Avis partagés en Egypte sur l’avenir des taux d'intérêt après la suppression des subventions à l'énergie

Avis partagés en Egypte sur l’avenir des taux d'intérêt après la suppression des subventions à l'énergie

(Agence Ecofin) - Un responsable de la filiale en Egypte du groupe bancaire français BNP Paribas, a estimé, que les hausses des taux d'intérêt sur les emprunt du gouvernement, qui sont intervenues après l'entrée en vigueur de la suppression des subventions à l'énergie (hydrocarbures notamment) et les hausses de prix qui ont suivi,  ne seront que de courte durée. « La décision d'El Sissi de suspendre les subvention aura  pour effet, de réduire sur le moyen terme, les besoins d'emprunts du gouvernement, de l'ordre de 1%. On assistera à une inflation des taux durant un mois, mais les rendements devraient se stabiliser par la suite et revenir à leurs plus bas niveau », a expliqué Nour Mohei-el-Din, responsable de la gestion de trésorerie chez BNP Paribas Egypt, cité par Bloomberg.

La suppression des subventions devrait alléger le budget public d'au moins 30% des dépenses du gouvernement. Une mesure saluée par les Emirats Arabe Unis (principal bailleurs de fonds de l'Egypte depuis le retour au calme), mais aussi par le FMI qui, dans une étude parue ce jeudi 10 juillet, estime que le succès de cette mesure ne sera complet que si les mesures d'accompagnement sont bien mises en oeuvre.

Un bémol qui est partagé par certains autres économistes. De leurs points de vue, on ne peut, de suite, faire des projections sur les répercussions de la suppression des subventions à l'énergie en Egypte. Tout devrait, selon eux, dépendre de la capacité d’absorption et de répartition des charges entre les ménages et l'appareil productif, de sorte que les pressions inflationnistes soient contenues.

Un avis qui marque des points au regard des faits. Déjà la suppression des subvention n'a pas donné au gouvernement des liquidités immédiates. Celui-ci envisage encore ce trimestre, de lever, par bons du trésors, un montant record de 220 milliards de LE (31 milliards $). Si la banque centrale égyptienne doit faire face à cette demande et une envolée des demandes de crédit à la consommation, elle sera obligé de remonter ses taux directeurs, rendant les taux commerciaux plus élevés.

La sortie du mois de ramadan et la reprise normale des activités pour une bonne partie des Egyptiens permettra de bien jauger l'impact sur les taux de crédit de la suppression des subventions de carburant en Egypte

Idriss Linge

App Agence Ecofin
Téléchargez l'application de l'Agence Ecofin gratuitement

iPhone App  App Android

ARTICLES FINANCE LES PLUS LUS