Agence Ecofin
Yaoundé - Cotonou - Lomé - Dakar - Abidjan - Libreville - Genève

Dawrat, une plateforme libyenne de cours en ligne

Dawrat, une plateforme libyenne de cours en ligne
  • Date de création: 01 octobre 2021 11:53

(Agence Ecofin) - L’Afrique est en retard en ce qui concerne la quatrième révolution industrielle. Les raisons vont du manque de compétences à une prise de conscience de l’opportunité qu’offrent ces technologies du futur qui comprennent l’IA, la robotique, l’Internet des objets, la blockchain, ou encore l’impression 3D. Toutefois, la donne pourrait changer assez vite, car plusieurs jeunes entreprises du continent montrent le chemin en essayant d’innover pour résoudre des problèmes pratiques. Dans cette série, l’Agence Ecofin vous propose un tour d’horizon de ces « pionniers ».

Dawrat est une plateforme libyenne d’e-learning qui offre des contenus de formation et œuvre à réduire le décalage entre les élèves et les professeurs. L’objectif, dans un premier temps, est de permettre à la majorité des étudiants libyens d’avoir accès à des cours de qualité. Cette initiative a permis à Dawrat de faire partie des cinq lauréats du cycle 2021 de l’Emerging Valley.

Pourquoi avoir mis en place Dawrat ?

Le système éducatif public rencontre divers problèmes en Libye comme dans plusieurs pays en développement. Selon Dawrat, il n’y a pas assez de professeurs qualifiés en Libye (1 professeur pour 800 étudiants) et 85 % de ceux qui sont disponibles sont basés dans la capitale Tripoli. De plus, les frais de scolarité se situent entre 100 dollars et 250 dollars par semestre ce qui est plutôt onéreux pour la population.

La solution Dawrat

Face à ces difficultés, Alladin Elsgier a décidé de mettre en place en 2011 Dawrat, qui signifie littéralement « Cours ». La plateforme met à la disposition des Libyens puis de toute la zone arabe des cours complets dispensés par des professeurs qualifiés. Les cours sont plus faciles d’accès et moins onéreux puisqu’ils ne coûtent que 45 dollars par semestre. Notons que la start-up compte sur les abonnements aux divers cours pour rentabiliser son investissement.

Dawrat dispose d’un collectif de professeurs qualifiés qui se chargent de trier les dossiers de leurs confrères qui voudraient mettre du contenu sur la plateforme. Ainsi, la start-up affirme avoir reçu plus de 80 candidatures ces 6 derniers mois. Notons que tous les cours sont vérifiés par le collectif avant que Dawrat ne laisse les étudiants y accéder.

En ce qui concerne la technologie, Dawrat affirme être en avance sur la concurrence. En effet, les captures d’écran et l’enregistrement de l’écran ne sont pas possibles sur le site ce qui rassure les créateurs de contenus.

Au cours des douze derniers mois, la plateforme a eu 160 000 visiteurs, dont 4 500 étudiants et un bénéfice de plus de 5 000 dollars.

Les perspectives de Dawrat

D’après les associations estudiantines, la Libye compte plus de 230 000 lycéens et étudiants et la plateforme vise environ 15 % de ce public, soit 35 000 personnes en 2021-2022. La qualité des contenus sur la plateforme devrait permettre d’atteindre aisément cet objectif puisque les cours viennent dorénavant de partout dans le monde. Après la Libye, l’Iraq, le Canada, les Etats-Unis, le Maroc, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte et la Russie, Dawrat vise deux autres pays pour 2023.

Notons que la start-up a remporté l’année dernière le prix de la meilleure application en Libye et fait partie du top 10 d’Expertise France des meilleures start-up du pays.

Déjà en forte croissance depuis plusieurs années, le marché de l’e-learning a connu un boom depuis le début de la crise sanitaire, en raison des restrictions. Pour des pays instables comme la Libye, Dawrat est une alternative intéressante pour les milliers d’étudiants et de lycéens.

Enveloppe
Recevez votre lettre Ecofin personnalisée selon vos centres d’intérêt

sélectionner les jours et heures de réception de vos infolettres.

Top 5 des économies innovantes en Afrique Subsaharienne (2021)

InfographieFormation top5 economies inovantes afrique subsaharienne