Yaoundé-Genève | 8 February 2016
le-leader-mondial-du-negoce-petrolier-prevoit-un-prix-moyen-de-50-baril-durant-la-prochaine-decennie

Le leader mondial du négoce pétrolier prévoit un prix moyen de 50 $/baril durant la prochaine décennie   

Le groupe Vitol, leader mondial du négoce pétrolier, prévoit que les prix de l’or noir demeureront bas au cours des dix prochaines années en raison...

ARTICLES FINANCE LES PLUS LUS

Avis d'expert

Array ( [0] => stdClass Object ( [key1] => 83 [id] => 83 [created_by] => 170 [created] => 2016-01-08 21:07:52 [modified] => 2016-01-08 21:09:17 [title] => CEMAC : s’adapter à un double choc et à une nouvelle réalité mondiale [permalink] => cemac-s-adapter-a-un-double-choc-et-a-une-nouvelle-realite-mondiale [content] => [intro] =>

La CEMAC est l’un des groupements régionaux les plus importants d’Afrique. Vos pays constituent pour ainsi dire le «cœur de l’Afrique». Le devenir du continent est intimement lié à celui de votre région.

Durant ces dernières années, à l’instar du reste de l’Afrique subsaharienne, la région a enregistré une croissance robuste dans un contexte de stabilité macroéconomique. La marée montante des cours du pétrole a dopé l’activité et propulsé l’investissement dans les infrastructures, dont les pays avaient tant besoin. Aujourd’hui cette marée se retire, sans doute pour longtemps.

Par ailleurs, les perturbations de nature sécuritaire pèsent lourdement, bien entendu sur l’activité économique et les ressources budgétaires, mais aussi sur le vécu quotidien. Pour avoir été à Paris durant les attentats de novembre, je ne connais que trop les souffrances que le terrorisme peut infliger.

À l’évidence, l’effondrement des prix du pétrole s’impose à la CEMAC comme une nouvelle réalité. Notre table ronde sur le thème «Faibles cours du pétrole et financement des infrastructures» arrive donc à point nommé. D’abord elle nous permet de dresser un bilan des progrès en matière de financement des infrastructures depuis la conférence de mars 2014, et ensuite, elle nous donne l’occasion de définir les moyens d’entretenir l’investissement dans l’infrastructure dans une conjoncture de repli des cours du brut et de resserrement des financements. Dans certains cas, il faudra sans doute ajuster à court terme les ambitieux plans d’investissement afin de préserver la viabilité des finances publiques et de la dette à moyen terme.

S’adapter à cette nouvelle réalité signifie en outre faire appel à de nouvelles sources de croissance à l’intérieur de la CEMAC. Comme le dit le proverbe, «l’union fait la force». Plus que jamais, un ambitieux programme de réformes centré sur la diversification et l’intégration régionale s’impose pour rétablir une forte croissance et la rendre inclusive.

Dans ce contexte, je centrerai mes propos sur trois points :

• Premièrement, un bref aperçu des perspectives de l’économie mondiale.

• Deuxièmement, un gros plan sur les perspectives de la CEMAC.

• Et troisièmement, les grandes priorités pour assurer une croissance plus forte et inclusive dans la CEMAC.

 

1. L’économie mondiale — une croissance modeste et inégale

Commençons par un rapide bilan de santé de l’économie mondiale.

En 2015, l’économie mondiale a connu une croissance modeste et inégale, estimée à quelque 3,1 %. Cette fragilité devrait perdurer en 2016 du fait de trois grandes transitions.

La première transition est la divergence accentuée en matière de politique monétaire dans les pays avancés les plus importants. Le mois dernier, la Réserve Fédérale a fait un premier pas en haussant les taux d’intérêt pour la première fois en neuf ans. Pour le moment, le décollage s’est passé en douceur. L’information a été claire et les marchés financiers ont intégré ce décollage dans leurs cours.

La question importante pour l’avenir est celle du rythme de la normalisation. Il sera certainement progressif, comme la Réserve Fédérale l’a dit, et devrait être basé sur des indications claires en matière de pressions sur les salaires ou les prix. En même temps, les vulnérabilités dans de nombreux pays en voie de développement croissent et leur évolution est réévaluée. Donc les “surprises” – y compris en ce qui concerne les politiques dans les économies avancées – qui en temps normal n’auraient pas d’effet significatif, pourraient conduire à des excès de volatilité, spécialement dans les pays émergents et en voie de développement.

La Chine — le principal partenaire commercial de l’Afrique subsaharienne — est le théâtre de la deuxième transition. Ce pays a entrepris un rééquilibrage historique de son modèle de croissance et son activité revient à des niveaux viables. Cela dit, ce rééquilibrage s’accompagne de soubresauts qui se font sentir dans le monde entier et nécessitent davantage de clarté sur les politiques suivies, notamment en matière de change. Cette transition, dont j’ai déjà souligné à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’elle ne serait pas de tout repos, se traduit en outre par une moindre demande de matières premières.

Le renversement du «super cycle» des matières premières constitue la troisième transition. Sans doute celle qui concerne le plus vos pays.

Les cours du pétrole ont chuté de 70 % depuis juin 2014, dégringolant d’un sommet de 120 dollars le baril à moins de 32 dollars aujourd’hui. Naturellement les effets de cette chute se font sentir dans cette partie de l’Afrique : l’activité est ralentie et les tensions budgétaires s’accentuent.

Le défi est d’autant plus redoutable que, à la différence des cycles précédents, les prix du pétrole devraient cette fois-ci rester durablement bas. En effet, les marchés à terme ne laissent entrevoir qu’un léger redressement des cours à environ 60 dollars le baril d’ici 2019. Comment expliquer cela?

Côté offre, plusieurs facteurs contribuent à une surabondance mondiale. Citons l’avènement du pétrole de schiste, l’évolution du comportement stratégique de l’OPEP et l’augmentation projetée des exportations iraniennes.

Côté demande, des forces tout aussi importantes sont à l’œuvre. Le repli séculaire de la consommation de pétrole aux États-Unis et la faiblesse générale de l’activité économique, notamment dans les pays émergents, tirent les prix du pétrole vers le bas.

 

2. Gros plan sur la CEMAC — S’adapter à un double choc et à une nouvelle réalité mondiale

Ceci m’amène à mon deuxième point. Que signifie cette situation pour la CEMAC et pour ses perspectives d’avenir?

Le pétrole représente aujourd’hui environ 70 % des exportations de la CEMAC et plus d’un tiers de ses recettes budgétaires. Il va de soi que la chute des cours constitue un énorme défi. Il y a cependant de bonnes nouvelles, en ce sens que plusieurs pays membres de la CEMAC ont mis à profit les recettes exceptionnelles tirées du pétrole pour lever des contraintes qui bridaient l’économie de longue date.

Par exemple, le Gabon a utilisé une grosse partie de ses recettes exceptionnelles pour réduire sa dette de 50 % en 2008 et reconstituer ses réserves, de 10 millions de dollars en 2001 à 1,3 milliard de dollars en 2014. Au Tchad, l’augmentation des dépenses d’éducation a abouti à un net redressement du taux de scolarisation primaire, de 68 % en 2000 à une scolarisation pratiquement complète en 2012. Enfin, la République du Congo a lancé un ambitieux Plan national de développement pour corriger les gros déficits sociaux et infrastructurels.

Ce sont là d’importantes initiatives, mais les perspectives d’une faiblesse persistante des cours du pétrole signifient que les financements disponibles seront nettement plus restreints à l’avenir.

Il est un autre choc qui provient de Boko Haram. Les attaques dans l’Extrême Nord du Cameroun et dans certaines parties du Tchad ont perturbé l’activité économique et exigé une augmentation des dépenses militaires. Ces opérations ont un effet d’éviction sur les crédits dans des domaines cruciaux tels que l’éducation et la santé.

Ces deux chocs pèsent très lourdement sur l’activité. Selon les estimations, la croissance dans la CEMAC serait descendue à quelque 2 % en 2015, encore que la situation varie considérablement d’un pays à l’autre. Par exemple, la Guinée équatoriale a accusé une forte contraction, tandis que le Cameroun a affiché une croissance.

Par ailleurs, la mise en œuvre continue de grands programmes d’infrastructures a mis en évidence des tensions budgétaires. Selon les estimations, le déficit budgétaire combiné de la CEMAC se serait creusé à 6.5 % du PIB régional en 2015, et seule une modeste amélioration est prévue pour cette année.

L’activité au sein de la CEMAC devrait rebondir à environ 3,5 % cette année, mais cette projection est tributaire de la mise en œuvre de politiques saines, propres à préserver la stabilité macroéconomique et à lever les obstacles à la croissance. Comment y parvenir?

Un proverbe tchadien me vient à l’esprit : «Si tu empruntes toujours le même chemin, il te mènera là où tu es déjà allé». Face à cette nouvelle réalité, la CEMAC doit tracer un nouveau chemin pour sa prospérité.

 

3. Vers une croissance forte et inclusive — dépenser mieux, percevoir davantage et mobiliser la région dans votre propre intérêt

J’en arrive à mon troisième point : les politiques nécessaires pour assurer une croissance forte et inclusive au sein de la CEMAC.

Les prix du pétrole devant rester durablement bas et les réserves pétrolières s’épuisant, la stabilité macroéconomique devra passer par des politiques budgétaires judicieuses et des réformes structurelles résolues propres à renforcer le climat des affaires et l’intégration régionale. La région va devoir s’ouvrir sur ses voisins et mette à profit leurs marchés pour repartir de nouveau.

Il y a, à mon sens, trois priorités : dépenser mieux, percevoir davantage et mobiliser la région dans votre propre intérêt. Examinons-les à tour de rôle.

Première priorité — dépenser mieux. Un ensemble approprié de projets d’infrastructure complémentaires est à l’évidence une condition préalable à toute croissance durable et inclusive.

Cependant, dans un environnement de tensions budgétaires croissantes, il importe d’accorder une attention accrue aux priorités. Cela peut exiger que l’on réduise l’ampleur de certains plans. La sélectivité dans le développement des infrastructures — basé sur leur bien-fondé économique et leur rentabilité — peut aider à orienter ce travail.

Il est tout aussi important de suivre une démarche plus judicieuse en matière de financement extérieur. Pour plusieurs pays membres, les possibilités de soutien extérieur durable à des conditions non concessionnelles se réduisent en raison de l’accumulation d’une dette commerciale. Il faudrait faire appel à des sources de financement concessionnelles pour préserver la viabilité de la dette à moyen terme.

Passons à la deuxième priorité — percevoir davantage. Pour atténuer les tensions budgétaires il faut également mieux mobiliser les ressources intérieures. Comme le dit le proverbe centrafricain, «Un grand fleuve se nourrit de ses affluents». Il faut donc agir résolument pour élargir l’assiette des recettes non pétrolières.

Il y a de bonnes nouvelles en la matière car les recettes non pétrolières au sein de la CEMAC se sont améliorées l’an dernier pour atteindre 15 % du PIB régional. Cela dit, il est encore possible d’aller au-delà du niveau indicatif régional de 17 %.

Comment y arriver? En réduisant l’utilisation généralisée des exonérations fiscales et douanières discrétionnaires dans la région. Ces exonérations compromettent les recettes globales des États et affaiblissent la gouvernance.

Les pays membres de la CEMAC gagneraient en outre à améliorer la coordination et la coopération intergouvernementales en matière de politique fiscale. Au cours des dernières années, la Commission a publié un certain nombre de directives dans le domaine fiscal, mais rares sont celles qui ont été transposées dans les législations nationales et appliquées. Il est donc possible de faire plus pour renforcer la crédibilité et l’engagement.

La mobilisation de recettes intérieures doit également tenir compte des importantes questions de fiscalité internationale qui ont une incidence sur l’assiette des impôts liés aux industries extractives. Cela comprend les transferts offshore indirects de droits sur les actifs situés dans les pays en développement. Ces considérations peuvent être particulièrement pertinentes dans les pays riches en ressources naturelles, comme certains pays de la CEMAC, afin d’éviter l’érosion de la base d’imposition et les transferts de bénéfices.

De manière plus générale, la mobilisation de recettes pour financer les investissements nécessaires à la réalisation des nouveaux objectifs de développement durables (ODD), pour chaque pays membres du FMI, est pour nous une priorité absolue. Nous travaillons déjà avec plusieurs pays de la CEMAC en ce sens à travers l’assistance technique et la formation.

Par exemple, notre assistance technique au Tchad et en République du Congo se concentre sur le renforcement de l’administration des recettes douanières comme moyen d’élargir l’assiette des recettes non pétrolières. Nous sommes donc prêts à apporter notre concours sur divers aspects de la mobilisation des recettes intérieures.

Qu’en est-il de la troisième priorité — mobiliser la région dans votre propre intérêt? Le commerce intracommunautaire représente moins de 5 % des échanges commerciaux de la CEMAC. Il est possible de faire plus et un travail concerté permettra de produire des synergies évidentes.

En mettant à profit les nouveaux projets d’infrastructure, tels que le port en eaux profondes et les barrages hydroélectriques au Cameroun, la CEMAC pourrait étendre sa portée bien au-delà des frontières nationales de ses pays membres. Elle pourrait exploiter les vastes marchés de consommateurs du Nigéria et de l’Afrique de l’Est et, partant, impulser l’essor du secteur privé et la diversification économique.

Pour cela il faudra agir sur deux fronts : le climat des affaires et l’intégration régionale.

Je commencerai par le climat des affaires. L’expérience mondiale démontre invariablement le rôle important d’un secteur privé dynamique dans la promotion de la croissance et de la diversification. Les indicateurs de compétitivité font apparaître que les pays de la CEMAC auraient beaucoup à gagner d’un rattrapage sur ce terrain.

Il ressort de nos propres analyses qu’en facilitant le paiement des impôts et le commerce intracommunautaire le climat des affaires serait considérablement amélioré. Chaque année, les entreprises doivent consacrer en moyenne 572 heures pour s’acquitter de leurs obligations fiscales dans la CEMAC, contre 304 heures dans d’autres pays africains. Les délais de dédouanement pour les exportations sont de 40 jours, et pour les importations de 50 jours. Des réformes dans ces domaines produiraient d’énormes résultats.

Pour améliorer au mieux sur le climat des affaires, il faut renforcer l’intégration régionale. Le dispositif de gouvernance actuel doit devenir plus efficace à travers la rationalisation du processus décisionnel. La CEMAC pourrait également tirer parti de règles budgétaires régionales cohérentes pour accroître les investissements. Le FMI se tient prêt à fournir son assistance technique dans ce domaine.

À l’évidence, pour approfondir l’intégration régionale, il faudra un effort collectif de la part de tous les pays membres. Le Cameroun, dont l’économie est la plus vaste, la plus diversifiée et la moins touchée de la CEMAC, occupe une place de choix pour maintenir et renforcer la dynamique de l’intégration.

J’en arrive à ma conclusion. Les pays de la CEMAC sont aux prises avec une nouvelle réalité. Face au repli durable des cours du pétrole ils doivent adapter leur politique pour préserver la stabilité macroéconomique et créer de nouvelles sources de croissance. Encore une fois, le FMI peut apporter son concours sous la forme de conseils de politique économique, de renforcements des capacités et de soutiens financiers, le cas échéant.

Je citerai un proverbe équato-guinéen en guise de conclusion : «Si tu rêves de déplacer des montagnes demain, commence ramasser des cailloux aujourd’hui».

Votre diversité est un atout et votre unité, un gage de réussite. En conjuguant vos efforts aujourd’hui, vous pourrez, demain, mettre à profit les dividendes de l’intégration et réaliser la promesse d’une plus grande prospérité pour tous les peuples de la région.

Merci de votre attention

[excerpt] => [category_id] => 2 [published] => 1 [publish_up] => 2016-01-08 21:07:52 [publish_down] => 0000-00-00 00:00:00 [ordering] => 0 [vote] => 0 [hits] => 8239 [access] => 0 [allowcomment] => 1 [subscription] => 0 [frontpage] => 1 [isnew] => 0 [ispending] => 0 [issitewide] => 1 [blogpassword] => [latitude] => [longitude] => [address] => [system] => 0 [posttype] => [robots] => [copyrights] => [image] => [language] => [send_notification_emails] => 1 [doctype] => legacy [document] => [source_id] => 0 [source_type] => easyblog.sitewide [state] => 0 [locked] => 0 [ip] => 78.112.240.109 [revision_id] => 94 [featured] => 0 ) [1] => stdClass Object ( [key1] => 82 [id] => 82 [created_by] => 97 [created] => 2015-11-16 14:15:46 [modified] => 2015-11-16 14:17:20 [title] => L’avenir économique de la Tunisie est en Afrique [permalink] => l-avenir-economique-de-la-tunisie-est-en-afrique [content] => [intro] =>

À la croisée des chemins au plan politique, la Tunisie doit également changer de stratégie au plan économique et se tourner davantage vers l’Afrique. Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), nous livre son regard.

 

Suite aux attentats des derniers mois, la Banque centrale de Tunisie a revu ses estimations de croissance pour le pays ; elle serait limitée à 1 % en 2015. Ce ralentisse­ment provient d’une part de la conjoncture sécuritaire, mais de manière plus structurelle de l’atonie de la demande extérieure adressée à la Tunisie, dont 64 % des échanges commerciaux se réalisent avec l’Union européenne (UE).

 

À partir des années 1980, la Tunisie a cherché à s’intégrer au marché et aux chaînes de valeur européens, afin d’attirer les industries textiles, mécaniques, automobiles, plasturgiques et aéronautiques. La stratégie était basée sur une croissance soutenue en Europe et la compétitivité basée sur sa proximité avec le Vieux Continent, un coût de la main-d’œuvre peu élevé, et une fiscalité incitative. Cette orientation vers l’Europe au détriment de l’Afrique pouvait être justifiée en cette période du fait que le continent africain ne constituait pas un marché à fort potentiel : une croissance faible (à peine supérieure à 2 %), et des problèmes récurrents dans le cadrage macroéconomique.

 

Aujourd’hui, ce positionnement joue doublement à l’encontre de la Tunisie, car le pays souffre non seulement du ralentissement économique de son principal partenaire écono­mique, mais reste globalement à l’écart du marché africain.

 

L’un des plus importants changements, dans l’organisation de la production et du commerce mondiaux qui a eu lieu, au cours des deux dernières décennies, est l’importance croissante des chaînes de valeurs globales, dans la gestion et la coordination de la production et des liens commerciaux entre les pays. Cela inclut une tendance à la fragmentation de la production et à davantage de commerce entre les pays. Les pays en développe­ment ont amorcé leur changement en matière de gouvernance de la production.

 

Un moyen de faire face à ces changements est de développer de manière coopérative des chaînes de valeur régionale, aussi bien au Nord que sur le reste du continent, qui permettront de créer de nouveaux avantages comparatifs dynamiques et d’accélérer la diversification stratégique et la sophistication des économies.

 

Aujourd’hui la croissance africaine est forte. Elle s’appuie sur la consommation privée et l’investissement est porté par un élargissement de la classe moyenne. D’ici à 2020, plus de 30 millions d’Africains vont rejoindre la classe moyenne et consacrer plus de la moitié de leurs revenus à des dépenses autres que le logement et la nourriture. Cette demande dynamique est un formidable levier pour la transformation structurelle des économies de la région, avec une demande croissante de produits manufacturés et services divers. On le voit, les leviers de la trans­formation structurelle de la Tunisie sont bien en Afrique.

 

S’ouvrir au commerce intra-africain

Malheureusement, la Tunisie n’est pas parmi les pays africains les plus intégrés au reste du continent. En termes de parts des exportations africaines par rapport au PIB, elle se classe au 29e rang sur le continent. En termes d’investissement, alors qu’elle s’est dotée d’un environnement réglementaire parmi les plus favorables en Afrique (4e en termes de démarrage et d’exploitation d’une entreprise locale), la Tunisie se classe au 28e rang sur le continent en matière d’attractivité des investissements étrangers. De ce fait, lorsqu’il s’agit de s’inscrire dans des chaînes de valeur régionales, la Tunisie se classe 21e en termes de part totale des exportations de biens intermédiaires intra-africains.

 

Une étude que la CEA vient de mener avec l’Onudi a évalué l’impact pour la Tunisie et l’Afrique du Nord de différents accords commerciaux stratégiques sur les produits exportés.

 

Ainsi, l’accord de libre-échange continental (CFTA) dont les négociations ont été lancées en juin 2015 au Caire, pour une entrée en vigueur en 2017, va essentiellement promouvoir les exportations tunisiennes de produits manufacturés. Ces produits représenteraient près de la moitié des exportations (48 %) qui devraient augmenter à 2,3 milliards $ (+6,8 %) d’ici à 2020. Ce chiffre serait doublé (4,4 milliards $) si des mesures de facilitation du commerce sont décrétées, améliorant de 25 % l’efficacité des opérations administratives liées au commerce. Avec ces réformes, la part des produits manufacturés dans les exportations de la Tunisie vers le continent augmenterait encore davantage et serait majoritaire.

 

Un accord de même nature avec les autres pays de la Ligue arabe favoriserait les exportations de produits miniers, alors qu’un approfondissement de l’accord d’association avec l’UE favoriserait plutôt les exportations de produits agricoles.

 

Ces résultats indiquent clairement que la Tunisie, comme les autres pays de la région, doit séquencer la mise en œuvre des accords commerciaux de manière stratégique en privilégiant ceux qui vont développer leur capacité à exporter des produits industriels manufacturés de plus en plus sophistiqués, créant des emplois modernes et urbains. Ceci passe également par des réformes de facilitation du commerce et de l’investissement dans les infrastructures matérielles et immatérielles, qui soient orien­tées prioritairement vers le commerce intra-africain.

 

Le tourisme reste un atout

À ce titre, la Tunisie ne tirera pleinement profit de l’accord de Bali de l’OMC (portant essentiellement sur la facilitation du commerce) que si les réformes préconisées servent d’abord à renforcer l’intégration régionale, au Maghreb et sur le reste du continent.

 

Enfin en matière de services, la Tunisie a sa carte à jouer au niveau continental.

 

Tout d’abord au niveau du tourisme. En matière d’entrées touristiques, le choc des attentats a été atténué par des entrées touristiques régionales, notamment en prove­nance de l’Algérie. Sur une période plus longue, on observe les mêmes tendances. Entre 2010 et 2015, les entrées d’Européens ont diminué de 45,2 % alors que sur la même période, les entrées d’Algériens ont progressé de 35,6 %. Ceci illustre parfaitement la nécessité pour la Tunisie de réorienter sa stratégie vers une clientèle continentale, dont le volume et le pouvoir d’achat connaissent une dynamique sans précédent. À titre de compa­raison, 72,5 % des entrées touristiques en Afrique du Sud, une des principales destinations africaines, proviennent du continent.

 

Le développement du tourisme se base avant tout sur un secteur du transport aérien performant et une stratégie de marketing et de présence sur les principaux marchés émergents. Tunisair, la compagnie aérienne tunisienne, ne couvre qu’une quinzaine de destinations en Afrique dont seulement cinq en Afrique subsaharienne. De son côté, Royal Air Maroc couvre plus d’une trentaine de destinations, dont 27 pays au-delà de l’Afrique du Nord.

 

La Tunisie dispose également d’atouts dans de nombreux secteurs et segments de services à forte valeur ajoutée, comme le tourisme médical, l’éducation supérieure, l’ingénierie et le conseil, qui lui permettraient de capter une part non négligeable de ces marchés en pleine expansion. Les exemples se multiplient, mais le message reste le même : l’avenir économique de la Tunisie est bel et bien en Afrique.

[excerpt] => [category_id] => 2 [published] => 1 [publish_up] => 2015-11-16 14:15:46 [publish_down] => 0000-00-00 00:00:00 [ordering] => 0 [vote] => 0 [hits] => 14926 [access] => 0 [allowcomment] => 1 [subscription] => 0 [frontpage] => 1 [isnew] => 0 [ispending] => 0 [issitewide] => 1 [blogpassword] => [latitude] => [longitude] => [address] => [system] => 0 [posttype] => [robots] => [copyrights] => [image] => [language] => [send_notification_emails] => 1 [doctype] => legacy [document] => [source_id] => 0 [source_type] => easyblog.sitewide [state] => 0 [locked] => 0 [ip] => 94.143.7.46 [revision_id] => 83 [featured] => 0 ) [2] => stdClass Object ( [key1] => 81 [id] => 81 [created_by] => 168 [created] => 2015-11-02 08:37:34 [modified] => 2015-11-02 08:39:34 [title] => Le Cameroun et son budget [permalink] => le-cameroun-et-son-budget [content] => [intro] =>

Le Gouvernement du Cameroun a présenté un projet de budget de 4249,8 Milliards FCFA pour 2016, soit une augmentation de 503,2 Milliards en valeur absolue et 11,5% en valeur relative par rapport à l’année précédente. Cette annonce a suscité des réactions négatives pour des raisons variées. Tout d’abord, l’augmentation paraît excessive quand on se réfère à une récente recommandation émise par le FMI appelant le Cameroun à des budgets plus réalistes. Sur le plan anatomique, certaines voix ont regretté l’absence des rubriques budgétaires spécifiques à la lutte contre Boko Haram.

Quoique ces préoccupations soient importantes en elles-mêmes et permettent de se faire une première opinion sur le budget, elles ne sont pas suffisamment dirimantes pour le disqualifier dans l’absolu. A mon sens, le problème essentiel n’est pas dans ce que le Gouvernement annonce qu’il va faire du budget 2016, mais dans ce qu’il a annoncé lors des budgets précédents et qu’il n’a pas fait. On ne dévoile aucun secret d’Etat en mentionnant les importants dysfonctionnements qui affecte le budget du Cameroun, le plus grave la « sous-consommation du budget d’investissement public » stigmatisé par le Chef de l’Etat lui-même.

Cette sous-consommation reste le point critique de notre gouvernance économique, car si le budget, principal outil de politique économique camerounais, présente des défaillances aussi graves, comment imaginer la moindre avancée ? Même le Plan d’urgence conçu pour rattraper les retards liés à une réalisation satisfaisante du budget ne peut pas servir de substitut dans la gestion d’un Etat.

Le problème de la sous-consommation est déjà latent en 2006, quand le Cameroun atteint le Point d’achèvement, mais il évolue de manière larvaire, avant d’exploser à partir de 2010 où il suscite des explications renvoyant presque tous à la gouvernance opérationnelle : procédures lourdes, immaturité des projets, mauvaise volonté des gestionnaires, défaillances de programmation, faibles capacités d’absorption des crédits, etc. Ces explications, qui présentent une apparence très logique, ont abouti à une foule de mesures parmi lesquelles la création d’un Ministère des Marchés Publics, des travaux importants sur l’amélioration de la chaîne des dépenses ou de maturation des projets, de vastes séminaires et de campagnes de sensibilisation.

Peine perdue ! La maladie n’a fait que s’aggraver, et la « sous-consommation » a atteint un niveau si élevé qu’elle sort peu à peu des préoccupations, comme si avait renoncé à la combattre. Le budget de 2015 a été voté par le Représentation Nationale, comme cela se fait depuis 1960 ; c’est une loi et un engagement. Mais peu de gens s’intéressent encore à son rythme d’évolution, comme si les Camerounais avaient pris collectivement acte qu’il n’y avait pratiquement rien à attendre de ce côté et qu’il fallait désormais accrocher ses espérances au Plan d’urgence qui n’a pas la légitimité de la Loi des Finances.

Evidemment qu’on ne peut reprocher la population camerounaise, quand on voit le misérable état de notre trésorerie : dès qu’on a payé les salaires et les efforts de guerre contre BOKO HARAM, les caisses sont vides. Malheur à vous si vous avez un ordre de mission ! Et le nouveau mode de financement que le Cameroun a inventé pour payer ses fournisseurs est revenu de plus belle : les arriérés !
Mais le peuple camerounais devrait plutôt rappeler au Gouvernement que le cadre normal de la gouvernance publique est le budget qu’il peut contrôler à travers le Parlement qu’il a élu, et refuser que d’autres cadres peu contrôlables s’y substituent. Quand ce budget a des problèmes, un débat doit être organisé, avec la possibilité de confronter les diverses thèses venant des divers segments de la réflexion économique, à savoir les Universités, les milieux professionnels et mêmes les milieux indépendants.

A cet effet, et malgré l’absence d’un tel débat, j’ai eu à donner ma position à maintes reprises, à savoir que la « sous-consommation des crédits d’investissement » n’a rien à voir avec la gouvernance opérationnelle, mais exprime des dysfonctionnements macroéconomiques plus profonds. D’ailleurs, quatre observations permettaient d’invalider les explications officielles :

 

L’ABSENCE D’UNE EPARGNE BUDGETAIRE

Au Cameroun, le circuit de la collecte des recettes est différent du circuit de la dépense et le fait que les dépenses n’aient pas été réalisées n’empêche pas la collecte des recettes prévues. Si les routes et les écoles prévues n’ont pas été réalisées et qu’au même moment, les recettes ont été collectées comme l’affirment péremptoirement les administrations de Douane et des Impôts, et comme le témoignent les diverses lois de règlement, où est donc parti l’argent collecté pour les réaliser ? Dans les conditions normales, on aurait dû se retrouver avec une épargne budgétaire et des reports à nouveau dont le montant cumulé devrait être de l’ordre de 2.000 Milliards. Où est donc cet argent ?

 

L’ABSENCE DE COUPABLES

Alors que le problème s’aggrave malgré l’empilement de dispendieuses mesures de redressement, personne n’arrive à identifier le moindre responsable, ni la source exacte, de manière à y cibler les solutions. Tout se passe en accusations vagues et en concepts aériens tels que la mauvaise gouvernance, sans qu’on puisse pointer un doigt accusateur sur telle structure ou tel individu. Bien au contraire, c’est chaque structure qui se défend bec et ongles : le MINMAP dit clairement que ce n’est pas lui, mais les autres ; le MINEFI dit la même chose, et les autres font de même : pour le MINEPAT, le Premier Ministère, la Présidence de la République, les autres ministères sectoriels, tout le monde est coupable, sauf moi ! Et toutes ces plaidoiries sont étayées par des faits : quand l’une de ces institutions présente ses puissants arguments de défense, on est bien obligé de convenir que chacune a raison.
Que fait-on quand on n’arrive pas à identifier le responsable dans un groupe ? On essaie aussi de voir si le problème est extérieur.

 

LA CONTRADICTION SUR LES CAPACITES OPERATIONNELLES

Le Cameroun a exactement 54 ans. De 1960 à 1987, alors qu’il sortait d’une guerre éprouvante d’indépendance, que le niveau intellectuel était très faible, le pays a pu réaliser pratiquement toute son infrastructure productive actuelle : les grands stades Omnisport, les immeubles ministériels, le Transcamerounais, les grandes routes transrégionales bitumées, les Ecoles de Formation, et plus de 200 puissantes entreprises d’Etat. A contrario, au cours des 27 années suivantes, soit de 1988 à 2014, les quelques maigres réalisations se sont limitées au domaine social, le moindre investissement productif réclamant des efforts surhumains. Est-ce à dire que les premiers Camerounais étaient plus compétents pour faire des projets matures et alléger des procédures que les Camerounais actuels ? Peut-on décemment soutenir que les Camerounais actuels soient incapables de réaliser ce que faisaient les générations précédentes, alors que le capital humain est beaucoup plus important et dispose de plus d’instruments d’aide à la décision ?
La nature grotesque d’un tel point de vue conduit à déduire qu’une force supérieure non identifiée neutralise tous les efforts des Camerounais actuels, malgré leurs capacités plus importantes.

 

LA MODICITE DU BUDGET DU CAMEROUN

Le budget du Cameroun est petit, puisqu’il ne représente qu’un prélèvement de 25% du PIB, ce qui est bien loin des 50% des dépenses publiques des pays d’Europe, et mêmes d’autres pays d’Afrique. On ne voit pas très bien comment un tel budget peut dépasser les Camerounais, au point où améliorer de quelques points le taux de consommation de l’investissement est devenu un défi !

Pour ma part, cette situation exprime une très mauvaise architecture de notre système productif, et c’est dans la Macroéconomie qu’il faut en chercher les causes.

 

QUEL EST LE PROBLEME EXACT ?

En fait, ce que nous appelons «sousconsommation des crédits» est une conséquence directe du déficit commercial du Cameroun qui, depuis 2011, atteint 50% des recettes d’exportation. Le déficit commercial est la différence entre ce que nous avons vendu à l’extérieur et ce que nous avons acheté. (Notons cependant que pour être précis, je devrais parler de balance courante).

Pour bien comprendre le lien entre le budget et le déficit commercial, imaginons que le Cameroun fonctionne avec une monnaie inconvertible. C’est le cas pour un grand nombre de pays dans le monde, même en Afrique où la Zone Franc est plutôt un cas particulier.

Dans ce cas de figure, on voit bien que le Cameroun achète les biens à l’extérieur avec ses devises dont le stock lui apparaît clairement comme son « revenu extérieur », autrement dit, sa capacité réelle à importer les biens des autres. Et on comprend que si nous dilapidons ces devises en importations de bibelots que nous pouvons produire sur place, en champagne et en VX, il n’y a plus rien pour acheter les bulldozers ou les turbines qui relèvent de l’investissement productif.

Le lien entre les achats improductifs qui détruisent nos devises et l’impossibilité de réaliser les projets apparaît alors de manière claire et indubitable. Nous voyons bien que notre incapacité à construire les routes et les écoles ne vient pas de la mauvaise gouvernance des uns et des autres, mais d’un mode de vie luxueux et fainéant qui aspire toutes les devises, ne laissant plus rien pour l’investissement productif.

On en déduit qu’un pays technologiquement dépendant, qui cumule un déficit commercial aussi abyssal que le Cameroun, n’est plus capable de réaliser son budget d’investissement. Le problème n’est pas dans le volume du budget, mais dans le fait que ses besoins en devises ne sont plus couverts, les devises requises pour acheter les bulldozers et les turbines ayant déjà été dilapidées dans la pacotille chinoise et la brocante européenne, mais aussi à travers le tourisme à la Côte d’Azur ou à Baden-Baden, les costumes griffés, le champagne et les VX.
Dans ces conditions, que ferait le peuple ? Il demanderait au Gouvernement d’arrêter sa folle politique et de soumettre les devises (c’est-à-dire, le revenu extérieur de la nation) à une gestion rigoureuse, de manière à les consacrer à l’utile, à savoir les machines productives et quelques biens technologiquement trop évolués pour nos capacités techniques, tout en créant sur le territoire un système productif capable de satisfaire les besoins en biens de technologie accessible.

Le peuple serait d’autant plus fondé à le faire que c’est lui qui travaille ces devises, à travers le cacao, le café, le coton, mais aussi comme main-d’œuvre corvéable à merci dans les agro-industries pendant que l’élite politique s’en empiffre dans des bureaux cossus, au seul motif qu’ils grattent sur la paperasse.

Il faut donc dire que, quoique cela n’apparaisse pas spontanément, le Cameroun est dans le cas de figure d’un pays qui dilapide ses devises pour des achats inutiles. La seule nuance étant qu’avec le CFA, l’irrationalité de notre politique économique n’est pas aussi visible qu’avec une monnaie nationale non convertible. Le CFA nous permet en effet de consommer un peu plus en utilisant la crédibilité de la Zone, mais évidemment, il ne révoque pas le principe fondamental suivant lequel un pays n’achète à l’extérieur qu’à concurrence de ce qu’il a vendu, car dans ce monde dur et méchant, il n’y a pas de place pour les parasites et mendiants.

Evidemment, le CFA ne fournit aucun moyen de contourner cette terrible loi anthropologique. Supposons que le Cameroun tente malgré tout de forcer l’investissement : comme celui-ci est très dispendieux en devises, cette opération entraîne immédiatement la destruction des réserves, imposant alors deux alternatives :
-soit recourir à l’endettement extérieur pour suppléer à l’épuisement de la réserve;
-soit obliger la France qui garantit le CFA à prendre sur elle ces nouvelles dépenses en devises dont elle n’a pas la contrepartie dans son Trésor. Mais la très rusée France métropolitaine avait créé en anticipation un mécanisme diabolique, à savoir, que les réverses conservées dans son Trésor sont la contrepartie exacte de la masse monétaire centrale qui circule dans la Zone, c’est-à-dire, les billets et les pièces ! Donc, si le Cameroun amorce un programme d’investissement dont l’impact est la destruction de ses réserves en devises logées au trésor français, il détruit par la même occasion la liquidité de son économie, entraînant la compression des activités et par suite, l’impossibilité de réaliser le budget prévu ! Il s’agit là d’un puissant mécanisme de régulation qui empêche les pays de la Zone à s’aventurer dans des dépenses extérieures situées au-delà de leurs devises et de leurs capacités d’endettement.

En définitive, avec son déficit commercial, le budget du Cameroun ne peut aboutir qu’à trois issues :

-soit il est effectivement collecté, mais l’investissement réel n’est réalisé qu’à concurrence des devises disponibles, le reste étant dilapidé dans des opérations périphériques sans grand contenu en devises : coupures de ruban symboliques, construction des clôtures, organisation des foires, des séminaires et autres ateliers de validation, etc.

-soit il est effectivement réalisé, mais au prix d’un endettement extérieur qui supplée à la défaillance en devises ;

-soit on tente de le réaliser sans s’endetter, mais on détruit la liquidité du système et on bloque toute l’activité, réduisant drastiquement les recettes budgétaires et arrêtant précisément les projets engagés.
Il est impossible de faire autrement : on dit que le Cameroun est dans un « état occlus ».

 

ILLUSIONS ET MAUVAISES COMPARAISONS

Face aux récents succès remportés par la Côte d’ivoire, perçu par un grand nombre comme un jumeau du Cameroun, certains pensent naïvement qu’une gouvernance à l’ivoirienne pourrait améliorer la situation. Il n’en est absolument rien, car tout se joue sur la marge de manœuvre extérieure, autrement dit, le volume de devises disponibles. De ce point de vue, la Côte d’Ivoire est dans une situation qualitativement différente de celle du Cameroun. Ses recettes d’exportation représentent deux fois et demie les nôtres. La diaspora ivoirienne est très active et ses transferts atteignent 10% des recettes extérieures, alors que ce taux est inférieur à 1% au Cameroun.
Le tourisme qui procure également des recettes extérieures est plus développé en Côte d’Ivoire, alors qu’au Cameroun, il est poussif et mal valorisé. Les Camerounais sont très peu hospitaliers et assimilent les étrangers à des voleurs qui viennent piller leurs prétendues richesses.

De cette situation découle un potentiel de création de devises de la Côte d’Ivoire trois fois plus élevé que le Cameroun et par suite, une capacité d’approvisionnement extérieur trois plus élevée.

Du côté de la dépense, le Cameroun traine également d’énormes tares. Tout d’abord, un mode de consommation exagérément extravertie, et il est de notoriété publique que le Cameroun, pays somme toute très moyen, est le plus gros importateur de liqueurs et spiritueux de toute l’Afrique ! Le parc automobile d’un Directeur camerounais est le plus fourni d’Afrique, y compris l’Afrique du Sud et les pays maghrébins ! Cette tendance compulsive à la consommation de prestige s’accompagne d’un mépris de la production locale. En Côte d’Ivoire, les fonctionnaires, les Ministres et même les Chefs d’Etat se présentent publiquement avec l’habillement national quand les nôtres sont branchés aux grands maîtres de Paris. Enfin, le tissu industriel d’Abidjan est nettement plus diversifié, ce qui réduit le poids sur les importations de biens à technologie élémentaire.

Ces facteurs offrent à la Côte d’Ivoire une marge de manœuvre considérablement supérieure au Cameroun.

On peut ajouter que la Côte d’Ivoire bénéficie aussi de la croissance de cicatrisation, due au fait que la guerre a comprimé ses capacités productives qui se détendent maintenant en temps de paix comme un ressort.

En réalité, comparer le Cameroun à la Côte d’Ivoire, c’est comparer un chef de famille qui gagne 100.000 FCFA et écume les bars, à un autre qui gagne 300.000 FCFA et passe sagement la soirée chez lui. Malgré d’importantes similarités, les deux pays ne sont pas comparables et la croissance ivoirienne va se poursuivre pendant longtemps encore, alors que le Cameroun est au bord de l’étranglement.

 

QUE FAUT-IL FAIRE ?

On ne peut pas résoudre le problème posé par le budget du Cameroun par des rafistolages et des replâtrages de la bureaucratie administrative, car le problème est hautement technique. Faute de solution, le budget 2016 va se traduire par une aggravation de la fameuse « sous-consommation des crédits d’investissement », par l’explosion de l’endettement et par plus de fiction et de romantisme dans sa gestion.

Pour sortir de cette situation, la mesure la plus urgente est le reformatage de ce budget pour l’équilibrer sur un double plan ; d’abord, sur le plan global, comme ce qui se fait aujourd’hui, mais aussi sur son contenu en devises :

-les devises contenues dans les recettes budgétaires se calculent aisément, à partir de la part des recettes d’exportation dans le PIB, soit 20%. Un budget de 4249,8 Milliards FCFA n’a donc qu’un contenu en devises de 850 Milliards ;

-les dépenses contenues dans les dépenses sont beaucoup plus importantes. Il y a d’abord l’investissement qui se réalise par les importations massives des outils de production, mais il y a aussi les autres. Les bureaux des responsables sont ainsi encombrés de mobilier venant de Chine, de climatiseurs, d’ordinateurs et même de simples enjoliveurs comme les fleurs, tous importés ! On ne s’attardera pas sur du champagne et des véhicules VX imputés sur le budget de l’Etat. Même les salaires que distribue l’Etat participent aussi de la saignée, car les agents publics l’utilisent pour s’acheter la vieille friperie, les médicaments, les téléviseurs, les téléphones, etc. Au regard des budgets passés, le contenu en devises du budget représente pratiquement 50% des dépenses, soit pratiquement 2100 Milliards sur les 3000 milliards que génère le Cameroun, soit 70% de toutes nos recettes d’exportation !

Autrement dit, le budget de l’Etat ne représente que 25% du PIB, mais il n’est réalisable que si on lui affecte jusqu’à 70% de la totalité des recettes extérieures ! Les ménages et les entreprises qui représentent 75% du PIB doivent alors se contenter du résidu de 30% !
Comment peut-on croire un seul instant qu’un tel système puisse être viable ? La première mesure consiste donc à réduire ce besoin excessif de devises. Attention ! Je ne parle pas de la réduction du train de vie de l’Etat, mais de la réduction des dépenses d’importation. Il s’agit de prendre immédiatement des mesures extrêmement dures contre la présence de tous les biens importés ayant des substituts locaux dans les bâtiments publics du Cameroun. En dehors des instruments très évolués qui seront encore importés, tous les autres biens doivent faire l’objet d’un marché captif, radicalement interdit à l’importation. Les mesures de promotion des matériaux locaux adoptées en 2011 doivent être immédiatement mises en place.
Sur le plan des marchés publics, les offres doivent être libellées en argent local et en devises, le moins-disant étant calculé sur la base des dépenses en devises.
L’Agence des Normes et les autres instances de régulation telles que la Douane et les Inspections Sanitaires doivent être requises, non plus pour harceler les maigrichonnes entreprises qui ont pris le risque de s’installer sur notre territoire, mais pour mener un combat nationaliste contre les vieux sous-vêtements qui inondent Mokolo, les huiles et les jus déversés au Cameroun et qui sont responsables de l’explosion des maladies bizarres comme le diabète, la goutte, le rhumatisme articulaire, l’hypertension artérielle et les accidents cardiovasculaires.
Evidemment, cela doit s’accompagner d’autres mesures telles que la réduction des achats de véhicules de gros calibres, quitte à donner des sommes moindres aux responsables pour qu’ils achètent les « congelés », la limitation des dépenses à l’étranger comme les missions ou l’évacuation sanitaire des responsables, etc.

Mais plus fondamentalement, la solution durable est un retour définitif à une véritable politique économique, c’est-à-dire, un schéma de développement fondé sur quatre piliers :

1. LE PLEIN-EMPLOI, tel que promu par les Nations-unis et validé dans notre Constitution, et qui se justifie par le statut de l’Etat. Celui-ci dispose en effet de tous les pouvoirs : c’est lui qui fait la loi, qui organise la politique économique et prélève les impôts qu’il utilise à sa convenance. Il n’est pas acceptable qu’il n’utilise pas ce pouvoir pour créer un système productif capable d’absorber la main-d’œuvre camerounaise.

2. L’EQUILIBRE EXTERIEUR, contrainte absolue de la gouvernance macroéconomique, car le commerce international est troc et le Cameroun ne peut importer que l’équivalent de ce qu’il a produit. Lorsqu’il dilapide ses maigres devises dans des biens que lui-même peut produire, en fait il exporte son emploi et n’a donc plus à se plaindre. On ne peut pas pleurnicher sur le chômage des jeunes quand, au lieu d’organiser ces jeunes pour fabriquer les couteaux, les balais ou les tapis, on préfère importer ces produits simples ! Le pays doit produire par lui-même tout ce qui relève de son niveau technologique, et consacrer ses maigres devises à l’achat des biens utiles ou au-dessus de nos capacités techniques.

3. LA STABILITE DES PRIX, qui donne un système économique apaisé.

4. LA MAXIMISATION DU POUVOIR D’ACHAT, qu’on pourrait appeler « croissance inclusive », et qui consiste à mettre en place un système productif d’une haute efficacité dans lequel les facteurs de production sont ajustés de manière optimale. Le Cameroun dispose d’une expertise capable de concevoir un tel programme, dans le cadre des trois contraintes précédentes, à condition de revoir le dispositif de prise de décision économique, tout en réduisant sa politisation et sa bureaucratisation excessive.

Pour une économie aussi extravertie que le Cameroun, la réalisation d’une politique fondée sur ces 4 piliers requiert absolument la binarisation du système productif, autrement dit, l’émission d’un second pouvoir d’achat qui permette une protection intelligente du système productif local, sans compromette les avantages de son insertion à l’économie internationale. C’est un préalable absolu, mais qui doit être accompagné par des politiques vigoureuses de ré-fertilisation du système productif.

 

Dieudonné Essomba est Ingénieur statisticien, économiste, ancien chargé d’études au Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) au Cameroun. Auteur de l’essai « Une voie de développement pour l’Afrique : la Monnaie Binaire ».

[excerpt] => [category_id] => 2 [published] => 1 [publish_up] => 2015-11-02 08:37:34 [publish_down] => 0000-00-00 00:00:00 [ordering] => 0 [vote] => 0 [hits] => 12735 [access] => 0 [allowcomment] => 1 [subscription] => 0 [frontpage] => 1 [isnew] => 0 [ispending] => 0 [issitewide] => 1 [blogpassword] => [latitude] => [longitude] => [address] => [system] => 0 [posttype] => [robots] => [copyrights] => [image] => [language] => [send_notification_emails] => 1 [doctype] => legacy [document] => [source_id] => 0 [source_type] => easyblog.sitewide [state] => 0 [locked] => 0 [ip] => 94.143.7.46 [revision_id] => 82 [featured] => 0 ) [3] => stdClass Object ( [key1] => 79 [id] => 79 [created_by] => 84 [created] => 2015-10-07 13:21:06 [modified] => 2015-10-07 13:24:32 [title] => Réaménagement ministériel au Cameroun : l’autorité de Philemon Yang renforcée [permalink] => reamenagement-ministeriel-au-cameroun-l-autorite-de-philemon-yang-renforcee [content] => [intro] =>

Au pas de course, le Premier ministre camerounais, Philemon Yang, a procédé hier, 05 octobre 2015, à l’installation des nouveaux ministres nommés le 02 octobre 2015 par Paul Biya. Aux nouveaux promus il a recommandé « dévouement et loyalisme sans faille » dans l’accomplissement de leurs missions. Surtout, a-t-il précisé à l’ensemble des serviteurs de la nation qu’il a installés : « dans l’accomplissement de vos missions, je vous demande de faire preuve d’un esprit d’équipe » et « d’une franche collaboration ». Des propos qui ont le mérite de dévoiler quelque peu les raisons de l’éviction de certains ministres dans le gouvernement du 02 octobre 2015.

Fidèle à ses habitudes quand il s’agit de faire un remaniement ou un réaménagement ministériel, Paul Biya a donc procédé au réaménagement de son gouvernement du 09 décembre 2011 le 02 octobre 2015. Il a ainsi surpris les analystes qui attendaient un remaniement ministériel complet depuis deux ans, à l’issue des élections législatives de 2013. Au finish, ce sont 11 ministres qui ont été virés du gouvernement, neuf en ont fait leur entrée et cinq ministres ou ministres délégués ont changé de portefeuille. Le nombre de ministres, secrétaires d’Etat, conseillers et autres n’a pas changé : 65.

En dehors des autres curiosités à relever de ce réaménagement ministériel, l’on peut dire que le Premier ministre, Philemon Yang, s’en sort plus fort, sans doute plus galvanisé et ayant plus que jamais la confiance du président de la République. Lui que certains n’ont pas manqué de qualifier de « mou » par le passé du fait de sa discrétion. Son tempérament a peut-être conduit certains ministres à s’écarter de la cohésion et de la solidarité gouvernementales prônées par le président de la République et qu’il a réitérées aux nouveaux promus lundi dernier. Mal en a pris ces ministres évoluant en marge de l’esprit de cohésion qui ont été remerciés, « sur proposition du Premier ministre, chef du gouvernement », si l’on s’en tient à la teneur du décret présidentiel.

La fonction de ministre n’est pas éternelle, encore que d’autres peuvent être virés du gouvernement et rebondir quelques années plus tard. Peut-être d’ailleurs dans le même département ministériel. Dans le gouvernement actuel, on peut ainsi citer le cas de Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt. Ministre des Sports dans les années 2000, il est remercié en 2006, rappelé en 2011 pour le portefeuille de la Jeunesse et de l'Education civique, puis ramené en 2015 au département Sports du gouvernement. Certains ministres remerciés le 02 octobre peuvent donc rebondir, mais il importe de rappeler ceux d’entre eux qui ont voulu tenir un bras de fer avec Philemon Yang ignorant que son bras était plus fort malgré sa souplesse.

 

Art musical : discordance des notes

Parmi ceux-là qui ont donc tenu un bras de fer avec le PM, il y a au premier rang l’ex-ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna, qui n’a pas caché son désaccord avec Philemon Yang au sujet de la gestion droit d’auteur. Malgré les instructions claires du PM, elle a insisté dans sa volonté à faire fonctionner la Socacim à qui elle a octroyé un agrément le 19 mai 2015, alors qu’au niveau de la Primature, le groupe de travail mis sur pied en vue de la création d’une société de gestion des droits musicaux était encore à pied d’œuvre. Après une demande d’explication attribuée à la ministre, le PM va suspendre le 22 mai l’agrément accordé à la Société camerounaise civile de musique (Socacim). Le communiqué est rendu public au grand bonheur de la presse qui en fait ses choux gras. « Sont, et demeurent nuls et de nul effet, les termes du communiqué N0015 du 18 mai 2015 ainsi que la décision y relative en date du 15 mai tel qu’indiqué dans le communiqué en cause du ministre des Arts et de la Culture annonçant l’octroi d’un agrément aux fins de gestion du droit d’auteur et des droits voisins de catégorie « B » : Art musical à la Société camerounaise civile de la musique »,écrit Philemon Yang. Et pour cause : « violation des dispositions pertinentes de l’article 20 du décret numéro 2001/956/Pm du 1er novembre 2001 fixant les modalités d’application de la loi 2000/11 du 19 décembre 2000, relative au droit d’auteur et aux droits voisins ; violation des dispositions de l’article 75 de la loi 2001/956/Pm du 1er décembre 2000 au droit d’auteur et aux droits voisins ; manquement aux dispositions du paragraphe 5 de l’instruction générale no002 du 1er octobre 2002 relative à l’organisation du travail gouvernemental », explique le PM . Ce qui n’empêchera pas les initiateurs de la Socacim de maintenir un bras de fer comptant sur l’aile protectrice d’Ama Tutu Muna. Son éviction de ce poste ministériel et la nomination du Pr Narcisse Mouelle Kombi à sa place marque sans doute la fin de ce feuilleton. Le PM s’est avéré plus fort, lui qui est pourtant, de sources concordantes, l’un des frères ainés d’Ama Tutu Muna.

 

Nominations à problèmes

Autre ministre remercié n’ayant pas joué la même symphonie que le Philemon Yang dans un dossier, Essimi Menye. L’ex-ministre de l’Agriculture et du Développement rural avait nommé le 17 avril 2015 deux inspecteurs généraux et deux directeurs. Tous nommés par intérim au sein de son département ministériel. Ceux-ci ont d’ailleurs été installés et vaquaient déjà à leur occupation. Mais, c’était sans compter sur le bâton du PM qui a frappé 11 jours plus tard en annulant les décisions de son ministre pour « pour vice de forme, de procédure et de compétence ».

Certains analystes ont rapidement vu en ces nominations d’Essimi Menye un acte de défiance à l’endroit du PM. Surtout que quelques semaines plus tôt, le 26 février précisément, le PM avait présidé un séminaire gouvernemental consacré au management des ressources humaines au sein de la fonction publique. Face au désordre régnant dans les nominations au sein du gouvernement, Philemon Yang avait alors rappelé à l’endroit de tous les ministres présents, « l’urgence de restaurer les valeurs intangibles qui doivent guider les agents engagés dans le service de l’Etat, afin que la déconcentration de la gestion des ressources humaines serve de déclencheur à une véritable refondation de la fonction publique ».  Le SGPM d’alors, Louis-Paul Motazé (aujourd’hui promu à nouveau ministre en charge de l’Economie), avait fait un exposé sur les principes applicables aux recrutements et aux nominations aux postes de responsabilités dans les administrations de l’Etat. En effet, les dispositions de la constitution de 1996 et le décret N° 2011/408 du 9  décembre 2011 portant organisation du gouvernement définissent les personnalités habiletés à nommer les hauts cadres.  L’article 9 dudit décret du 09 décembre 2011 énonce clairement que le Premier ministre, chef du gouvernement, nomme par  décret les directeurs et assimilés des administrations centrales placées sous son autorité, après approbation du président de la République. Il nomme également les conseillers en organisation administrative, après approbation du président de la République. Le PM nomme aussi par arrêté les directeurs-adjoints et assimilés dans ses services après approbation du Président de la République. Il en est de même pour les chefs de service et assimilés dans les services du premier ministre, les chefs de secrétariat particulier des ministres, les collaborateurs des gouverneurs de régions, les adjoints préfectoraux et les  adjoints aux  sous-préfets.

Visblement, Essimi Menye n’a pas observé ces principes et la sanction est tombée. Il est remplacé par Henri Eyebe Ayissi, ancien ministre délégué à la Présidence chargé du Contrôle supérieur de l’Etat.

 

Pour avoir critiqué le PM ?

Autre ministre écarté du gouvernement, Patrice Amba Salla, ex patron des Travaux publics. Celui-ci aurait publiquement tancé le Premier ministre si l’on en croit aux médias ayant rapporté les faits. Le 05 mai dernier,  Patrice Amba Salla, l’ex ministre des Travaux publics, parlant des lenteurs observées dans la signature du décret portant indemnisations des populations de la route Sangmélima-Djoum-Mintom-Ouesso, aurait critiqué les méthodes du PM. «On ne peut pas signer un acte administratif pendant trois ans», aurait indiqué Patrice Amba Salla dont les propos sont rapportés par le journal Mutations. La veille, sur le terrain à Sangmélima, précise le quotidien, afin de lever toute équivoque sur le sens de son propos, il va « s’adresser aux populations en langue locale et mettre ainsi en évidence la puissance inertielle du chef du gouvernement : «Ce n’est pas moi qui signe les décrets ; si cela dépendait de moi, il y a longtemps que je l’aurais fait». Sanction dans le gouvernement du 02 octobre ! Il est remplacé par Emmanuel Nganou Djoumessi qui vient du ministère en charge de l’Economie.

On notera également que certains ministres déchus comme celui des Postes et Télécommunications ont parfois brillé par un conflit de compétences entre collègues du gouvernement, mais surtout conflit médiatisé. Foulant ainsi au pied les directives de solidarité gouvernementale prescrites par le sommet de l’Etat. Jean-Pierre Biyiti bi Essam a voulu prendre (mieux arracher) au ministère des Finances la régulation du transfert d’argent au Cameroun. Finalement, le PM avait tranché en faveur du ministre des Finances au détriment de Biyiti bi Essam qui menaçait de fermer à partir du 01er août 2015 ces opérateurs « qui exercent dans l’illégalité ». Au Finish, raison a été donnée à la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) qui a expliqué au gouvernement que cette activité était de son ressort et que, c’est le ministère des Finances, en tant qu’autorité monétaire nationale, qui délivre les agréments aux opérateurs de ce secteur d’activité. Jean-Pierre Biyiti bi Essam est remplacé à son poste par Minette Libom li Likeng, directrice générale de la Douane camerounaise.

Ces quelques cas peuvent permettre de dire que le Premier ministre n’a pas toléré ces différents écarts de conduite. Et le président a été de son côté. Du réaménagement ministériel opéré le 02 octobre 2015, on peut croire qu’un message fort est délivré par le Président de la République et par le Premier ministre aux ministres qui seraient tentés de cultiver dans l’ombre les germes de l‘insubordination ou de la défiance à l’endroit du PM ou de l’autorité de l’Etat. Ceux des ministres qui portent sur la place publique leurs divergences et leurs contradictions au lieu de s’en référer à la Primature sont également avisés. Au vu des déclarations du PM lors de l’installation des nouveaux ministres, il n’est pas exclu de croire que la sanction rôde et qu’elle tombera à nouveau (tôt au tard) si ces comportements perdurent. Il y a sans doute d’autres raisons de l’éviction aux postes ministériels, mais ces cas qui ont alimenté la chronique médiatique durant des semaines méritent d’être relevés. Car, même s’ils n’étaient pas la cause du remerciement de tous, ils ont contribué au départ de bon nombre. Le PM, lui, est plus que jamais déterminé à veiller. « Coordonner ou diriger des équipes a toujours été chose de difficile partout dans le monde. Mais, je suis déterminé que nous allons continuer à diriger, à travailler dur et même à faire mieux », a confié Philemon Yang à Cameroon Tribune le 02 octobre dernier.

 

Il y a 14 ans déjà…

Il appartient dès lors à la nouvelle équipe, dirigée par un coach en qui le président a renouvelé sa confiance et qui apparaît plus que jamais fort, de respecter cette circulaire de 2001 relative à la solidarité gouvernementale. Circulaire vielle, mais toujours aussi d’actualité. Paul Biya, après avoir observé de nombreuses dérives, rappelait à l’endroit des ministres que l'action gouvernementale devait s'exercer au bénéfice de l'ensemble des populations conformément à ses engagements pris devant la Nation. Il précisait que ces actions devaient s’exercer sous l’autorité du Premier ministre chargé de la mise en œuvre de la politique de la nation qu’il a définie. « Aussi doit-il régner au sein du gouvernement, un esprit de coopération et de travail en équipe. Chaque ministre doit faire siennes les décisions prises, quelles que soient ses attributions et quelle qu'ait été sa position dans leur préparation. Si des incompréhensions ou des difficultés d'interprétation subsistent, elles doivent être réglées en conseil de Cabinet, et une fois arbitrées, ne plus faire l'objet de débats publics ou privés.  Il est notamment inconcevable que des critiques se fassent jour dans la presse, à l'égard de l'action gouvernementale ou d'une décision ministérielle de la part de membres du gouvernement, au détriment évident de la cohésion de celui-ci. De tels comportements sont inadmissibles de la part des ministres appartenant à une même équipe. Ils sont de nature à fragiliser l'autorité de l'Etat. Aussi, je vous demande d'y mettre fin », ordonnait Paul Biya dans cette circulaire datée du 27 avril 2001.  Vous avez dit « comportements inadmissibles » ?

[excerpt] => [category_id] => 2 [published] => 1 [publish_up] => 2015-10-07 13:21:06 [publish_down] => 0000-00-00 00:00:00 [ordering] => 0 [vote] => 0 [hits] => 6948 [access] => 0 [allowcomment] => 1 [subscription] => 0 [frontpage] => 1 [isnew] => 0 [ispending] => 0 [issitewide] => 1 [blogpassword] => [latitude] => [longitude] => [address] => [system] => 0 [posttype] => [robots] => [copyrights] => [image] => [language] => [send_notification_emails] => 1 [doctype] => legacy [document] => [source_id] => 0 [source_type] => easyblog.sitewide [state] => 0 [locked] => 0 [ip] => 94.143.7.46 [revision_id] => 77 [featured] => 0 ) [4] => stdClass Object ( [key1] => 74 [id] => 74 [created_by] => 97 [created] => 2015-10-01 19:50:20 [modified] => 2015-10-01 19:55:00 [title] => Préparer l’Afrique aux prochaines négociations commerciales [permalink] => preparer-l-afrique-aux-prochaines-negociations-commerciales [content] => [intro] =>

Les négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dites du Cycle de Doha pour le développement restent dans une sérieuse impasse. Les dates butoirs se succèdent sans que les négociateurs semblent en mesure de tenir nombre des promesses du Cycle de Doha. L’an dernier, à la réunion tenue à Bali, des avancées minimes ont été présentées comme une percée décisive. Cet optimisme s’est évaporé depuis lors.

Si le développement se trouve au cœur du Cycle de Doha, l’accord sur les questions controversées relatives à l’agriculture est la clef qui fera réussir ou échouer le cycle. Il est essentiel d’obtenir des résultats concrets dans le domaine de l’agriculture non seulement pour que soit rempli le mandat de Doha et pour dénouer cette « question clef », mais aussi plus fondamentalement parce que, en vue de leur développement, les économies africaines ne peuvent négliger un secteur qui emploie deux tiers de leur main-d’œuvre et joue un rôle central dans la sécurité alimentaire et l’éradication de la pauvreté.

Vingt ans après l’entrée en vigueur de l’Accord sur l’agriculture, les marchés agricoles mondiaux demeurent caractérisés par de fortes distorsions et une protection relativement élevée. Les pays développés ont continué de subventionner les producteurs (principalement les gros producteurs), en définitive aux dépens des petits exploitants du monde en développement. Dans le même temps, tandis que certains pays émergents ont pu exploiter les subtilités de l’accord pour adopter leurs propres formes de soutien intérieur, d’autres pays en développement, dont la plupart des pays africains, se sont révélés jusqu’à présent dans l’incapacité de faire de même, et se retrouvent doublement désavantagés.

De nouvelles difficultés sont également apparues depuis la signature de l’Accord sur l’agriculture: que ce soit la concentration du marché, dominé par une poignée de grandes firmes (notamment sur des produits qui intéressent immédiatement l’Afrique, comme le café ou le cacao) ou la financiarisation des marchés des produits de base, qui n’a pas permis de mettre fin à la volatilité des cours mondiaux, ou encore les effets des changements climatiques et le poids croissant des barrières non tarifaires. Il n’y a eu à ce jour aucune avancée significative en termes de diminution du soutien interne (ou des subventions internes) par les plus importants pourvoyeurs de subventions, notamment les États-Unis, l’Union européenne et le Japon. Comme il apparaît clairement que les résultats obtenus dans le domaine de l’agriculture influencent les résultats obtenus dans d’autres domaines de négociation, dont l’accès aux marchés des produits non agricoles et les services, dans les faits, cela signifie que la possibilité de clore le Cycle de Doha n’est pas en vue. Cela veut également dire que l’OMC n’est pas dans une dynamique qui lui permette de contribuer de manière substantielle au cadre de développement pour l’après-2015, même si le commerce a été désigné, dans les nouveaux objectifs de développement durable, comme un des moyens de mise en œuvre d’un nouveau programme plus audacieux.

Cependant, en vue de la dixième Conférence ministérielle de l’OMC, qui doit se tenir à Nairobi à la mi-décembre, l’idée fait largement consensus que certains résultats doivent être obtenusen matière de développement, d’autant plus que la conférence se tiendra pour la première foisen Afrique. Dans le domaine de l’agriculture, il est probable que certains progrès soient réalisés au sujet de la concurrence à l’exportation (subventions à l’exportation), car les modalités d’un accord éventuel sont en place depuis 2005. Il pourrait également y avoir du changement concernant les règles sur les « produits spéciaux » que les pays en développement veulent protéger pour des raisons touchant à la sécurité alimentaire, ainsi que les règles relatives à un mécanisme de sauvegarde spéciale sur les produits agricoles pour se prémunir contre les afflux massifs d’importations. Un accord global sur le coton s’agissant de l’accès aux marchés, du soutien interne et de la concurrence à l’exportation pourrait aussi être conclu. Le coton est considéré comme un révélateur des avancées possibles dans d’autres produits de base hors métaux. Une solution permanente au problème de la détention de stocks publics de denrées alimentaires, pour laquelle l’Inde a plaidé à Bali, pourrait être trouvée.

S’agissant du développement, un dispositif en faveur des pays les moins avancés (PMA) qui comprenne la mise en œuvre de la dérogation concernant les services, des améliorations à l’accès au marché en franchise de droits et sans contingent, et des règles préférentielles d’origine est à notre portée. Il pourrait aussi y avoir des décisions dans 25 domaines recensés par les pays en développement pouvant faire l’objet d’un traitement spécial et différencié. Ils visent principalement à ménager une plus grande marge de manœuvre politique en matière de développement industriel et de stratégies de renforcement des capacités productives.

Il est maintenant demandé aux négociateurs africains de faire preuve d’unité et d’esprit de décision en vue de la prochaine réunion, qui aura lieu en Afrique. Une réunion informelle de ministres africains s’est tenue le 20 juillet dernier et une réunion de suivi est prévue prochainement. Des réunions de coordination avec le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), le Groupe des PMA et le Groupe des 90 (pays en développement) devraient également se tenir. En marge du Forum ministériel sur l’African Growth and Opportunity Act (loi sur la croissance et les possibilités économiques de l'Afrique) qui vient de se dérouler à Libreville du 24 au 27 août, les ministres africains ont dialogué avec le Représentant des États-Unis chargé du commerce. Les discussions ont notamment porté sur les principaux points devant permettre un résultat acceptable à Nairobi.

En attendant, les ministres africains ont signalé que si la question clef de l’agriculture n’est pas résolue à Nairobi, elle doit rester à l’ordre du jour de l’OMC puisqu’elle reste essentielle pour que le Cycle de Doha aboutisse à des résultats en matière de développement.

 

Les Africains doivent désormais se préparer correctement. Les préparatifs sont urgents et de plus en plus importants.

Premièrement, peu d’éléments indiquent une cohérence stratégique entre le cadre de politique commerciale et les objectifs de politique industrielle. Plusieurs pays ont adopté une série de mesures incitatives en vue de s’industrialiser, mais une orientation claire fait souvent défaut, ce qui donne lieu à des pratiques opaques, discrétionnaires et arbitraires. À cet égard, il est de plus en plus admis que l’intégration régionale et une libéralisation graduelle sont les voies les plus prometteuses pour tirer parti du commerce en vue de la transformation structurelle des économies africaines. Dès lors, donner la priorité à l’Afrique devrait être le principe cardinal du processus consistant à réconcilier politique commerciale et politique industrielle.

Deuxièmement, bien trop souvent, il manque de cohérence politique entre les différents niveaux de négociations commerciales, à savoir bilatéral, régional et multilatéral. C’est un problème que l’édition 2015 du Rapport économique sur l’Afrique examine en détail. Permettez-moi de donner quelques exemples: les Africains se sont ardemment battus à Bali pour obtenir une décision sur des règles préférentielles d’origine en faveur des PMA… mais combien de pays africains ont appelé à mettre en œuvre ces critères préférentiels dans leurs négociations bilatérales avec l’Union européenne, dans le cadre des accords de partenariats économiques, ou avec les États-Unis, dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act ? De plus, à quoi servent des dérogations obtenues de haute lutte à l’OMC si, au niveau bilatéral, l’Afrique renonce à ces mêmes dérogations avec ses principaux partenaires commerciaux ?

Troisièmement, aussi bien conçues soient-elles, les politiques commerciales n’ont que peu de valeur si elles ne sont pas utilisées à bon escient. En 2013, les PMA ont obtenu une prolongation de la période de transition pour appliquer l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Qu’ont-ils fait pour mettre à profit cette occasion et favoriser résolument l’innovation ainsi que le transfert et l’acquisition de technologies ?

 

Ces questions doivent absolument être soulevées car les Africains doivent enclencher la vitesse supérieure pour élaborer leurs politiques commerciales et industrielles et, plus important encore, pour les mettre en œuvre.

 

[excerpt] => [category_id] => 2 [published] => 1 [publish_up] => 2015-10-01 19:50:20 [publish_down] => 0000-00-00 00:00:00 [ordering] => 0 [vote] => 0 [hits] => 3178 [access] => 0 [allowcomment] => 1 [subscription] => 0 [frontpage] => 1 [isnew] => 0 [ispending] => 0 [issitewide] => 1 [blogpassword] => [latitude] => [longitude] => [address] => [system] => 0 [posttype] => [robots] => [copyrights] => [image] => [language] => [send_notification_emails] => 1 [doctype] => legacy [document] => [source_id] => 0 [source_type] => easyblog.sitewide [state] => 0 [locked] => 0 [ip] => [revision_id] => 7 [featured] => 0 ) ) ----------------------- Array ( )
No post has been created yet.

LA FINANCE DANS TOUS LES SECTEURS

Axa, groupe français d’assurance, va devenir actionnaire de la société sud-africaine Africa...
Lire la suite |  8 février 2016
En Afrique du sud, le groupe Bidvest Ltd vient d’annoncer son intention...
Lire la suite |  8 février 2016
Selon les chiffres de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de...
Lire la suite |  8 février 2016
mis à jour le 02/02/2016
Nom du fondPerformance
depuis le 1er janvier 2015
(date de retour)
Zone
d'investissement
Les 5 fonds les plus performants
Old Mutual Gold R 18.62    
(01/02/2016)
South Africa
Investec SA Value Z 13.74    
(01/02/2016)
South Africa
Investec Value R 9.25    
(01/02/2016)
South Africa
Octagon SCI Growth FoF B1 3.55    
(01/02/2016)
South Africa
T&D Bull Bear Fund ZAR Bear 3.35    
(01/02/2016)
South Africa
Les 5 fonds les moins performants
Capstone BCI Equity -13.06    
(01/02/2016)
South Africa
EFG Hermes MEDA -13.56    
(25/01/2016)
Middle East & Africa
DGC QIC GCC Equity B USD Acc -14.55    
(29/01/2016)
Middle East & Africa
BPI GIF Africa I EUR -14.61    
(20/01/2016)
Africa
Shuaa Arab Gateway -19.03    
(26/01/2016)
Middle East & Africa
mis à jour le 02/02/2016
Nom du fondPerformance
depuis le 1er janvier 2015
(date de retour)
Zone
d'investissement
Les 5 fonds les plus performants
SAM Sharia Equity 9.69    
(01/02/2016)
Indonesia
Sucorinvest Sharia Equity Fund 3.48    
(01/02/2016)
Indonesia
MNC Dana Syariah Ekuitas 3.33    
(01/02/2016)
Indonesia
BAHANA SUKUK SYARIAH 3.05    
(01/02/2016)
Indonesia
TRIM Syariah Saham 2.94    
(01/02/2016)
Indonesia
Les 5 fonds les moins performants
STANLIB Shari'ah Equity A -8.52    
(01/02/2016)
South Africa
EFH Islamic Financial Institution C USD -9.47    
(29/01/2016)
Global
Hang Seng Islamic China Idx A -10.16    
(01/02/2016)
China
Rasmala GCC Islamic Equity Income Dis -11.65    
(28/01/2016)
Middle East
SC GCC Equities A -19.06    
(28/01/2016)
Middle East & Africa

Sources d’informations économiques

LIENS INSTITUTIONS FINANCIERES

ACTUALITES

La première semaine du mois de février 2016 a été plus positive...
Lire la suite |  8 février 2016
bandeau-Twitter
Loading..
Les actionnaires de la banque portugaise Banco BPI ont rejeté, le 5...
Lire la suite |  7 février 2016
Désormais Tunisair reliera la Côte d’Ivoire 7 fois par semaine au lieu...
Lire la suite |  6 février 2016
Le Sénégal a signé, le 5 février, la Convention concernant l'assistance administrative...
Lire la suite |  5 février 2016
Le directeur général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), Edoh...
Lire la suite |  5 février 2016
La banque centrale égyptienne a décidé le 3 février 2016 de relever...
Lire la suite |  5 février 2016
Le consortium regroupant le groupe turc STFA Group, la Société générale des...
Lire la suite |  4 février 2016
L’institut Conficius et les autres centres d’apprentissage de la langue chinoise au...
Lire la suite |  4 février 2016

PubEcofinBD

Les fonds levés en 2015 sur les marchés des actions africains ont...
Lire la suite |  4 février 2016
La chute des prix des matières pourrait permettre au président congolais Joseph...
Lire la suite |  4 février 2016
Satya Capital, un fonds d’investissement fondé par le milliardaire soudanais Mo Ibrahim...
Lire la suite |  3 février 2016
Les firmes de private equity ont investi 21,6 milliards de dollars répartis...
Lire la suite |  3 février 2016
L'Egypte s'apprête à lancer en 2016 la première bourse des matières premières...
Lire la suite |  3 février 2016
Dangote Group se focalise sur la génération de revenus en devises étrangères dans...
Lire la suite |  2 février 2016
Le cours des matières premières devraient plonger de 18 % en moyenne en 2016...
Lire la suite |  2 février 2016
L’Ile Maurice, le Botswana et le Cap Vert sont les économies les...
Lire la suite |  1 février 2016
Le syndicat sud-africain des employés de banques (South African Society of Bank...
Lire la suite |  1 février 2016
Tony Elumelu, le Président de Heirs Holdings, promoteur de la Fondation Tony...
Lire la suite |  1 février 2016
Leapfrog Investment a annoncé avoir acquis une part majoritaire dans le capital...
Lire la suite |  1 février 2016
Le groupe nigérian Interswitch spécialisé dans la gestion des processus de paiement...
Lire la suite |  1 février 2016
Le Parti du renouveau démocratique (PRD), principal parti de l'opposition au Bénin,...
Lire la suite |  1 février 2016

ACTUALITES

Le directeur général de Credit Suisse Tidjane Thiam a annoncé, dans un...
Lire la suite |  8 février 2016
Un vent nouveau est en passe d'être insufflé en matière de collecte...
Lire la suite |  8 février 2016

bandeau Newsletter

App Agence Ecofin
Téléchargez l'application de l'Agence Ecofin gratuitement

iPhone App  App Android
Environ un an et demi après la signature d’un accord de partenariat...
Lire la suite |  8 février 2016
La Banque publique d'investissement (BpiFrance), un organisme français de financement et de...
Lire la suite |  8 février 2016
La Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC) vient d’accorder au...
Lire la suite |  7 février 2016
Suite à la visite du Président Kabila en Egypte en août 2015,...
Lire la suite |  6 février 2016
Les Chinois sont maîtres d’œuvre de nombreux projets d’infrastructures au Gabon. Ils...
Lire la suite |  5 février 2016
La banque nigériane Guaranty Trust Bank (GT Bank) a annoncé, dans un...
Lire la suite |  5 février 2016
Financia Capital, premier prestataire indépendant de services d’investissement en zone CEMAC (Communauté...
Lire la suite |  5 février 2016
« Aujourd'hui vous posez la première pierre, mieux, nous mettons ensemble la première...
Lire la suite |  5 février 2016
La Direction Générale des Douanes du Sénégal a célébré la Journée Internationale...
Lire la suite |  5 février 2016
Le Nigerian Stock Exchange, le marché financier nigérian, a terminé le mois...
Lire la suite |  5 février 2016
L’appel d’offres lancé par le gouvernement tunisien pour la promotion du nouveau...
Lire la suite |  5 février 2016
Le ministre des Finances kenyan, Henry Rotich (photo), vient d’annoncer que son...
Lire la suite |  4 février 2016
Le Zimbabwe va autoriser les investisseurs étrangers à détenir des participations allant...
Lire la suite |  4 février 2016
Le gouvernement marocain a alloué une enveloppe de 189 milliards de dirhams...
Lire la suite |  3 février 2016
Nommé en décembre 2014 au poste de président du Conseil d’administration de...
Lire la suite |  3 février 2016
Le gestionnaire de fonds de capital-investissement XSML a annoncé, dans un communiqué publié...
Lire la suite |  3 février 2016
Le 2 février 2016, la société Standard télécom a installé le réseau...
Lire la suite |  3 février 2016
La Banque mondiale et ses filiales vont investir 3 milliards de dollars...
Lire la suite |  3 février 2016
Les transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) ont totalisé plus de...
Lire la suite |  2 février 2016
L'Union européenne (UE) va accorder au Mozambique une aide budgétaire de 200...
Lire la suite |  2 février 2016
Le fonds d’investissements AfricInvest va participer à l’augmentation du capital de la...
Lire la suite |  2 février 2016
La Banque centrale vient d’accorder un agrément à une nouvelle banque spécialisée...
Lire la suite |  2 février 2016
Après les ouvertures du Pullman Kinshasa Grand Hôtel et de son premier...
Lire la suite |  2 février 2016
Guinness Nigeria Plc, la filiale du londonien Diageo a annoncé un bénéfice...
Lire la suite |  2 février 2016
Le gouvernement camerounais vient d’attribuer à la société China First Highway Engineering...
Lire la suite |  2 février 2016
La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, dans un communiqué publié...
Lire la suite |  2 février 2016
Le capital investisseur Verod Capital Management qui est basé à Lagos au...
Lire la suite |  1 février 2016
Le Nigeria, dont l’économie est mise à mal par la chute des...
Lire la suite |  1 février 2016
Air Côte d’Ivoire prévoir de quadrupler son capital d’ici fin  2016, à...
Lire la suite |  1 février 2016