(Agence Ecofin) - L’Afrique devrait perdre 4,5 millions d'emplois en 2020 dans l'aviation et les secteurs liés, soit 65% des travailleurs de l’industrie, indique l’IATA. La fermeture des frontières ou l’imposition de mesures telles que les quarantaines, actuellement en vigueur dans 22 pays africains, inhibe tout effort de relance.
L'Association du transport aérien international (IATA) s’alarme de l’impact croissant des dommages causés à l'industrie aéronautique africaine et aux économies par la fermeture du trafic aérien, en raison de la pandémie de la Covid-19. Dans une nouvelle étude publiée le 1er octobre par Air Transport Action Group dont l’IATA est membre, il ressort que 4,5 millions d'emplois seront perdus sur le continent en 2020. C'est bien plus de la moitié des 7,7 millions de postes de travail liés à l'aviation en Afrique.
Dans le transport aérien en particulier, c’est 172 000 travailleurs qui se retrouveront au chômage. Il s’agit précisément des employés des compagnies aériennes, exploitants d'aéroports, autres membres du personnel aéroportuaire et aérospatiale civile, et fournisseurs de services de navigation aérienne. Cela représente environ 40% des 440 000 emplois du secteur.
Sur le plan économique, le produit intérieur brut (PIB) du continent, soutenu par l'aviation, sera amputé de 37 milliards de dollars en 2020. Soit une contraction importante de 58% par rapport à celui d’avant pandémie.
« Les gouvernements doivent faire tout leur possible pour reconnecter le continent en toute sécurité. Le fait de maintenir les frontières fermées ou d'imposer des mesures telles que des quarantaines, qui découragent les voyages aériens, entraînera la perte de beaucoup plus de moyens de subsistance, une nouvelle contraction économique, ainsi que des difficultés et la pauvreté », affirme Muhammad Albakri (photo), le vice-président régional de l'IATA pour l'Afrique et le Moyen-Orient.
Actuellement, 31 pays africains ont rouvert leurs frontières aux vols régionaux et internationaux. Cependant, dans 22 d’entre eux, les passagers sont toujours soumis à une quarantaine obligatoire de 14 jours. Cette mesure dissuade certains de voyager. C’est la raison pour laquelle l'IATA recommande sa levée, au profit d’un test systématique des passagers avant le départ.
Romuald Ngueyap
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