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Joseph Kabila n'accepte pas les «injonctions de l'étranger» en ce qui concerne l’organisation des élections

  • Date de création: 17 décembre 2014 16:33

(Agence Ecofin) - Le président congolais Joseph Kabila a annoncé, le 15 décembre,  qu’il est «prêt à recevoir les conseils et les suggestions de ses partenaires étrangers mais jamais des injonctions» pour ce qui est de l’organisation des élections. La République Démocratique du Congo est «un pays jaloux de son indépendance», a insisté M. Kabila dans un discours à la Nation devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès.

Selon lui, s’il devait y avoir une «crise politique, elle serait résolue par le  dialogue entre les Congolais eux-mêmes et non pas avec la communauté internationale».

Le discours du président congolais était très attendu alors qu'une élection présidentielle est normalement prévue en 2016 et que la question d’une révision de la Constitution qui permettrait au chef de l'Etat de briguer un nouveau mandat est abordée.

Selon certains observateurs, les déclarations de M. Kabila s’adressent notamment au président français François Hollande qui, lors du dernier sommet de la Francophonie, a rappelé l’importance de respecter les Constitutions africaines ainsi qu’au secrétaire d’Etat américain John Kerry et aux Etats-Unis qui font partie de ceux qui ont dit très clairement qu'ils voulaient voir Joseph Kabila se retirer du pouvoir à la fin de son mandat, en décembre 2016.

Dans son discours, le président congolais ne s’est pas positionné de façon catégorique sur l’organisation  élection présidentielle en 2016, comme prévu, ainsi que sur une éventuelle modification de la Constitution.

M. Kabila a toutefois réafirmé son attachement au respect de la Constitution. Il a également affirmé que les élections étaient « incontournables pour l’accès aux plus hautes charges de l’Etat », tout en appelant à ce que la Commission électorale (Céni) soit dotée des ressources nécessaires pour organiser les élections.

Mais pour l’opposition, ce n’est pas assez. «Cela n’a pas été dit avec suffisamment de fermeté et de détermination pour rassurer tout le monde que le chemin que nous sommes en train d’emprunter, aujourd’hui, va nous conduire au respect de la constitution. Cela méritait d’être dit. C’était l’occasion. Malheureusement, cela n’a pas été», a déclaré le député, Delly Sesanga, président du parti politique l’Envol, avant de souligner les craintes quant au le respect du calendrier électoral. «Nous avons toujours de inquiétudes sur le respect du calendrier et sur le fait qu’en 2016, une nouvelle Chambre et un nouveau chef de l’Etat soient réellement installés au terme d’élections régulières. Le fait que le président maintienne que toutes les élections doivent être organisées, y compris les élections locales, est un élément qui peut amener à faire glisser les calendriers», a prévenu Delly Sesanga.

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