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Fin des quotas sucriers en Europe, entre défis et opportunités pour le continent africain

Fin des quotas sucriers en Europe, entre défis et opportunités pour le continent africain

(Agence Ecofin) - Le 1er octobre prochain, l’Union européenne (UE) mettra fin au système de quotas sucriers qui plafonnait depuis 2006, la production de sucre et d’isoglucose (édulcorant élaboré à partir du maïs et du blé utilisé dans la fabrication de boissons gazeuses) à un niveau inférieur à la consommation.

Cette réforme permettra de développer la production au-delà des limites imposées (13,5 millions de tonnes pour le sucre et de 670 000 tonnes pour l’isoglucose) et devrait faire du vieux continent jusqu’ici importateur net de sucre, un exportateur majeur de la denrée. En outre, elle entraînera un meilleur alignement du prix sucre européen et celui mondial.

Globalement, pour le continent africain, cette perspective s’annonce comme un véritable défi. En effet, les pays exportateurs de sucre vers l’UE, notamment ceux de la région ACP bénéficiant de l’initiative « Tout sauf les armes » (TSA) ne pourront plus profiter du prix élevé de ce marché liée à la restriction de l’offre.

Les pays africains de cette zone produisant la denrée à un coût élevé se verront dans la nécessité de revoir leurs stratégies de production afin de gagner en compétitivité pour affronter la concurrence à l’export. En revanche, ceux présentant un faible coût, devraient diversifier leurs débouchés commerciaux, notamment vers les marchés internationaux hors-UE.

Cependant, s’il est vrai que l’abolition des quotas sucriers est un choc global pour le continent, il faut souligner également qu’il offre de nombreuses possibilités en termes d’amélioration du commerce intra-africain du sucre.

La levée des quotas sur le sucre, une aubaine pour le rééquilibrage du marché sucrier africain

Pour les acteurs du paysage sucrier africain, une réduction de l’attractivité des prix du côté européen pourrait signifier également une redirection des volumes exportées vers le reste du continent, et ce, pour deux principales raisons.

D’une part, le continent africain est divisé en une zone déficitaire composée principalement des pays de l’ouest, du centre et de l’est ; et une autre enregistrant un surplus de production représentée par les pays d’Afrique australe. Ce dernier bloc qui englobe les principaux pays producteurs de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) notamment Maurice, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland, la Zambie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, fournit environ 65% du sucre produit en Afrique subsaharienne.  

Sous réserve d’une meilleure amélioration des infrastructures de transport, la levée de certaines barrières tarifaires (entre autres les surtaxes à l’importation et les droits de douane élevés) ainsi que d’une meilleure intégration régionale, les opérateurs pourraient profiter de la meilleure proximité géographique de certains marchés africains.

D’autre part, selon les projections de l’Organisation internationale du sucre, la consommation annuelle de sucre de l’Afrique subsaharienne pourrait s’établir à 12,5 millions de tonnes d’ici 2019/2020 contre 9,95 millions de tonnes en 2014/2015 dans l’hypothèse d’une poursuite du dynamisme démographique et économique.   

Espoir Olodo


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