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En Afrique subsaharienne, les autorités prennent enfin le problème des fournisseurs d’IPTV frauduleux à bras le corps

En Afrique  subsaharienne, les autorités prennent enfin le problème des fournisseurs d’IPTV frauduleux à bras le corps
  • Date de création: 16 septembre 2021 08:49

(Agence Ecofin) - Depuis quelques années, de nombreux fournisseurs illégaux proposent aux populations africaines des chaines, officiellement disponibles chez les opérateurs de télévision payante, via des boitiers pirates qu’ils font passer pour des dispositifs d’IPTV (télévision par internet).

Ces dernières semaines, les diffuseurs nouent de nombreux partenariats avec des entreprises comme Irdeto, un spécialiste de la cybersécurité, pour essayer de protéger leurs contenus des pirates. Avec l’augmentation du nombre d’abonnés à la télévision payante et à la vidéo à la demande le nombre de diffuseurs illégaux augmente également. Pendant plusieurs années, ces pirates ont freiné l’évolution du continent dans les domaines du divertissement et des médias. Jusqu’en 2009, les autorités nigérianes estimaient que la moitié des revenus générés par l’industrie cinématographique locale était détournée par le piratage. Plus récemment en 2017, le cabinet américain Digital TV Research a évalué à près de 52 milliards de dollars les pertes créées par le piratage, entre 2016 et 2022, dans le monde.

Ce manque à gagner affecte énormément les marchés occidentaux, mais encore plus les marchés africains dont les fondations ne sont pas encore solides. Pour réduire l’impact du piratage, les autorités des pays africains ont commencé en attaquant le modèle de piratage le plus commun sur le continent : les terminaux IPTV frauduleux. Il s’agit de faux décodeurs utilisant, en théorie, internet pour décrypter des chaines. En réalité, ces appareils, commercialisés par les pirates, volent le signal des diffuseurs officiels, en toute illégalité. Récemment, des dizaines de revendeurs de boîtiers dits « IPTV » (Télévision par Internet) illicites ont été interpelés par les autorités en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Sénégal. Plusieurs d’entre eux ont été déférés devant les Parquets en attente d’être présentés à des magistrats. On dénombre 24 interpellations à Abidjan, 11 à Dakar donnant lieu à autant de gardes-à-vue et déferrements, et 3 à Conakry. Les pirates arrêtés risquent de lourdes amendes et peines de prison.

En plus de faire perdre de l’argent aux diffuseurs officiels, ces pirates empêchent les artistes ayant collaboré à la création des programmes piratés de bénéficier du fruit de leur travail. Les pratiques illicites constituent une violation de la propriété intellectuelle et une concurrence déloyale pour les opérateurs qui payent les charges et investissent dans la production audiovisuelle. Elles sont vendues à bas coût car les responsables ne payent aucune charge (droit d’auteur, droit de diffusion, taxes, redevances etc.).

Au-delà de l’impact économique, le piratage par terminaux IPTV illégaux crée un réel danger pour le jeune public. Il faut savoir que ces appareils ne prennent aucune mesure similaire au contrôle parental ou au cryptage. Les enfants peuvent alors facilement se retrouver exposés à des chaînes de télévision pour adultes ou à des contenus violents. En plus, les offres pirates de télévision peuvent être affiliées à des organisations criminelles internationales. C’est pour cette raison que de plus en plus d’organisations essaient de collaborer pour lutter contre les pirates. Entre 2020 et 2021, les autorités européennes ont mené plusieurs opérations visant des réseaux criminels IPTV, notamment en Italie ou en Suisse. Un réseau a été récemment démantelé au Portugal conduisant à l’arrestation de neuf personnes. Heureusement, de nombreux pays africains commencent à emboiter le pas aux instances européennes en coordonnant leurs efforts dans cette lutte.

Servan Ahougnon


Servan AHOUGNON
 
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