Côte d’Ivoire : la banane résiste, l’ananas s’effondre

Côte d’Ivoire : la banane résiste, l’ananas s’effondre

(Agence Ecofin) - « On ne sort pas de 10 années difficiles et une dernière année catastrophique sans y laisser vraiment des plumes » constate Philippe Mavel Délégué Europe de l’Organisation centrale des producteurs-exportateurs d'ananas et de banane (OCAB). Le premier coup d’Etat en 1999 puis les années de conflits avec un point haut au premier trimestre 2011 n’ont pas épargné les filières banane et ananas de Côte d’Ivoire. Si la banane a relativement bien résisté, tant en volume qu’en qualité, l’ananas a plongé.

La production d’ananas est passée de 180000 tonnes, sur 334000 tonnes sur le marché européen, à 38000 tonnes en 2010 et 28000 tonnes en 2011 pour un marché européen de 910000 tonnes. Sur le marché européen où les importations se sont  multipliées par près de trois, la part de la Côte d’Ivoire est devenue insignifiante (3,1%) alors qu’elle a représenté plus de 50% de l’approvisionnement. Certes la percée de l’ananas de Costa Rica, plus homogène et régulier, a été forte, représentant 80% de l’approvisionnement européen, mais la production ivoirienne a tout de même été divisée par plus de 6.

Contrairement à la banane, le secteur d’ananas est principalement composé de centaines de petits planteurs, seule entreprise restante la Compagnie Fruitière, qui  ne disposaient pas des mêmes moyens pour résister à la crise et se maintenir. Il n’en reste aujourd’hui plus qu’une poignée. En effet, depuis 2002, la production de banane en Côte d’Ivoire est comprise entre 220 000 et 250 000 tonnes, et l’approvisionnement du marché européen par les pays ACP se maintient entre 950 000 et 1 million de tonne. Mais, les petits producteurs en banane n’existent pratiquement plus, un producteur indépendant et trois sociétés étrangères dominent le marché.

Créée au début des années 90 avec la volonté de ses membres de résister à la concurrence, l’OCAB tente de trouver des solutions pour soutenir les petits et moyens producteurs. Une des piste envisagée est la création d’une centrale d’achat pour commercialiser les produits des petits producteurs dans une meilleure transparence et efficacité. Dans l’histoire de l’OCAB, Philippe Mavel remarque qu’il y a eu des abus aux différents stades de la commercialisation et que la centrale d’achat est une des façon d’y mettre fin et d’assurer au producteur est un retour plus élevé. Outre la commercialisation, la transformation et la régionalisation sont les axes prioritaires. Le marché régional offre de grandes opportunités, selon l’OCAB, tant dans le brut que la transformation. « Il faut développer la consommation » souligne Philippe Mavel. L’OCAB, ce qui n’était pas sa vocation au départ, s’intéresse aussi de plus en plus aux producteurs. Le retour des producteurs à l’ananas, délaissé au profit du palmier à l’huile, de l’hévéa ou du vivrier, sera un défi. « L’idée est de ne pas les laisser sur 3-4 ou 10 hectares, mais de les regrouper » indique le Délégué Europe.

Alors que les investisseurs retrouvent le chemin de la Côte d’Ivoire, des projets, non encore aboutis, existent dans la transformation sous forme de jus, concentré ou encore de fruits séchés. L’usine Cotivana à Tiassalé pourrait être reprise et des investisseurs antillais devraient prochainement démarrer une plantation de 1 000 hectares de bananes à Taabo.

 

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