Agence Ecofin
Yaoundé - Cotonou - Lomé - Dakar - Abidjan - Genève

BANNERS PUB 1200x100 ECOFIN Agro

Togo : Noel Bataka explique comment le Mécanisme Incitatif de Financement Agricole va injecter 650 milliards FCFA dans le secteur

  • Date de création: 23 octobre 2018 11:48

(Agence Ecofin) - Lancé le 25 juin dernier par Faure Gnassingbé, le MIFA est l’une des initiatives phares du Plan national de développement du Togo. Noël  Bataka, le coordonnateur chargé des chaînes de valeurs du MIFA en explique les tenants et les aboutissants

Togo First : C’est quoi le MIFA, pour les nuls ?

Noël Bataka (NoB) : Le Mifa, Mécanisme Incitatif de Financement Agricole, fondé sur le partage des risques, est un instrument mis en place par le gouvernement pour apporter des solutions concrètes aux acteurs et chaînes de valeur agricole. Le financement consiste à structurer le marché, organiser les différents acteurs le long des chaines de valeur dans les différents maillons, pour leur permettre de bénéficier des financements nécessaires, afin de fournir des produits en quantité et en qualité à des marchés structurés. Le Mifa apporte des réponses structurelles aux risques et différentes contraintes que les acteurs ont dans leurs activités agricoles et financières.

Togo First : Comment bénéficier du MIFA en tant qu’agriculteur et acteur de la chaîne agricole?

NoB : Il y a 4 catégories d’acteurs. Les premiers, les agrégateurs sont constitués des structures d’achat, de transformation, de consommation et de commercialisation de produits agricoles, aussi bien, au niveau national qu’international. En tant qu’acteur de cette catégorie, si vous avez un besoin en matières premières ciblées actuellement, qui sont le riz, le maïs ou le manioc, vous formulez la quantité recherchée et ses spécifications techniques, et le mécanisme vous met en relation avec des agriculteurs.

D’un autre côté, si vous n’avez pas de financement pour l’achat ou la transformation et que vous avez des garanties de marché, de commercialisation et d’écoulement avec des contrats fermes, le Mifa peut également vous accompagner auprès des Banques.

De la même façon, si vous êtes transformateur ou logisticien, le mécanisme peut vous appuyer tant que vous avez un contrat ferme. Et pour cela, vous devez présenter les preuves de ce marché, les garanties d’écoulement et de transport.

En ce qui concerne les agriculteurs qui sont la troisième catégorie d’acteurs, le Mifa les aide à s’organiser en groupement solidaires et ensuite en coopératives avec une évaluation plus précise de leurs besoins en intrants, en main d’œuvre, en mécanisation et en équipement agricole. L’objectif est de leur permettre de produire en quantité et en qualité, les produits que le marché ou un agrégateur aurait commandés. C’est ce contrat de marché qui est l’élément déclencheur de l’organisation des producteurs en vue de répondre à cette demande.

A partir de ce moment, les agriculteurs vont identifier des prestataires de services pour leurs fournisseurs qui constituent la 4ème catégorie d’acteurs. L’approvisionnement en intrants ou les prestations de services de ces derniers seront payées directement à partir d’un crédit initié par les banques.

Autour de ces 4 catégories d’acteurs, on a d’autres intervenants que constituent les assurances. Le rôle principal de l’assurance est d’apporter un produit spécifique pour couvrir le risque de sécheresse que connaît actuellement le secteur. Mais, elle couvre également, les maladies et les risques individuels des agriculteurs.

Outre les assurances, il y a les Banques. Et cela va de soi. Les banques ont pour principale mission, aussi bien le financement des agriculteurs que des autres maillons le long des chaînes de valeur agricole.

Togo First : ... Concrètement, quel est le contenu de cet accompagnement?

NoB : Le Mifa comme nous l’avons dit tantôt, identifie un acheteur, un acteur de marché, le met en relation avec les agriculteurs et accompagne toute la chaîne en ce qui concerne l’accès au crédit.

Par ailleurs, assiste-t-il techniquement les agriculteurs pour les amener à suivre les itinéraires techniques les plus adaptés, dans le but d’améliorer leur rendement.

Enfin, le Mifa accompagne les banques dans l’identification et la caractérisation des besoins du secteur agricole afin de mettre en place des produits financiers les plus innovants et les plus adaptés.

Togo First : En parlant des produits financiers, quels sont les instruments financiers que vous envisagez de mettre en place pour atteindre cet objectif qui est de relever le niveau de financement du secteur agricole.

NoB : L’ambition du gouvernement est d’amener le secteur bancaire à consacrer au moins 5% de son portefeuille de crédits au secteur agricole. En 2017 par exemple, les banques et le système de financement décentralisé n’allouaient au secteur que 0,2% de leur portefeuille de crédit. Pour renverser cette tendance, le mécanisme entend accompagner ces intermédiaires pour qu’ils mettent en place, des crédits de la manière la plus efficace possible.

Ce crédit est issu d’une évaluation que le mécanisme accompagne. Donc c’est du financement, mais à partir d’une caractérisation de besoins beaucoup plus affinés et beaucoup plus précis pour le banquier. Ce sont aussi des plans d’affaires que les banquiers financent et non juste des déclarations.

Enfin, le mécanisme de financement se fait en boucle, ce qui évite au maximum la manipulation de la liquidité. Ce qui fait que l’agriculteur, le transformateur ou même le logisticien, ne fait que faire payer le banquier pour les différentes prestations et acquisitions qu’il aura à faire, sans pouvoir affecter la liquidité reçue à d’autres projets personnels.

Togo First : On parle de 100 milliards d’investissement à terme. Comment comptez-vous mobiliser ces fonds?

NoB : Ces 100 milliards constituent en fait, un fonds d’amorçage. Qu’est-ce que cela signifie en réalité ? L’Etat, avec ses partenaires, va constituer un panier commun dans lequel, aussi bien les ressources publiques que les ressources privées vont être déposées. Ces ressources vont servir à amener les banques, par effet de levier, à financer par elles-mêmes le secteur agricole à travers des effets multiplicateurs allant de 5 à 10%. L’Etat, avec ses partenaires, en faisant le dépôt de ces 100 millions d’euros (65 milliards FCFA) que le Chef d’Etat a annoncé dans son discours du 27 avril, va amener les banques à financer le secteur agricole, sur leurs propres ressources jusqu’à 1 milliard d’euros, soit 650 milliards de FCFA d’ici 10 ans.

Togo First : Quel rôle le Mifa jouera-t-il dans le Plan national de Développement (PND) ?

NoB : L’axe 2 du Plan national de développement du Togo, focalise les investissements sur la transformation manufacturière et agricole.

Et parmi les instruments phares de cet axe 2, nous avons la mise en œuvre des agropoles et du Mifa. Il s’agit de faire en sorte que le mécanisme facilite l’accès au crédit et au financement pour les acteurs le long des chaînes de valeur, pour qu’ils développent les entreprises manufacturières, de production et de transformation à travers les agropoles.

Ainsi, le Mifa est une facilité que l’Etat met en place pour les opérateurs économiques privés afin de les aider à développer les chaînes de valeur agricoles, tel que prévu dans l’Axe 2 du Pnd.

Togo First : Après la phase pilote qui cible les filières riz, maïs et manioc, quelles seront les prochaines cultures ?

NoB : Pour bien maîtriser l’approche et stabiliser les outils (parce que le mécanisme fonctionne essentiellement sur la base de contrats et d’un certain nombre d’autres instruments), il est évident qu’il faut partir d’une phase assez simple. C’est pour cela que la phase pilote porte sur 3 filières : maïs, riz et manioc.

Après la stabilisation et les leçons qui seront tirées de cette phase pilote, le mécanisme va être étendu à 7 catégories de produits. Nous tablons sur des productions végétales, animales et halieutiques, à travers les cultures telles que les céréales, les tubercules, les racines, les oléagineux, les légumineux mais aussi l’élevage, notamment l’élevage de poulets, et aussi et surtout, les cultures de rente qui vont servir à apporter des devises mais aussi à améliorer notre balance commerciale.

Ce sont des cultures telles que l’ananas, le café, le cacao, le coton, le soja et l’anacarde, seront couvertes par le déploiement du mécanisme à partir de 2019.     

Propos recueillis par Fiacre E. Kakpo


 
GESTION PUBLIQUE

Côte d’Ivoire : la part des marchés publics attribués aux PME en hausse de 46,6% à fin septembre 2019

L’Allemagne consacre 20 millions € à l’agriculture et à l’utilisation des terres par les pays en voie de développement

Le Guide pour la planification intégrée en Afrique a été dévoilé par le PNUD, la BAD et l'AUDA-NEPAD lors de la COP25

Côte d’Ivoire : le français Colas va construire les marchés modernes de Bouaké et de Yopougon, pour un coût de 90 millions €

 
FINANCE

Umeme, le principal distributeur d’électricité en Ouganda obtient un prêt syndiqué de 70 millions $ pour renforcer son réseau et ses installations

Kenya : la start-up Turaco, spécialisée dans les produits d'assurance-vie lève 1,2 million $ pour soutenir son expansion en Afrique

Madagascar : le norvégien Norfund signalé dans un investissement au sein du fournisseur de solutions énergétiques WeLight

12,5 millions $ de la BEI pour financer la participation du Niger au capital de l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique

 
ELECTRICITE

Sénégal : le gouvernement échange la centrale à charbon de Sendou contre une centrale à gaz

Bénin : 40 000 ménages accèdent à l’électricité solaire grâce à Fénix, en un an d’activité

Maroc : la BAD alloue 245 millions € pour le raccordement de 720 villages au réseau électrique national

Bénin : une augmentation subventionnée de 5 % du tarif électrique en 2020 et de 10 % en 2021

 
HYDROCARBURES

Égypte : la région de la Haute-Égypte fera l’objet d’une imagerie gravimétrique avec la plus haute résolution au monde

En 2019, Trafigura a enregistré des performances record dans la commercialisation du pétrole et du gaz

Ghana : la découverte Afina-1x abrite 1,5 milliard de barils de pétrole et 0,7 milliard de pieds cubes de gaz (mise à jour)

Pipeline Tchad-Cameroun : à fin octobre 2019, le droit de transit a rapporté près de 30 milliards FCFA à l’Etat camerounais

 
MINES

Côte d’Ivoire : IronRidge lance un programme de forage de 8 000 m sur son projet aurifère Zaranou

Botswana : Giyani Metals engage Lazenby Holdings pour assainir ses gisements de manganèse

Zimbabwe : le projet de lithium Arcadia sera exploité sur plus de 15 ans

Côte d’Ivoire : Perseus Mining signe une convention minière avec une clause de stabilité fiscale pour Yaouré

 
TELECOM

Namibie : PowerCom (Pty) Ltd investira 1,8 million USD en 2020 pour améliorer l’accès à Internet

Nigeria : le chinois ZKTeco veut ouvrir un bureau et installer un centre de recherche dans le pays

La Fondation Orange CI accompagne la lutte contre les maladies cardiovasculaires et l’hypertension artérielle

Guinée : 100 cyber centres déjà construits dans les établissements d’enseignement, sur les 200 prévus par l’Etat

 
TRANSPORT

Côte d’Ivoire : le Sénat adopte le budget 2020 du ministère des Transports qui s’élève à plus de 360 millions USD

Cameroun : Yaoundé sera dotée d’une autoroute de 12,3 km à 11 échangeurs pour près 469 millions USD mobilisés auprès de la Chine

Cameroun : l'Etat recherche un auditeur pour Camair-co avant un éventuel nouveau financement

Tanzanie : le chemin de fer de 220 km entre Isaka et le port à sec de Mwanza débutera bientôt

 
FORMATION

Tunisie : les diplômés des systèmes d’information, du commerce et de la comptabilité sont les plus recherchés par les recruteurs

Accord entre les universités de Douala et de Kigali pour la formation au Cameroun, des étudiants rwandais en médecine

Togo : l’Université fédérale Toulouse-Midi-Pyrénées ouvre les candidatures pour un Master en ingénierie de la formation et des systèmes d’emplois

Le Rwanda abritera un centre de formation de lutte contre la corruption

 
COMM

Boomplay acquiert le contenu du plus grand réseau d’artistes indépendants au monde pour le public africain

Au Togo, le régulateur de l’audiovisuel veut contrôler les flux internet pour lutter contre la piraterie

Sénégal : la justice réduit la somme que doit verser Excaf Telecom à Côte Ouest dans le litige qui les oppose

Namibie : l’association des auteurs et compositeurs de musique réclame une créance de 114 000 USD au radiodiffuseur public

Enveloppe
Recevez chaque jour la lettre
Ecofin Agro