions. 

Il est difficile de dire qui étaient les cédants sur le marché, mais on se souvient que l'association professionnelle tunisienne des banques et des établissements de crédit, est montée au créneau pour dénoncer avec énergie, une mesure qui, selon elle, en rajoute davantage à la pression dans leur secteur, dans un contexte marqué par une faible liquidité. 

Sur la base des performances globales au terme des 9 premiers mois de 2018, cette taxe aurait coûté aux banques de la BVMT l'équivalent de 30 millions de dinars tunisiens et 43 millions de dinars à l'ensemble du secteur financier coté. Pour les banques qui font déjà face à un coût élevé de la ressource, la mesure a été, selon elles, difficile à absorber. 

Le gouvernement est intervenu rapidement et a sollicité du parlement tunisien une suspension dans l'application de cette mesure. Une requête qui n'a obtenu qu'une satisfaction partielle. L’ARP a accepté de différer l'entrée en vigueur de la loi, jusqu'en 2020. Le gouvernement a aussi obtenu qu'on parle de taxe sur le chiffre d'affaires et non sur les transactions. 

La Tunisie fait face à des arbitrages difficiles et doit poursuivre avec la maîtrise d’un déficit budgétaire qu’elle est parvenue à réduire fortement sur les 9 premiers mois de 2018. Mais sa proposition de taxe à 1% a eu du mal à passer. Les observateurs tunisiens dénoncent une nouvelle pression qui vient s’ajouter à un niveau de taxation déjà jugé très élevé. Il n'est pas clair si le moratoire s'applique uniquement aux sociétés financières, ou à toutes les secteurs qui étaient concernés par cette taxe.

Idriss Linge


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