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BOAD : « Nous avons beaucoup de financements... maintenant, cap sur tous les projets viables et bancables»

  • Date de création: 16 novembre 2018 18:50

(Agence Ecofin) - Les rideaux sont tombés sur le forum sur les énergies renouvelables, organisé par la Boad en marge de la célébration de ces 45 ans. Christian Adovelande revient sur le bilan des activités de la banque et les nouvelles orientations de son institution.

Togo First : 45 ans après sa création, quel bilan dressez-vous des actions de la Boad ?

Christian Adovelande : 45 ans pour nous, c'est d’abord 1030 projets financés pour un montant global de 5300 milliards FCFA. En termes de mobilisation de ressources, c’est plus de 3000 milliards mobilisés sur la période. Mieux, à peu près 1500 milliards ont été mobilisés sur les cinq dernières années.

Sur le plan de la mobilisation de ressources, la Boad sait très bien faire. Nous avons une coopération très forte avec la plupart des institutions qui intervient dans le climat, notamment les énergies renouvelables. J’ai parlé hier de notre accréditation avec le fonds vert, le fonds pour l’environnement mondial, et le fonds d’adaptation. Nous travaillons avec l'Union européenne et la Banque mondiale qui, est également très engagée dans le secteur. A la Boad, nous avons déjà amorcé la mobilisation des ressources comme on l’a signalé tout au long de ce forum. Plus encore aujourd’hui, nous devons jouer notre rôle de catalyseur pour justement drainer toutes ses ressources vers notre zone d’intégration. C’est pour vous dire qu’effectivement, c’est notre responsabilité et on le fera. Nous avons déjà mis en place tous les mécanismes qu’il faut pour jouer ce rôle et nous pensons que nous allons réussir avec tous les projets.

TF : A l’issue de cet anniversaire, est-ce que la Boad restera dans la continuité de ses orientations ou se fixe de nouveaux objectifs ?

CA : Vous savez, les défis sont toujours là. Tout en renforçant ce que nous faisons actuellement, nous iront vers d’autres horizons. Hier, j’ai beaucoup parlé de la finance climat. Il y a juste 7 ans que cette priorité s’est imposée à nous et nous avons mis en place toutes les réformes pour aller dans ce secteur. Mais, nous restons stratégiquement sur le financement des infrastructures, dans tous les domaines aussi bien publics que privés. 

La Boad est aussi active sur la question de la sécurité alimentaire. Nous allons poursuivre le renforcement de notre appui au secteur privé. Actuellement, nous sommes à 74% de financement en direction du secteur public et 26% en direction du secteur privé. Il y a urgence de renforcer notre action en direction du secteur privé, car de plus en plus, nos économies se portent vers le secteur privé notamment à travers la transformation des matières premières.

Ainsi, tout en consolidant ce que nous avons fait pendant 45 ans, allons-nous nous porter vers les nouveaux enjeux qui émergent et s’imposent à nous, notamment l’électrification rurale, l’énergie solaire et tout ce qui concerne l’environnement. 

TF : Le présent forum porte sur les énergies solaires. Un secteur dans lequel la banque espère faire des investissements dans les pays membres de l’Uemoa. Quelles sont les prévisions dans ce sens ?

CA : Pour parler de prévisions, il faut qu’on parle de ce que nous avons déjà fait. Nous avons rappelé dans notre communication que dans ce domaine des énergies renouvelables, nous sommes aujourd’hui à 18 projets pour un montant total de 185 milliards de FCFA. Mais c’est largement insuffisant par rapport aux besoins.

En termes de perspectives, autant les besoins sont illimités, autant notre action doit être illimitée. Tant que nous pouvons mobiliser des ressources, nous irons sur tous les projets qui vont se présenter à nous, naturellement les projets viables.

TF : Quelles sont les potentialités réelles des pays de l’Uemoa en matière d’énergie solaire ?

CA : Tous les experts nous ont affirmé hier que nous sommes la zone la plus exposée en matière d’ensoleillement donc il n’y a pas de raisons qu’on ne mette pas les moyens qu’il faut pour profiter de cette manne. Le Premier ministre a parlé dans son allocution de « don de Dieu ».

Donc je crois que c’est à nous de nous organiser pour utiliser tous les mécanismes modernes qui nous permettront d’aller vers ce secteur qui est l’avenir de notre continent, et qui dit l’avenir de notre continent dit l’avenir de la Boad elle-même. C’est un engagement que nous avons déjà pris depuis 5 ans et nous y travaillons. Ce qui explique d’ailleurs toutes les accréditations que nous sommes allés chercher auprès de ces différents fonds.

TF : Le ministre Wadagni vous a recommandé hier l’utilisation des instruments financiers innovants pour augmenter votre capacité à mobiliser du financement à des taux bas. Est-ce que cela vous a donné le cap ?

CA : Ce qu’il faut dire, c’est que nous avons déjà beaucoup de financements. Ces types de financements sont très variés. Maintenant, c’est de voir comment les adapter aux différents cas de projets qui se présentent à nous. Je viens de le dire dans mon discours de clôture, on a beaucoup d’argent. Les ressources financières ne sont pas un problème. Le problème est de trouver des projets viables, bancables.

C’est notre responsabilité d’accompagner nos cibles pour qu’elles puissent nous présenter ces genres de projet. Depuis toujours, nous avons été un peu plus en aval. Parce que nous sommes une institution financière, nous avons tendance à attendre que les projets viennent à nous. Il nous appartient aujourd’hui d’accompagner les porteurs de projets, de les encadrer, de leur apporter la compétence et le renforcement de capacités qui leur permettront de mieux formuler leurs projets. Je crois que ce sera le rôle que nous allons jouer de plus en plus, même si ce n’est pas notre rôle premier.

TF : La Boad entend consacrer 50 milliards FCFA à la question climatique par an. Est-ce que cela veut dire que les actions de la banque seront désormais en majorité axées sur les énergies renouvelables et la question du climat ?

Comme je le disais un peu plus tôt, nous allons consolider ce que nous faisions déjà, qui constitue des enjeux pour la sous-région. Il faut que nous réglions la question des transports, de la sécurité alimentaire, de l’appui au secteur privé. On continuera à le faire mais la question climatique est devenue une nouvelle préoccupation qu’il faut intégrer maintenant dans nos actions. Cela veut dire que, tout en restant sur notre positionnement stratégique d’avant, nous allons rajouter d’autres priorités. 

Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo.


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