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Cameroun : un risque de hausse se profile à l'horizon sur le prix de la bière…

  • Date de création: 21 novembre 2018 13:14

(Agence Ecofin) - Un risque de hausse des prix se profile à l'horizon, sur les coûts de production et des ventes de bières au Cameroun. Dans l'avant-projet de loi soumis à l'examen des représentants du peuple (parlement) et des régions (Sénat), le gouvernement a introduit une modification sur la gestion des droits d’accise, concernant les bières alcoolisées à hauteur de 5,5% et moins.

Pour la loi des finances 2018, il avait été instauré un abattement de 20% sur le prix qui sert de base au calcul du droit d'accise sur ces produits. Dans le projet actuel, il est prévu de réduire cet abattement de moitié, et de le fixer à seulement 10%.

La disposition de 2018 avait permis à ces entreprises « d’effectuer des investissements productifs dans leurs outils de production » a-t-on appris lors d’une récente rencontre entre l’association des brasseurs et la presse camerounaise. La mesure a également favorisé l’augmentation des achats de matières premières agricoles locales (maïs pour Les Brasseries du Cameroun et sorgho pour la filiale locale du groupe Diageo) avec, dans les deux cas, des créations directes et indirectes d’emplois. La nouvelle disposition si elle est retenue par l'Assemblée nationale pourrait avoir un impact négatif sur cet élan. 

De difficiles arbitrages en perspective pour les brasseurs

A côté de cette réduction d'abattement, le gouvernement prévoit aussi d'instaurer un droit d’accise spécifique sur les emballages des bières et boissons gazeuses, pour un montant de 15 FCFA par emballage. Il est difficile de faire un bilan en terme de coûts supplémentaires pour l’ensemble des sociétés brassicoles.

Mais une d'elle, la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun qui est cotée sur l'Euronext Paris, publie ses comptes. Sur la base de ses performances de l'année 2017, on peut estimer la dépense d'impôt supplémentaire brute à 5 milliards de FCFA. On peut donc penser que ce chiffre progresserait en 2019 si on tient compte de la taxe sur la valeur ajoutée.
Le gouvernement n'a pas encore commenté cette proposition, dont la conséquence directe sera une augmentation de près de 100 FCFA sur le prix de chaque bouteille de bière. Lorsqu'il avait suggéré un abattement de 20% pour la loi 2018, le but était de permettre aux producteurs d’accroître la part des intrants achetés sur le marché local.

Dans la pratique, les surcoûts fiscaux ont souvent été, soit absorbés par les brasseurs au détriment de leurs marges nettes, soit répercutés sur les consommateurs finaux. Aucun des acteurs de la filière n'accepte de se prononcer. Dans un contexte économique difficile, les arbitrages seront pourtant très serrés, notamment pour les sociétés brassicoles.

Une première issue est d'augmenter le prix final de la bière, mais cela risque d'être contre-productif dans un contexte marqué par la réduction du pouvoir d'achat des consommateurs, et la persistance des trafics de bières frauduleusement importés. Absorber les coûts est tout aussi difficile, notamment pour SABC qui a promis à ses actionnaires des dividendes en hausse, après quelques années difficiles liées à la pression fiscale.

Aussi, il risque de devenir difficile de continuer à supporter le poids financier de l’approvisionnement en intrant auprès des producteurs camerounais. En effet, selon des analyses des coûts sur le marché local, il revient au final plus cher de s’approvisionner localement en céréales, que de le faire via des contrats à terme sur le marché international. On pourrait enfin assister à des réductions de dépenses des personnels avec des réductions des effectifs dans les zones les moins rentables, comme le Nord-Ouest, sud-ouest, où subsiste de l'insécurité. 

Dans le cadre de son programme économique avec le Fonds Monétaire International, le gouvernement camerounais est contraint de consolider ses sources de revenus fiscaux. Mais dans un contexte économique dominé à 90% par les entreprises informelles, le secteur moderne de l'économie est souvent la première cible, lorsque survient des besoins supplémentaires de ressources. 

Idriss Linge


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