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Mali : des sources diplomatiques confirment l'arrivée imminente des mercenaires russes du groupe Wagner

Mali : des sources diplomatiques confirment l'arrivée imminente des mercenaires russes du groupe Wagner
  • Date de création: 14 septembre 2021 15:52

(Agence Ecofin) - Selon des sources anonymes consultées par Reuters, le groupe Wagner serait sur le point d’obtenir un accord avec la junte malienne pour la formation des troupes et la protection des hauts-fonctionnaires. Pour l’heure, les autorités ne confirment pas officiellement cette information.

Le groupe Wagner sera-t-il désormais impliqué dans la crise sécuritaire malienne ? A en croire l’agence Reuters, un accord serait sur le point d’être conclu entre le nouveau gouvernement malien et le groupe russe.

Citant sept sources diplomatiques et sécuritaires anonymes, le média indique que dans le cadre des négociations, les mercenaires du groupe Wagner pourraient toucher plus de 10 millions $ par mois pour former les militaires maliens, et assurer la protection des hauts-fonctionnaires. On parle d’au moins 1000 éléments de ce groupe réputé proche du Kremlin, bien que certaines sources indiquent que le nombre pourrait être inférieur.

Bien que l’information n’ait toujours pas été officiellement confirmée, cette annonce souligne l’influence grandissante de la Russie sur le continent africain. En effet, le secteur sécuritaire a été, ces dernières années, le principal axe de progression du Kremlin en Afrique, qui a notamment fini par s’imposer comme un acteur incontournable pour la résolution des crises en Libye et en République centrafricaine. Dans ces deux pays, Moscou est notamment accusé par les puissances d’utiliser le groupe Wagner, bien que Vladimir Poutine ait toujours nié ces allégations.

La France perd du terrain

Au-delà d’un simple renforcement de ses relations avec l’Afrique, la nouvelle offensive du pays des tsars sur le continent noir peut également s’analyser sous le prisme d’une rivalité qu’elle entretient avec la France. Jusqu’ici, la Centrafrique et le Mali étaient en effet considérés comme des éléments du pré carré de l’Elysée en Afrique. Cependant, son influence dans ces deux pays semble s’être progressivement affaiblie.

En Centrafrique, Paris avait déjà accusé Moscou d’organiser une campagne de désinformation. Au Mali, l’enlisement de l’opération Barkhane dans la guerre contre le terrorisme, alors que les attaques djihadistes se multiplient, a entraîné des contestations populaires contre la présence militaire de l’ancien colonisateur.

Lors de la conférence de Pau organisée début 2020, Emmanuel Macron avait également accusé des forces étrangères d’être derrière ces manifestations. Selon lui, ces manifestations anti-françaises étaient destinées à servir « les intérêts d’autres puissances étrangères qui veulent simplement voir les Européens plus loin, parce qu’ils ont leur propre agenda, un agenda de mercenaires ».

D’après les sources contactées par Reuters, les autorités françaises auraient d’ailleurs essayé d’empêcher la conclusion du nouvel accord entre la junte malienne et le groupe Wagner. Mais avec les récentes tensions qui ont surgi entre Bamako et l’Elysée qui a pendant un moment suspendu son aide militaire au pays en plein arrêt de l’opération Barkhane, on peut imaginer qu’une telle manœuvre risquait de se solder par un échec.

Un impact sur le soutien militaire international ?

Si elle est effectivement confirmée dans les prochains mois, la présence du groupe Wagner aux côtés du gouvernement malien pourrait avoir un impact sur l’aide militaire internationale. Pour rappel, plusieurs organisations internationales ont déjà accusé les mercenaires de ce groupe d’avoir commis des actes de violations des droits de l’homme en Centrafrique notamment.

De ce fait, les chancelleries occidentales pourraient rechigner à coopérer avec une telle force dans le cadre de la lutte antiterroriste au Mali et dans le Sahel. Une situation qui pourrait impacter les activités de la force Takuba, composée de plusieurs troupes d’élite européennes et censées prendre progressivement la place qui sera laissée par l’opération française Barkhane.

« Une intervention de cet acteur serait donc incompatible avec les efforts menés par les partenaires sahéliens et internationaux du Mali engagés dans la Coalition pour le Sahel pour la sécurité et le développement de la région », a conclu l’une des sources consultées par Reuters.

Moutiou Adjibi Nourou

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Moutiou ADJIBI NOUROU

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