(Agence Ecofin) - La baisse des activités de crédit et la hausse des provisions pour risques impacteront les marges des banques sud-africaines. La réaction de leurs investisseurs est assez partagée, même si le secteur résistera mieux que celui des autres marchés émergents.
Le secteur bancaire sud-africain subira des chocs du fait des effets de la pandémie de covid-19 sur sa clientèle locale, apprend-on d'une analyse publiée par S&P Global Ratings ce jeudi 11 juin 2020. Alors que l'environnement économique est de plus en plus morose dans le pays, les crédits au secteur privé vont se contracter de 5% au cours de la période 2020-2021. Plus précisément, le ratio de prêts aux entreprises comparé au produit intérieur brut va aussi reculer.
En même temps que les banques connaîtront une baisse du régime d'activité en Afrique du Sud, elles feront aussi face à plus de risques. L'encours des créances douteuses qui est souvent à des niveaux très bas devrait atteindre 1,2% de l'encours global des crédits accordés à l'économie. De même, l'insolvabilité des ménages devrait s'accroître davantage, surtout le poids de la dette de ceux-ci comparativement à leurs revenus disponibles a atteint la moyenne de 72%, ces trois dernières années.
Ces chocs restent toutefois assez maitrisés et réduisent l'ampleur du problème en Afrique du Sud comparativement à des marchés équivalents des pays émergents. S&P Global Ratings note par exemple que les 4 plus grosses banques du pays ne souffrent pas d'un risque de refinancement, car en plus des mesures de la Banque centrale sud-africaine, elles ne sont pas suffisamment exposées aux investisseurs étrangers (actionnaires ou créanciers).
Les banques cotées sud-africaines affichent des performances diverses, selon la période d'évaluation. Sur les 12 derniers mois, leurs valeurs boursières ont fortement baissé, allant de -25% pour Capitec Group à -56% pour Nedbank, premier actionnaire du groupe panafricain Ecobank, selon des données de Capital IQ. Sur les 30 derniers jours, on a assisté à une solide reprise avec des progressions de cours à deux chiffres.
Le 10 juin 2020, les performances ont été mauvaises. Les investisseurs craignent une faible rentabilité de ces banques qui auront de la peine à placer plus de crédits, donc à générer plus de revenus d'intérêt, et qui a contrario verront le reste des marges érodées par des provisions et des coûts de risque en hausse ; ce qui ne présage pas un bon rendement de dividendes.
Idriss Linge

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