Muhammadu Buhari : trois ans après, le bilan

Muhammadu Buhari : trois ans après, le bilan

(Ecofin Hebdo) - A son arrivée au pouvoir en 2015 après des élections présidentielles remportées face à l’ancien président Goodluck Jonathan, Muhammadu Buhari hérite d’un pays marqué par une situation sécuritaire très inquiétante, une administration gangrénée par la corruption et une économie chancelante, caractérisée par de forts taux de chômage et d’inflation. C’est d’ailleurs sur ces points que s’axera son plan de gouvernance, avec un accent particulier mis sur la sécurité, la lutte contre la corruption et la diversification de l’économie.

Trois ans après son arrivée au pouvoir et à quelques mois des élections présidentielles prévues pour l’année prochaine, le bilan du président Buhari se révèle très mitigé en ce qui concerne la réalisation de ses promesses électorales, mais reste surtout marqué par ses récurrents problèmes de santé.

En effet dès janvier 2017, le nouveau président élu il y a à peine 2 ans, quitte son pays pour des raisons de santé, afin de se faire soigner en Grande-Bretagne. Les rumeurs faisant état de son décès le pousseront à revenir au pays le 10 mars et à reprendre le pouvoir trois jours plus tard. Cependant, ce retour au bercail ne sera que provisoire, car moins de deux mois plus tard, il sera de nouveau hospitalisé à Londres, laissant de nouveau le pouvoir entre les mains de son vice-président Yemi Osibanjo. Cette fois-ci, des manifestations dans le Sud du pays le pousseront à écourter son séjour médical et à revenir dans son pays le 19 août.

Si l’état de santé de l’ancien militaire de 75 ans risque encore de soulever des remous au sein de l’opinion publique, c’est surtout sur le bilan de sa politique économique que se poseront les regards à l’orée des prochaines élections présidentielles de 2019. Son action sera jugée aux résultats de la lutte contre la corruption, promis par le candidat pendant sa campagne en 2015.

 

L’incorruptible Muhammadu Buhari ?

Tout le long de la campagne électorale qui le portera au pouvoir le 28 mars 2015, le candidat Muhammadu Buhari aura essentiellement promis sécurité et lutte contre la corruption surtout dans le secteur pétrolier, principal pourvoyeur de devises pour le Nigéria. Pour Buhari, il faut « nettoyer » le secteur.

En effet, le nouveau président arrive aux affaires dans un contexte marqué par plusieurs scandales de corruption qui ébranlent la NNPC, la société publique du pétrole, des membres du régime précédent, mais aussi des sociétés privées indigènes et internationales. Si les dégâts n’ont pas encore été chiffrés, des dizaines de milliards de dollars ont déjà été évoqués par la Nigeria Extractive Industries Transparency Initiative (NEITI).

 Ibrahim Magu

Mr Anti-Corruption : « Si vous ne tuez pas la corruption, la corruption tuera le Nigeria »

D’entrée, Muhammadu Buhari cherchera à poursuivre les personnes coupables de malversations, dont beaucoup ont fait partie de l’administration Jonathan. Il donne plus de pouvoirs à la Commission nigériane contre les délits économiques et financiers (EFCC), y nomme Ibrahim Mustafa Magu, ancien officier de police, redouté pour ses méthodes de shérif et surtout désavoué par le Sénat. Dans une interview accordée au journal Le Monde, l’homme qui est surnommé ‘’Mr Anti-Corruption’’ a déclaré : « Si vous ne tuez pas la corruption, la corruption tuera le Nigeria (…) Rien à faire de qui tu es, que je te connaisse ou pas. Si la corruption est avérée, on t’emmène devant la justice ». Le décor est ainsi planté.

 

Des fraudeurs à la pelle

Un an après le début de la lutte anti-corruption, plus de 300 sociétés et personnalités publiques seront inculpées pour corruption dans le secteur.

Parmi ceux-ci, on compte, l’ancienne ministre du pétrole, Alison Madueke, interpellée à Londres en octobre 2015. Entre cette date et octobre 2017, avec l’aide de l’EFCC, la Haute Cour fédérale de Lagos ordonnera la saisie de quatre propriétés d’une valeur de 7 millions de dollars. Aussi, une villa située dans le quartier chic de Banana Island à Lagos d’une valeur de 37 millions de dollars, cinq propriétés de luxe à Londres et un appartement d’une valeur de 50 millions de dollars à New York, tous appartenant à l’ex-responsable ont-ils été saisis. Avec les sommes détournées, Diezani Alison-Madueke aurait acquis un parc immobilier d’environ 500 millions de dollars.

Avec les sommes détournées, Diezani Alison-Madueke aurait acquis un parc immobilier d’environ 500 millions de dollars.

Comme elle, d’autres personnalités comme le magnat du pétrole Jide Omokore qui était surtout un proche du président Jonathan, seront arrêtés. Il reconnaîtra d’ailleurs très vite avoir reçu illégalement des participations majoritaires (55%) dans deux blocs pétroliers lucratifs (OML 30 et 34) pour un peu plus de 50 millions de dollars chacun.

Plusieurs personnes reconnues coupables de corruption ont versé sur le compte du trésor des sommes non encore déclarées. La commission décidera donc aussi d’enquêter sur le limogeage de Lamido Sanusi, l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigéria. Le financier avait été démis de ses fonctions, juste après avoir révélé en 2014, la disparition de 20 milliards de dollars des caisses de la NNPC entre janvier 2012 et juillet 2013.

Selon un rapport de la NEITI, entre 2014 et 2015, les revenus du secteur ont chuté de 55% alors que la production n’a baissé que de 2,7%. Des enquêtes sont toujours en cours pour expliquer ce gap.

En plus du durcissement des mesures anti-corruption dans le pays, une opération de récupération de plusieurs fonds détournés sous les régimes précédents, a été mise en œuvre. A cet effet, plusieurs accords de rapatriement de fonds détournés ont été conclus par le gouvernement Buhari et plusieurs pays, dont les plus récents concernent 321 millions $ détournés en Suisse par l’ex-dictateur Sani Abacha et 500 autres millions $ détournés en France, au Royaume-Uni ainsi qu’aux USA notamment.

Marquée par une stratégie visant à restaurer la confiance des investisseurs et des acteurs économiques nationaux, le plan de gouvernance du président Buhari s’est également porté sur le redressement d’un secteur pétrolier majoritairement pourvoyeur de revenus pour l’économie nationale.

 

La gestion de la crise du secteur pétrolier

Si le secteur pétrolier nigérian au centre de la politique économique du président Buhari, c’est parce qu’il représente 80% des exportations et 70% des recettes budgétaires. Cependant en raison de la crise qui secoue le secteur, en 2016, il n’a compté que pour 10% du PIB au lieu de plus de 15% normalement, avec une inflation de 17%.

En effet, entre janvier 2016 et novembre 2017, le groupe de militants armés Niger Delta Avengers (NDA) attaque les installations de production de pétrole et détruit des pipelines dans le delta du Niger, le principal bassin pétrolier du pays, qui génère 70% de l’offre nigériane. Ils revendiquent une meilleure redistribution de la manne pétrolière, exhibant la pauvreté de la région, qui est l’une des plus pauvres du Nigéria. « C’est grâce au Delta que le Nigéria est ce qu’il est. Nous méritons plus qu’on ne nous offre. », déclarait le groupe dans un communiqué, publié en février 2016.

Les attaques du groupe conduiront notamment à la suspension du la production sur de nombreux site, entraînant une chute de 2,4 mbj à 1,3 mbj de la production au second trimestre de 2016. Une situation qui a permis à l’Angola, de passer premier producteur africain de pétrole devant le Nigéria, en juillet 2016.

Des négociations démarreront aussitôt et permettront la fin des sabotages en août 2016. Cependant, même si la production peut reprendre, la chute des prix du pétrole qui a commencé mi-2014, a affaiblit les recettes publiques et paralysé le financement du budget.

Désormais, le pays membre de l’OPEP travaille à profiter de la hausse des prix du pétrole pour rééquilibrer ses recettes et relancer l’économie.

 

L’agriculture à nouveau au cœur de la politique économique

Au Nigéria, le secteur agricole reste l’un des principaux piliers de l’économie malgré la place prépondérante des hydrocarbures. Il fournit environ ¼ du PIB du pays et occupe 22% de la population active. Avec l’avènement de Muhammadu Buhari, le 25 mai 2015, le secteur agricole a été remis sur le devant de la scène.

Du point de vue global, le gouvernement a augmenté le budget consacré à l’agriculture de 76,7 milliards nairas en 2016 au niveau record de 119 milliards de nairas en 2018.

Il a également lancé plusieurs initiatives avec pour leitmotiv d’augmenter la production, réduire la facture des importations et améliorer les conditions de vie des producteurs.

Concernant la filière riz, l’Etat s’est fixé pour objectif en 2016, d’atteindre l’autosuffisance en 2018/2019 et a durci en conséquences, les importations avec des droits s’élevant jusqu’à 60%. Il a également poussé la Banque centrale (CBN) à prêter aux opérateurs de la filière à travers le programme intitulé « Anchor Borrower Scheme », lancé durant le dernier trimestre 2016.

2 ans plus tard, l’objectif d’une autonomie en riz reste toujours hors de portée, malgré les énormes potentialités et la diversité climatique dont jouit le pays.

Le Nigeria demeure le second plus gros importateur de riz de la planète derrière la Chine avec un volume de 2,5 millions de tonnes en 2017.

2 ans plus tard, l’objectif d’une autonomie en riz reste toujours hors de portée, malgré les énormes potentialités et la diversité climatique dont jouit le pays.

Et si d’après l’USDA, le Nigéria a enregistré une production à 3,7 millions de tonnes de riz durant la même année, il s’agirait plutôt, pour les analystes d’un trompe-l’œil. Et pour cause, la politique protectionniste alimente un flux important de contrebande de riz avec le Bénin dont les droits de douane sont nettement moins élevés.

D’après Bloomberg, la majeure partie des cargaisons de riz provenant de Thaïlande et d’Inde et à destination du Nigéria est débarquée au Port de Cotonou et ensuite convoyée vers le géant ouest-africain à travers la frontière.

S’agissant du sucre, les investissements étrangers tardent à répondre aux appels du gouvernement qui a déployé de nombreuses initiatives en faveur de l’industrie dont une réduction de moitié sur les importations de sucre brut. La production stagne à 80 000 tonnes et le pays consacre environ 100 millions $ aux importations par an.

Dans la filière cacao, le pays traine toujours à la 6ème place mondial et la production reste stagnante du fait du verger vieillissant, des aléas climatiques et de la faible implication de l’Etat. Même si l’Association cacaoyère du Nigéria espère dynamiser le sous-secteur grâce à un nouveau plan d’action décennal proposé au gouvernement.

Pour ce qui est du blé, l’heure est également au statu quo. La culture de la céréale reste handicapée par le faible accès aux intrants et leur coût élevé en raison de la suppression du soutien aux cultures stratégiques par le gouvernement de Muhammadu Buhari sur fond de baisse de devises. De plus, l’activité de production reste compromise par la crise sécuritaire liée à Boko Haram dans certaines zones du pays. Le volume de la production tourne autour de 60 000 tonnes par an et les importations ont atteint 4,6 millions de tonnes en 2017.

 

Un bilan énergétique peu satisfaisant

Le secteur électrique nigérian, depuis l’avènement du régime Buhari, a subi les conséquences d’un manque de coordination dans les solutions proposées pour son rétablissement. En effet, si des mesures ont été prises pour augmenter la production électrique nationale et la faire passer à 7000 MW, le pays perd actuellement près du tiers de sa production en raison du manque d’infrastructures de transport. Le réseau électrique n’a la capacité de transporter que 5000 MW.

En effet, si des mesures ont été prises pour augmenter la production électrique nationale et la faire passer à 7000 MW, le pays perd actuellement près du tiers de sa production en raison du manque d’infrastructures de transport. Le réseau électrique n’a la capacité de transporter que 5000 MW.

En outre, les difficultés sporadiques dues aux difficultés d’approvisionnement en gaz, à la surcharge du réseau électrique national, au manque de disponibilité en eau dans certaines centrales et au vandalisme, font régulièrement stagner la fourniture électrique à environ 3500 MW. Une situation qui oblige le pays à dépenser chaque mois, plus de 66 millions $ en importation d’hydrocarbure pour l’alimentation de groupes électrogènes. Dans l’ensemble, ces situation ont coûté 300 millions $ au réseau électrique national au cours des six derniers mois.

A ces problèmes, il faut ajouter les difficultés financières du secteur avec un endettement des producteurs d’électricité, notamment à cause des sommes dues par les distributeurs. Des distributeurs eux-mêmes ne jouissent pas d’une meilleure santé financière et sollicitent régulièrement une augmentation du tarif électrique de plus de 60% que les autorités rejettent et subordonnent à l’équipement des clients en compteurs prépayés.

Face à ces défis, le gouvernement qui avait promis de faire passer la capacité disponible du pays de 5000 MW en 2016 à 10 000 MW en 2019, prend des dispositions. Des infrastructures de transport sont en effet en construction afin de permettre la distribution de l’ensemble de la production électrique. L’exécutif prévoit dans ce cadre de faire passer la capacité de transport du pays à 10 000 MW d’ici à 2020 et à 15 000 MW dès 2025.

Une réglementation a également été introduite par le régulateur afin de permettre aux consommateurs qui en ont les moyens de s’approvisionner directement auprès des producteurs d’électricité, sans avoir à passer par les distributeurs.

En outre, le Nigeria prévoit de réduire sa dépendance au gaz et à l’hydroélectricité en intégrant d’autres sources d’énergies telles que le solaire et le nucléaire dans son mix énergétique.

Des modifications seront également introduites dans le processus de privatisation du secteur électrique. En dehors de l’audit des différentes parties prenantes qui sera bientôt réalisée, le pays envisage d’intégrer dans le secteur d’autres acteurs qui seront capables d’apporter des ressources financières supplémentaires, ainsi que de l’expertise technique. Si elle est validée, cette insertion se fera en réduisant les parts des entités privées déjà impliquées dans le secteur et en redistribuant ces parts aux nouveaux entrants.

En attendant la mise en œuvre de l’ensemble de ces mesures, la faible consommation électrique du pays, environ 300 KWh par habitant, combinée à la faible alphabétisation des adultes, constituent un frein à l’industrialisation du pays. Autant de choses qui ont conduit l’Etat de Lagos à vouloir mettre en place son propre résau électrique en s’appuyant sur les producteurs indépendants d’énergie.

 

Un nouvel élan impulsé au secteur minier

Globalement, le secteur minier nigérian est sous-exploité. Le pays possède de nombreux gisements inexploités de 44 minéraux dont l’or, le minerai de fer, le charbon, l’étain, le zinc répartis sur plus de 500 sites. Avec le succès qu’a connu son industrie pétrolière, le pays ne s’est pas beaucoup intéressé à son secteur minier. Son environnement n’attire pas les investisseurs étrangers.

Il faudra attendre la chute des cours du pétrole et la perte de sa place de première économie africaine en 2016 pour voir les premières grandes actions de l’Etat dans ce secteur. Un visage symbolise ce regain d’intérêt, Kayode Fayemi, le ministre des mines du gouvernement Buhari. Ce dernier a multiplié les sorties, pour promouvoir les mines nigérianes et essayer d’attirer des investissements.

L’Etat a ainsi annoncé son objectif de créer un cadre propice aux investissements dans le secteur, ce qui impliquera le renforcement de la politique minière, la réglementation de l’exploitation artisanale à petite échelle. Sa quête d’investissement a un but, diversifier son économie en augmentant, dans les prochaines années, la contribution du secteur minier au PIB, actuellement de 1%, à 8% d’ici 2020.

Pour le moment, deux principales compagnies minières étrangères opèrent au Nigéria. D’une part, Thor Explorations est présente sur le projet aurifère Segilola, d’une valeur de 71,4 millions $ qui héberge des réserves de 448 000 onces d’or, exploitables sur 7 ans selon une étude réalisée en septembre 2017. D’autre part, Kogi Iron opère sur le projet de minerai de fer Agbaja, qui contiendrait, selon une évaluation datant de 2014, des réserves de 205 millions de tonnes titrant 45,7% de fer.

 

Des indicateurs macroéconomiques peu reluisants

Avec les mesures de diversification des sources revenus du pays, conjuguées à une reprise des exportations pétrolières, ainsi qu’à la réduction de la part des importations dans la balance commerciale, l’économie nigériane a montré quelques points positifs. Ainsi, les réserves de change du pays se sont améliorées pour atteindre un montant de plus de 47 milliards $, à la mi-mai 2018, contre environ 32 milliards $ selon les estimations de juillet 2015. Au premier trimestre 2018, l’économie nigériane aurait enregistré près de 6 milliards $ d’entrées de capitaux, témoignant d’une reprise de confiance des investisseurs dans la première économie d’Afrique.

Pourtant, ces mesures n’auront pas eu un réel impact sur l’amélioration des indicateurs macroéconomiques du pays. Selon les données du FMI, le taux d’inflation du pays se situerait aujourd’hui à 14%, contre un taux de 9% en 2015.

Malgré les tentatives de réformes impulsées par le gouvernement, l’économie nigériane reste très affaiblie (2,7% de croissance en 2015, -1,6% en 2016 et 1% en 2017 selon la Banque mondiale), à cause notamment des fluctuations des cours du pétrole. De plus, les prêts contractés par le gouvernement ont fait grimper la dette publique brute du pays, de 44% du PIB, à 51% en 2018, d’après le FMI.

 Lagos

2,7% de croissance en 2015, -1,6% en 2016 et 1% en 2017 selon la Banque mondiale.

Si les autorités ont annoncé plusieurs grands chantiers d’infrastructures visant à diversifier les sources de revenus de l’économie, grâce notamment au transport et au commerce, l’impact réel de ces mesures sur l’économie nationale ainsi que sur la population, continue de se faire attendre.

Quant aux chiffres du chômage dans le pays, les résultats restent décevants. Le taux de chômage du Nigéria a continué à monter pour atteindre 18,8% selon les estimations de juillet 2017. Près de 40% de la population active du pays serait sous-employée ou au chômage, traduisant ainsi l’échec de la politique globale du président Buhari pour résorber un phénomène de plus en plus inquiétant.

Le taux de chômage du Nigéria a continué à monter pour atteindre 18,8% selon les estimations de juillet 2017. Près de 40% de la population active du pays serait sous-employée ou au chômage.

Cependant, si le bilan économique reste assez mitigé dans sa globalité, certains points positifs peuvent être mis à l’actif de la présidence Buhari.

 

Une lutte intensifiée contre Boko-Haram

Sur le plan sécuritaire, le principal défi du gouvernement sortant était celui relatif aux activités du groupe Boko-Haram dans le nord du pays. Si les attaques du groupe n’en ont pas pour autant été arrêtées, certains succès peuvent être attribués au gouvernement en place, tel que la libération des jeunes filles de Dapchi (kidnappées en février dernier). Ceci lui permettra d’éviter un « second Chibok », en référence aux plus de 200 lycéennes enlevées quatre ans auparavant sous le mandat de son prédécesseur, sans aucune réelle contre-offensive du gouvernement.

President Buhari

Des succès dans la lutte contre Boko Haram.

De plus, la dépossession de l’organisation terroriste, des territoires qu’elle contrôlait dans le nord du pays permettra au gouvernement Buhari de déclarer, qu’il avait réussi à « affaiblir techniquement » le groupe Boko Haram.

Ces résultats qui tranchent avec la passivité du régime précédent par rapport à la question, traduisent une réelle volonté politique de mettre fin aux exactions de la secte islamiste, tels que promis par le président Buhari lors de son élection en 2015. Un bon point.

Dossier réalisé par l’équipe de Systeme A

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