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Les fintechs à l’assaut de la finance islamique

Les fintechs à l’assaut de la finance islamique
  • Date de création: 05 mars 2020 07:57

(MICROSAVE CONSULTING) - Depuis plus de deux décennies, l’industrie dela finance islamiquequi fonctionne selon laloi islamique (charia)a connu une croissance exponentielle en termes d’actifs et de pénétration de marchés. Selon le Rapport de l’Islamic Financial Services Boardsur le développement de la finance islamique en 2019, les actifs de l’industrie conforme à la charia sont passés de 2,4 billions de dollars en 2017 à 2,5 billions de dollars en 2018, soit une hausse de 3 %.

Dans son rapport « Islamique Finance Outlook 2019 Edition », S&P Global Ratings a déclaré qu’à moyen terme, le secteur des fintechs pourrait entraîner certaines disruptions sur le marché de la finance islamique.

Mais c’est quoi une fintech islamique ?

La fintech « conventionnelle » et la fintech islamique partagent une définition similaire. Le principal point de divergence réside dans le fait que les directives de la charia doivent être respectées par la fintech islamique. L’adoption de la finance islamique par le biais des fintechs a une grande chance de toucher les masses, en particulier la population rurale qui a moins accès aux produits et services financiers. Le marché des fintechs islamiques en est encore à ses prémices mais recèle de nombreuses opportunités de croissance.

L’Indonésie, suivie par les États-Unis, les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni,présente le plus grand nombre de startups fintechs islamiques. Les pays d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne sont à la traîne en raisonde la qualité de leurs infrastructures, du manque de capitaux, de l’adoption limitée du digital – à quelques exceptions près – et de la faiblesse des régulateurs. Le coût élevé de l’internet, le manque de cadre réglementaire favorisant l’innovation tel que lessandbox, « bac à sable règlementaire »,et le niveau d’éducation digitale requis pour permettre aux personnes de tirer parti des bénéfices de l’internet en sont les principales contraintes. Cependant,selon Moody’s,en Afrique les actifs bancaires islamiques devraient augmenter de 10 % au cours des cinq prochaines années dans le total des actifs bancaires.

Avec plus de 90 fintechs islamiques dans le mondeoffrant des solutions de services financiers et adoptant une approche inclusive au service des clients, plus de la moitié se concentrent sur la fourniture de solutions technologiques de pair à pair (P2P) pour faciliter le financement des consommateurs et des entreprises, tout en ouvrant simultanément l’accès au marché aux particuliers et aux investisseurs institutionnels.

Les services de transferts et de paiements via la technologie blockchain et la gestion des finances personnelles, dont les solutions d’open Banking, apparaissent être les secteurs à plus forte concentration et croissance. Ils sont proposés par les fintechs basées sur la blockchain et les contrats intelligents (Smart Contracts), qui fournissent des outils et des mécanismes potentiellement puissants pour répondre aux besoins de partage des risques, établir la confiance et faire en sorte que le partage soit fondé sur l’équité et la transparence,valeurs principales de la finance islamique. Par conséquent, les applications fintechs et blockchain ne sont pas seulement des canaux de fusion de la technologie avec la finance islamique, elles établissent également les bases de la nouvelle économie digitale islamique qui doit être construite et entretenue comme une solution solide pour la croissance, la création d’emplois et la résolution des problèmes auxquels les pays islamiques sont confrontés.

La proliférationdes fintechsdans tous les secteurs financiers n’est pas passée inaperçue aux yeux des dirigeants de l’industrie de la finance islamique. En effet, au sein des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) où la finance islamique joue un rôle important, la fintech a favorisé une transformation dynamique de l’offre financière des marchés régionaux. Des pays comme leBahreïnet lesÉmirats arabes unisont créé des incubateurs et des accélérateurs pour aider à mettre sur pied et à faire fonctionner des entreprises technologiques innovantes. L’émergence de plusieurs banques islamiques digitales est également en train de réorganiser le secteur en étendant la portée de la finance islamique au-delà du CCG, y compris en Europe et enAfrique.

En Afrique particulièrement, plusieurs initiatives continuent à voir le jour, à l’image duSommet Africain de la Fintech islamique (SAIFI)qui vise à favoriser le transfert et l’échange d’informations et d’expériences sur les dernières avancées technologiques, afin d’accélérer l’inclusion financière.

Quelques exemples de fintechs islamiques :

EthisCrowdest une plateforme de crowdfunding islamique investissant dans des activités entrepreneuriales, commerciales et immobilières dans l’Asie émergente. Basée à Singapour, et présente en Indonésie, en Malaisie et en Australie, la société finance la construction de logements abordables et commerciaux, principalement en Indonésie, par le biais d’investisseurs privés et institutionnels, ainsi que de banques islamiques.

PayZakatest la plus récente plateforme fintech islamique qui utilise des chatbots basés sur l’intelligence artificielle (IA) et des outils digitaux entièrement nouveaux pour aider les utilisateurs à effectuer des paiements de Zakat (un impôt sur la fortune obligatoire), Sadaqah (un paiement d’aumône non obligatoire) et autres paiements de charité. L’utilisateur peut sélectionner un pays et une organisation caritative spécifique dans ce pays pour l’aider.

Défis des fintechs islamiques :

Bien que l’écosystème de la fintech islamique ait considérablement évolué, il y a eu une nette concentration dans lafinance de pair à pair (P2P), pour répondre au besoin critique de rendre le financement conforme à la charia plus accessible aux entreprises et aux consommateurs.L’accès au capital est considéré comme le principal obstacle à la croissance des fintechs islamiques. La disponibilité de talents, l’éducation des clients, la réglementation et l’expansion à d’autres juridictions mondiales sont d’autres obstacles importants. Ces obstacles sont en parfaite adéquation, à quelques degrés près, avec les résultats de nos travaux de recherches en Inde pourla mise en place d’un lab d’innovation pour les fintechset en Afrique francophone sur le paysage des fintechs inclusives. Ils s’accordent également avec lesenseignements tirés de nos activités avec le laboratoire d’incubation de l’opérateur de téléphonie mobile Expresso au Sénégal.

Il est important de noter que la certification charia est souvent nécessaire afin que les clients sensibles à la légalité des services offerts soient formellement rassurés sur le respect de la charia. Cette authentification consiste à avoir l’approbation d’éminents spécialistes de la charia, qui examinent et certifient la compatibilité de la fintech en termes de processus opérationnels, de documentation, d’activité commerciale et de gestion des relations.

Nécessité de partenariats :

Selon le dernier rapport sur les fintechs islamiques, les secteurs de croissance pour les startups de la fintech islamique en 2020 incluent la technologie P2P et le crowdfunding, la banque digitale ou Néo-banque, la blockchain et cryptomonnaie, le Robo-Advisory, la gestion des finances personnelles et le crédit.

Quels que soient les secteurs et les régions, les partenariats pour la croissance sont une stratégie importante pour les fintechs islamiques. À cet égard, la plus grande force d’attraction pour les fintechs islamiques a été avec leurs pairs conventionnels.

Le casd’Al Barakaen Turquie, qui a créé un accélérateur, est un exemple important dont on peut s’inspirer – les banques qui travaillent avec les fintechs pour accélérer l’innovation sont en bien meilleure position pour améliorer leur offre de services et atteindre la masse. En Afrique,Tamweel Africa Holdings’est lancé dans cette perspective avecson concours « Tamweel Innovation Challenge », ayant pour but de promouvoir le partenariat banque/fintech et encourager l’innovation.

Bien qu’encore à ses prémices, le marché des fintechs islamiques présente de nombreuses opportunités à saisir. Basées sur les principes de la charia, loin des questions de taux d’intérêt, d’usure et de spéculation, les fintechs islamiques offrent des opportunités intéressantes pour offrir une meilleure stabilité financière et le bien-être social des populations, malgré de nombreux obstacles liés à la réglementation, la connaissance et l’adoption. Dans notre prochain blog nous mettrons en avant l’ensemble des problématiques que la finance islamique peut résoudre pour une meilleure inclusion financière, économique et sociale.

microsave

Bocar Anne


 
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