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Le groupe nigérian United Bank for Africa réaménage la gestion de ses filiales africaines

(Agence Ecofin) - United Bank for Africa, le groupe bancaire panafricain basé à Lagos, a procédé à une réorganisation de la gestion de ses 19 filiales dans les marchés situés en dehors du Nigéria. Plutôt que d'avoir une répartition entre filiale anglophone et francophone, UBA souhaite désormais diriger ses filiales par groupe de pays aux réalités quasi-spécifiques.

On retrouvera donc désormais UBA Afrique de l'ouest 1, qui regroupe le Ghana, la Côte d'Ivoire, la Sierra Leone, le Libéria, le Benin et le Burkina Faso. UBA CEMAC qui est constitué de quatre pays, notament le Cameroun, le Gabon le Congo Brazzaville et le Tchad. UBA Afrique de l'ouest 2 qui compte le Sénégal, le Mali et la Guinée Conakry et enfin UBA Afrique de l'est et australe où on retrouve le Kenya, le Mozambique, l'Ouganda, la Tanzanie, la RD Congo et la Zambie 

Les responsables nommés à la tête de ces quatres pôles rendront directement compte au directeur général du groupe, et les responsables de filiales rendront compte aux responsables des pôles. United Bank for Africa dit vouloir introduire plus d'efficience, en rapprochant les filiales de la sphère des décisions. Le groupe semble aussi vouloir obtenir plus d'efficacité et cible une troisième place dans l'ensemble des pays où il est présent. 

Une ambition qui n'est pas gagnée d'avance car les différents marchés où le groupe opère sont, soit suffisamment mature, soit bien quadrillé par des groupes financiers (parfois locaux), eux-mêmes en pleine expansion sur d'autres marchés. Au Kenya, par exemple, UBA n'avait qu'une part de marché de 0,2% à la fin du deuxième trimestre 2017, selon des sources concordantes.

 Par ailleurs, il n’est pas clair si cette réorganisation s'accompagnera d'une nouvelle phase d'investissement et à quelle hauteur. D'emblée, il lui faudra recapitaliser sa filiale au Ghana, pour se mettre en conformité avec les directives de la banque centrale de ce pays, en termes de fonds propres. Aussi, la marge bénéficiaire des pays de l'UEMOA, notamment le Sénégal qui est un solide marché, risque d'être érodée, avec l'entrée en vigueur de Bâle 2 et 3. Malgré de grands efforts, il n’était qu’à la dixième place des groupes bancaires présents dans cette sous-région, où les Marocains ont pris une longueur d’avance. 

Toutefois, il faut noter que ces défis ne sont pas insurmontables pour UBA, au regard du poids des actifs de l'ensemble des filiales sur le bilan consolidé (du groupe). Même s'il a beaucoup progréssé depuis 2010 (13%), son niveau de la fin du premier semestre 2017 (29%) reste assez modéré comparé à la valeur des actifs nigérians. Or, malgré ce faible niveau des actifs, les activités africaines offrent des rendements intéressant et en progression.

Idriss Linge 


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