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De chef d’entreprise à chef du gouvernement, le parcours doré d’Aziz Akhannouch

De chef d’entreprise à chef du gouvernement, le parcours doré d’Aziz Akhannouch
  • Date de création: 17 septembre 2021 17:06

(Agence Ecofin) - Nommé chef du gouvernement ce 10 septembre, Aziz Akhannouch, deuxième fortune du pays après le roi Mohammed VI, est désormais la 2e personnalité la plus importante après le monarque. Rien d’étonnant quand on observe la trajectoire ascensionnelle de l’homme qui a même réussi à écraser le parti islamiste.

A 60 ans, Aziz Akhannouch semble avoir obtenu tout ce dont il pourrait rêver. Nommé Premier ministre, le chef du Rassemblement national des indépendants (RNI) a remporté les dernières législatives en donnant une véritable raclée aux islamistes qui n’ont eu que 13 sièges contre 102 pour lui. Très vite, l’homme qui pèse 2 milliards de dollars, selon le magazine Forbes, a été accusé par ses adversaires d’avoir acheté des votes. 

1 Aziz Akhannouch tribune

Le chef du RNI a remporté les législatives en donnant une véritable raclée aux islamistes.

Pour eux, « l’ami du roi Mohammed VI » a acheté sa victoire. Cette accusation et les commentaires sur le rôle de la fortune familiale dans sa réussite, Aziz Akhannouch les supporte bien, tant il les entend depuis ses plus jeunes années.

Une jeunesse passée loin des clichés de la bourgeoisie marocaine

Etant le fils d’Ahmed Oulhaj Akhannouch, propriétaire d’Akwa Group, l’une des plus importantes entreprises du royaume, on aurait pu s’attendre à ce qu’Aziz Akhannouch, né à Tafraout en 1961, connaisse une enfance de luxe et de faste. Les choses ne se sont pourtant pas passées de cette manière. En effet, le jeune garçon va passer une bonne partie de ses premières années loin des quartiers huppés de Casablanca. Il passe le plus clair de cette période à Aïn Sebaâ, une des zones les plus populaires de la ville de Casablanca. Il y étudie au lycée Imam Malik à Belvédère, loin des prestigieuses écoles du pays. 

En effet, le jeune garçon va passer une bonne partie de ses premières années loin des quartiers huppés de Casablanca. Il passe le plus clair de cette période à Aïn Sebaâ, une des zones les plus populaires de la ville de Casablanca.

De nature discrète, Aziz Akhannouch n’aimait pas y afficher la situation sociale de sa famille. « Aziz a toujours été très discret, particulièrement en ce qui concernait son milieu social. Par exemple, il tenait absolument à ce que son chauffeur le dépose à 400 mètres de l’école pour ne pas attirer l’attention », témoigne Abdelmajid Tazlaoui, un de ses anciens camarades de classe. Ce dernier révèle également une anecdote sur la passion d’Aziz Akhannouch pour le 7e art. « Comme il aimait le cinéma, lui qui était un élève brillant n’avait pas hésité à sécher le cours un mercredi après-midi pour que nous allions voir "Le Pont de Cassandra"». Abdelmajid Tazlaoui perdra pourtant de vue son ami d’enfance lorsque ce dernier part, après le baccalauréat, pour continuer ses études supérieures au Canada. 

2 Aziz Akhannouch2

« Il a su comment nous mobiliser et nous transmettre sa passion pour le travail bien fait.»

Il revient finalement au Maroc en 1990, 4 années après avoir décroché un master en «Business Administration» à l’université de Sherbrooke au Québec.

Début dans les affaires

De retour au Maroc, il intègre Afriquia SMDC, une des sociétés familiales. Très vite, il affiche un talent pour les affaires, hérité de son père. Effectivement, au poste de Directeur Général adjoint d’Afriquia SMDC, Aziz Akhannouch impressionne son père qui le choisit pour diriger l’empire familial, une position qui est traditionnellement réservée à l’aîné de la famille. Conformément à la volonté de son père, Aziz devient, sans être aîné, l’actionnaire majoritaire d’Akwa Group. Le groupe possède, à l’époque, plusieurs sociétés spécialisées dans le secteur pétrolier et dans les énergies. Mais à son arrivée, Aziz Akhannouch va diversifier les activités d’Akwa Group. En 1996, il investit dans le secteur de l'information en achetant Caractères, l’éditeur de magazines tels que La Vie éco, Femmes du Maroc, Maisons du Maroc ou Nissaa Min Al Maghrib. Trois ans plus tard, le groupe investit dans les télécommunications en entrant dans le capital de Meditelecom, 2e opérateur du royaume. Mais, Aziz Akhannouch ne néglige pas les activités traditionnelles du groupe. Toujours en 1999, Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène, deux des plus anciennes sociétés du groupe, font leur entrée en bourse. L’opération diversification porte ses fruits. Le chiffre d’affaires du groupe passe de 3 milliards de dirhams (environ 335 millions de dollars), en 1995, à 22 milliards de dirhams (près de 2,45 milliards de dollars) en 2010, le rendant incontournable au plan national dans le secteur des hydrocarbures.

L’entrée en politique

Aziz Akhannouch fait ses premiers pas dans l’arène politique en 2003. Sans aucun parti, il réussit à se faire élire président du Conseil de la région Souss-Massa-Drâa. Cette nomination n’est en fait qu’un avant-goût des sommets qui attendent l’homme d’affaires. En 2007, le Roi Mohammed VI décide de nommer Aziz Akhannouch ministre de l'Agriculture et de la Pêche Maritime. 

3 Aziz Akhannouch

En 2007, le Roi le nomme ministre de l'Agriculture et de la Pêche Maritime.

Les progrès effectués par le groupe Akwa depuis qu’il est dirigé par le jeune entrepreneur impressionnent le monarque qui lui fait confiance pour dynamiser un secteur agricole marocain en délicatesse à cette époque. La nomination ne surprend pas, bien que l’homme d’affaires débarque dans un secteur dont il ne connait que les rudiments. La plupart des spécialistes pensent alors que ses qualités managériales en feront un bon ministre. Ceux qui le connaissent sont les moins surpris par la nomination. «On s’attendait à ce qu’il ait un tel destin. Ce n’est d’ailleurs qu’une suite logique. Il était brillant en classe et toujours en avance», déclare Majid Tazlaoui, PDG du spécialiste de l’immobilier Onapar-Ametys. 

«On s’attendait à ce qu’il ait un tel destin. Ce n’est d’ailleurs qu’une suite logique. Il était brillant en classe et toujours en avance», déclare Majid Tazlaoui.

Dans un premier temps, les choses se passent bien. « Le ministère était géré comme une entreprise privée », déclare un de ses collaborateurs. « Il a transposé ses méthodes de gestion à Akwa au ministère. Nous travaillions 24h/24, mais nous nous n’en plaignons pas, bien au contraire. Il a su comment nous mobiliser et nous transmettre sa passion pour le travail bien fait. Nous ne comptions pas nos heures ».

Suites aux manifestations du Printemps arabe en 2011, le roi modifie la constitution. Le nouveau texte l'oblige à nommer comme Chef du Gouvernement le leader du premier parti politique arrivé aux législatives. Le mouvement islamiste Parti justice et développement (PJD) remporte le scrutin. Les résultats d’Aziz Akhannouch lui permettent de conserver la confiance du roi et le portefeuille ministériel de l’agriculture. En août 2013, il reçoit temporairement un portefeuille ministériel de plus. Le Chef de Gouvernement Abdelilah Benkirane, lui confie le ministère de l'Économie et des Finances, suite à la démission de Nizar Baraka. Dans le même temps, Aziz Akhannouch continue de s’occuper des affaires du groupe Akwa, mais « à titre consultatif ». En 2014, il fait son entrée dans le top 20 des Africains les plus fortunés. Son bilan à la tête du ministère de l’agriculture devient plus mitigé, mais le roi lui fait confiance et veut lui confier une mission spéciale, déloger le PJD de la position de principale formation politique du pays.

Une OPA hostile sur un gouvernement dominé par les islamistes depuis 2011

Il faut rappeler qu’en 2011, la flamme du Printemps arabe était essentiellement portée par les mouvements islamistes. Ces derniers ont joué des rôles importants dans les renversements de Ben Ali, en Tunisie, Hosni Mubarak, en Égypte, et Muammar Gaddafi en Libye. Sentant le danger venir, Mohammed VI s’était résolu à modifier la constitution, en plus de limoger le gouvernement et de dissoudre le parlement. Les premiers changements au Maroc n’avaient pas suffi au PJD, qui était tout de même parvenu à réduire constitutionnellement les pouvoirs du roi. Le monarque avait les mains liées face à la montée du mouvement islamiste, très populaire, qu’il ne pouvait contrecarrer sans passer pour un anti démocratique. Il fallait alors faire tomber le PJD de son piédestal sans faire de vagues. Une mission remplie avec brio par Aziz Akhannouch. 

Le monarque avait les mains liées face à la montée du mouvement islamiste, très populaire, qu’il ne pouvait contrecarrer sans passer pour un anti démocratique. Il fallait alors faire tomber le PJD de son piédestal sans faire de vagues. Une mission remplie avec brio par Aziz Akhannouch. 

Proche du roi au point de l’inviter à rompre le jeun chez lui, l’homme d’affaires marocain a toute la confiance de Mohammed VI. Lorsqu’il devient président du Rassemblement National d’Indépendants (RNI), un parti du centre proche du roi, tout est en place pour qu’il aide le roi à retirer l’épine qui limite sensiblement son pouvoir. Moins populaire à cause de son incapacité à tenir ses promesses concernant l’amélioration des conditions de vie de la population, le PJD est complètement discrédité lorsque le Maroc normalise ses relations avec Israël. Grand défenseur de la Palestine, le PJD est vu comme inutile par une population pour qui le parti semble ne plus avoir aucune influence. 

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Au-delà de toute attente, Aziz Akhannouch et le RNI réussissent. 

Alors, au-delà de toute attente, Aziz Akhannouch et le RNI réussissent, au terme des législatives du 8 septembre 2021, à les battre en remportant 102 des 395 sièges, contre seulement 13 pour le PJD. Le parti islamiste en affichait 125 avant le scrutin. L’OPA politique d’Aziz Akhannouch, commanditée par le roi, est un succès et constitue un nouveau coup de pelle dans un trou qui commence à prendre des allures de tombe pour l’Islamisme au Maghreb.

Il faut rappeler qu’en Tunisie, le président Kaïs Saïed, a décrété, le 25 juillet dernier, l’état d’exception. Cela lui a permis de révoquer le premier ministre Hichem Mechichi et de suspendre le Parlement, réduisant les positions de pouvoir du parti islamiste Ennahda, premier parti à l’Assemblée.

Servan Ahougnon

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Servan AHOUGNON

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