Moins alarmante que celle d’autres pays émergents, la dette sud-africaine constitue néanmoins une source de préoccupations

Moins alarmante que celle d’autres pays émergents, la dette sud-africaine constitue néanmoins une source de préoccupations

(Agence Ecofin) - Selon des projections du trésor public sud-africaine, la dette publique devrait atteindre les 50% du Produit Intérieur Brut de ce pays au terme de son année fiscale démarrée en juin 2018 et qui s'achèvera en juin 2019. On est loin du déficit public de 30% du PIB qui avait été enregistré à la fin juin 2008.

Cette détérioration de la dette publique sud-africaine est le fait selon la banque centrale, d'un produit intérieur brut qui conserve une faible progression, tandis que les dépenses publiques ont suivi une courbe nettement plus accentuée. Le gouvernement ne parvient toujours pas à réduire ses engagements, dans un contexte marqué par une plus grande demande de services sociaux.

Par ailleurs, on a pu noter, que la valeur des Crédit Default Swaps (couvertures ou assurances prises sur des obligations pour se protéger d'un risque de défaillance de l'emprunteur) sur les obligations internationales a progressé, traduisant l'expression de la crainte des investisseurs à prêter à l'Afrique du Sud.

 Toutefois, l'économie la mieux structurée d'Afrique bénéficie de deux principaux avantages sur les autres pays émergents de référence. Sa dette est due en devise locale à 90% et donc n'est pas exposée à un risque de change en cas de hausse des taux du dollar américain, la principale devise des emprunts internationaux.

Par ailleurs bien que sa valeur ait beaucoup baissé depuis le début de 2018, des rapports officiels consultés par l'Agence Ecofin indique, que la devise sud-africaine, est globalement en hausse de 12% sur les principales devises étrangères, sur les trois dernières années. Dans ce contexte, les actifs internationaux de son économie, qui représentent 149% de son PIB, sont supérieur à son passif international (qui est 137% de son PIB).

La tâche n'est cependant pas aisée pour le président Cyrille Ramaphosa, qui a pris le contrôle du pays à la suite de Jacob Zuma. Le rapport de stabilité financière publié par la banque centrale indique une hausse des créances douteuses et des provisions y afférentes.

Difficile de savoir si c’est la nouvelle sur MTN ou sur la situation de la dette publique qui en est la cause, mais après avoir terminé dans le vert le 7 novembre sur le Johannesburg Stock Exchange, les banques cotées sud-africaines ont toute débuté dans le rouge ce jeudi 8 novembre 2018. Le recul le plus important (-2,4%) est enregistré par Standard Bank, la maison mère de l’une des banques nigérianes impliquées dans la sortie litigieuse des dividendes de MTN.

Idriss Linge


Ecofin Gestion Publique     


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