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Libye: le Parlement libyen suspend sa participation au dialogue parrainé par l'ONU

  • Date de création: 24 février 2015 13:37

(Agence Ecofin) - Le Parlement libyen reconnu par la communauté internationale a décidé, le 23 février, de suspendre sa participation au dialogue parrainé par l'ONU pour tenter de mettre fin au conflit qui déchire le pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi en octobre 2011.

L’organe législatif issu des élections de juin 2014 a précisé que cette décision intervient «après les attentats terroristes du vendredi 19 février à Al-Qoba (est)» qui ont fait plus de 40 morts et ont été revendiqués par la branche libyenne du groupe Etat islamique (EI). Le Parlement a aussi fait savoir qu’il expliquerait ultérieurement les raisons de cette décision.

S'exprimant sous couvert de l'anonymat, un député a cependant révélé que cette décision est motivée par la crainte de pressions de la part de la communauté internationale pour intégrer des islamistes dans un futur gouvernement d'union.

Un nouveau round de discussions était prévu le 26 février au Maroc, à l'invitation de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), entre représentants du Parlement élu et reconnu et ceux de son rival, le Congrès général national (CGN), le Parlement sortant qui a été réactivé par la coalition de milices islamistes de Fajr Libya (l’Aube de la Libye).

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Cet Etat pétrolier d’Afrique du Nord compte depuis juillet 2014 deux  parlements et deux gouvernements rivaux. Basé à Tripoli, le premier cabinet est proche des milices islamistes de Fajr Libya. Reconnu par la communauté internationale, le second gouvernement a été obligé de s’exiler à Tobrouk, dans l'extrême est de la Libye.

A l’issue d’un premier round de négociations tenu à Genève mi-février sous l'égide de l'ONU, les  deux camps avaient annoncé un cessez-le feu. L’ONU avait alors annoncé que les participants étaient parvenus à un accord sur un calendrier en vue de former un gouvernement d'union.

A Washington, la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki a affirmé le 23 février que les Etats-Unis continuaient de soutenir «avec force les efforts de l'ONU pour faciliter la formation d'un gouvernement d'union et trouver une solution politique à la crise» en Libye.

«Nous réitérons notre appel à toutes les parties concernées à participer au dialogue parrainé par l'ONU. Ceux qui choisissent de ne pas le faire s'excluent de négociations qui sont décisives pour combattre le terrorisme, comme pour rétablir la paix et la stabilité», a-t-elle dit.

Des groupes terroristes affiliés à la nébuleuse l’Etat islamique (EI), qui s'est emparé de larges pans du territoire syrien et irakien, ont étendu son champ d’action à la Libye, où ils multiplient les attentats-suicide et les exactions contre les militaires et les civils.

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