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En visite au Maroc, terre d’islam, le pape François et Mohammed VI « construisent des ponts pour la paix et le dialogue »

En visite au Maroc, terre d’islam, le pape François et Mohammed VI « construisent des ponts pour la paix et le dialogue »
  • Date de création: 01 avril 2019 18:49

(Agence Ecofin) - A l’invitation du roi Mohammed VI, le pape François a effectué une visite officielle au Maroc les 30 et 31 mars. Au cœur des échanges entre les deux souverains, le dialogue interreligieux, la paix et les migrations. Des défis mondiaux de l’heure que le pape François et Mohammed VI ont mis en exergue à travers plusieurs initiatives et activités qui confortent la place du Royaume comme terre d’islam tolérant et aussi d’ouverture.

 « Ma visite au Maroc m’a permis de parler de ce qui me touche au cœur : la paix, l’unité, la fraternité », c’est par ce message qu’il a livré dans son avion qui le ramenait à Rome, que le Pape François a apprécié sa visite au Maroc, le samedi 30 et dimanche 31 mars. A l’invitation du roi Mohammed VI, le souverain pontife est arrivée samedi dans la soirée, sous une pluie battante, à Rabat la capitale, où il a été accueilli en grande pompe par les officiels mais aussi des milliers de Marocains qui se massés sur le parcours du cortège royal pour acclamer le pape François. Sur l’esplanade Hassan, située près du mausolée Mohammed V, où des milliers d’invités ont été réunis pour la circonstance, Mohammed VI et le pape François, ont livré chacun un message dans lequel ils ont contextualisé le sens de cette visite, la première d’un pape au Maroc depuis celle de Jean-Paul II en 1985 à Casablanca. « Je suis heureux de fouler le sol de ce pays riche de beautés naturelles multiformes, gardien de vestiges de civilisations antiques et témoin d’une histoire fascinante », a déclaré le souverain pontife, qui a tenu à exprimer « sa sincère et cordiale gratitude à Sa Majesté Mohammed VI, pour son aimable invitation et pour le chaleureux accueil qu’au nom de tout le peuple marocain, il m’a réservé tout à l’heure, en particulier pour les aimables paroles qu’il m’a adressées ». Pour le Pape François, qui a rappelé la rencontre historique au Maroc, il y a 800 ans, entre saint François d’Assise et le Sultan al-Malik al-Kamil, cette gratitude se transforme en une importante opportunité pour promouvoir le dialogue interreligieux et la connaissance réciproque entre les fidèles des deux religions. « Ici sur cette terre, pont naturel entre l’Afrique et l’Europe, je souhaite redire la nécessité d’unir nos efforts, pour donner une nouvelle impulsion à la construction d’un monde plus solidaire, plus engagé dans l’effort honnête, courageux et indispensable d’un dialogue respectueux des richesses et des spécificités de chaque peuple et de chaque personne », a poursuivi le Pape pour qui, « c’est là un défi que nous sommes tous appelés à relever, surtout en ce temps où on risque de faire des différences et de la méconnaissance réciproque des motifs de rivalité et de désagrégation ».

Des réponses aux défis de la communauté des croyants

Evoquant la visite du souverain pontife, le roi Mohammed VI a indiqué qu’elle s’inscrit d’abord dans la continuité des relations établies depuis longtemps entre le Maroc et le Vatican. « La visite de votre sainteté au Maroc intervient dans un contexte de défis pour la communauté des Nations, la communauté de tous les croyants », a poursuivi le souverain marocain qui a insisté sur la nécessité de « combattre des maux d’un autre âge qui se nourrissent de la trahison et de l’instrumentalisation du Message divin en prônant le déni de l’Autre et autres théories scélérates ». Dans son discours, Mohammed VI a réitéré que dans ce monde en quête de repères, « le Royaume du Maroc n’a jamais cessé de clamer, d’enseigner et de vivre au quotidien la Fraternité des fils d’Abraham, pilier fondateur de la très riche diversité de la civilisation marocaine ». Le roi Mohammed VI a souligné par la suite que l’union de tous les Marocains, par-delà les confessions, en est un exemple éloquent, et « cette symbiose est notre réalité », citant comme exemple les mosquées, les églises et des synagogues qui, depuis toujours, se côtoient dans les villes du Royaume. « En tant que Commandeur des Croyants, Je ne peux parler de Terre d’Islam, comme si n’y vivaient que des musulmans. Je veille, effectivement, au libre exercice des religions du Livre et Je le garantis. Je protège les juifs marocains et les chrétiens d’autres pays qui vivent au Maroc », a assuré le roi du Maroc devant son hôte du jour.

L’appel d’Al Qods, un plaidoyer pour la coexistence pacifique

Peu après cette cérémonie officielle d’accueil, le pape François et Mohammed VI ont co-signé une déclaration commune, « l’Appel d’Al Qods », dans lequel ils ont plaidé pour la préservation du caractère multi-religieux de la ville sainte de Jérusalem. «Nous pensons important de préserver la Ville sainte de Jérusalem / Al Qods Acharif comme patrimoine commun de l'humanité et, par-dessus tout pour les fidèles des trois religions monothéistes, comme lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique, où se cultivent le respect réciproque et le dialogue», lit-on dans le message des deux chefs d'Etat dont lecture a été donnée en arabe et en italien. Dans ce but, Mohammed VI et le pape François, ont plaidé pour que soit conservés et promus, « le caractère spécifique multi-religieux, la dimension spirituelle et l'identité particulière de Jérusalem / Al Qods Acharif».

Le souverain pontife, accompagné du roi Mohammed VI, s’est par la suite rendu à l’Institut Mohammed VI de formation des Imams, prédicateurs et prédicatrices de Rabat, un établissement créé en 2015 et qui accueille et forme près de 1500 pensionnaires venus des pays d’Afrique et d’Europe. L’occasion pour les deux souverains d’apprécier cette initiative royale qui s’inscrit dans le cadre des engagements de Mohammed VI à protéger la religion. Dans la présentation qu’il a faite à cette occasion, le ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a souligné que depuis son accession au Trône, le roi Mohammed VI a procédé à des réformes structurantes et introduit une dynamique de concordance entre les cadres institutionnels de gestion moderne et les finalités de la religion sous différents aspects. « Cette distinction fait que certaines problématiques majeures que rencontre la gestion de l’Islam ailleurs trouvent leurs solutions dans le contexte de la commanderie des croyants », a indiqué Ahmed Toufiq dont l’allocution a été suivie par le témoignage de deux pensionnaires de l’Institut. La visite a été couronnée par une prestation de l’Orchestre philarmonique du Maroc (OPM), qui a interprété un riche répertoire composé de mélange de musiques religieuses à travers les influences culturelles et les différents courants religieux, et prônant un appel au dialogue, au vivre-ensemble et à l'entente mutuelle, pour que les conflits qui assaillent l’humanité, cèdent la place à l'union et à la concorde.

La promotion humaine pour une immigration sûre et controlée

Le chef de l’église catholique qui a eu auparavant un entretien en tête à tête avec Mohammed VI au Palais royal de Rabat, a aussi consacré son premier voyage au Maroc à une visite dans un centre de la Caritas (Secours catholique) où il a rencontré des migrants en faveur de qui il a plaidé pour « une immigration sûre, ordonnée et régulière ». Plaidant pour la mise en œuvre concrète et efficiente du Pacte de Marrakech sur la migration, signée en décembre dernier, le Pape François a estimé que « les sociétés d'accueil seront enrichies si elles savent valoriser au mieux la contribution des migrants en prévenant tout type de discrimination et tout sentiment xénophobe ». Pour le pape, «la promotion humaine des migrants et de leurs familles commence aussi par les communautés d'origine, là où il doit être garanti, avec le droit d'émigrer, celui de ne pas être contraints à émigrer, c'est-à-dire le droit de trouver dans sa patrie des conditions qui permettent une vie digne ». Des propos qui viennent en écho à ceux tenus par le roi Mohammed VI qui, dans son discours de bienvenue a dit partager avec le Pape, « la conviction d’une spiritualité agissante, au service du bien commun ». « La spiritualité n’est pas une fin en soi. Notre foi se traduit en actions concrètes. Elle nous apprend à aimer notre prochain. Elle nous apprend à l’aider », a insisté le roi qui a souligné que c’est pour cette raison, qu’il fait de son règne « un témoignage de proximité, au chevet des plus pauvres et des plus vulnérables ». Le souverain marocain à expliquer que c’est là l’esprit de l’Initiative Nationale de Développement Humain (INDH) lancée il y a 14 ans, afin d’améliorer la vie des personnes vulnérables, mais aussi, « c’est là également la philosophie de la politique d’immigration et d’asile que Nous avons mise en place, et que nous voulons, avant tout, solidaire ».

Au second jour de sa visite, le Pape François s’est rendu à Témara, à la périphérie de la capitale, où il rencontré des bénévoles du centre des œuvres sociales, gérés par des religieuses espagnoles, avant de s’entretenir avec les prêtres, les consacrés et les membres du Conseil œcuménique des Eglises à la Cathédrale Saint Pierre de Rabat. Durant une cérémonie solennelle empreinte d’émotion le Pape François s’est entretenu avec Jean-Pierre Schumacher, le dernier survivant de la communauté des moines de Tibhirine en Algérie, et qui, à 94 ans, réside actuellement au monastère Notre-Dame de l'Atlas, à Midelt, dans le nord du Maroc. Dans la soirée et avant de prendre son avion pour Rome, le chef du Vatican a présidé une gigantesque messe au Complexe Moulay Abdelallah de Rabat, où devant près de 10 000 personnes, il a prononcé une homélie dans laquelle il a fustigé « les divisions, les affrontements, l'agressivité, les conflits et les conditions inhumaines », que vivent des peuples et des communautés partout dans le monde.  « Les situations qui peuvent nous conduire à nous affronter et à nous diviser sont indiscutables. Nous ne pouvons pas le nier. La tentation de croire en la haine et en la vengeance comme moyens légitimes d’assurer la justice de manière rapide et efficace, nous menace toujours », a professé le pape François, qui a également plaidé pour la « fraternité et la dignité humaine ».

Au Maroc, des ponts pour l’humanité

Au terme de ses deux jours de visite qui ont été marqués par d’intenses activités, le pape François est reparti satisfait de son séjour en terre chérifienne, qui lui a donné l’image d’une « belle fleur de coexistence ». Dans la conférence de presse qu’il a tenue au cours de son retour à Rome, il a appelé à persévérer sur cette voie et à transcender les difficultés « qui existent malheureusement parce qu’il y a des groupes intransigeants ». En ce sens, le Pape François a mis en exergue, les vertus du dialogue et de l’ouverture envers l’Autre qu’il a constatés dans le Royaume. «Nous avons vu dans le dialogue avec vous au Maroc qu’il faut des ponts », a expressément souligné le souverain pontife qui, en guise de reconnaissance, a conclu son message par une adresse qui conforte le royaume dans sa dynamique de promotion d’un islam tolérant et d’un dialogue interreligieux pour  plus d’ouverture entre les peuples, ainsi que le salut de l’humanité qui en est la finalité. « Le pont est pour la communication humaine.  C’est très beau et je l’ai vu ici au Maroc », a conclu le pape François pour magnifier l’épilogue de sa visite qui a été massivement suivie de par le monde, comme témoignage d’un dialogue de culture.


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