(Agence Ecofin) - Le Coronavirus avec ses effets économiques a ouvert un débat public sur le recours à la technique dite de la planche à billets en Afrique du Sud. Un article du Sunday Times, un important média sud-africain, a rapporté que le vice-ministre en charge des Finances a clairement suggéré que dans une circonstance exceptionnelle comme celle qu'impose la pandémie, la Banque centrale devrait jouer son rôle de prêteur en dernier ressort, pour permettre à l'Etat de soutenir l'économie en la finançant directement.
« La capacité de notre gouvernement à mobiliser des recettes fiscales et à emprunter est très limitée. Le covid-19 et les récentes dégradations que nous ont attribuées les agences de notation ont aggravé nos problèmes économiques. Compte tenu de nos contraintes budgétaires, je serais favorable si la Banque centrale sud-africaine décidait d'acheter directement des obligations d'Etat », a fait savoir David Masondo (photo).
Le responsable gouvernemental estime par ailleurs que cet argent devra être utilisé pour des interventions immédiates liées à la réponse sanitaire face au Covid-19 et pour le financement des infrastructures publiques, l’industrie et l’agriculture dans le cadre des mesures de relance économique. La suggestion ne risque pas de bien passer.
Début mars 2020, la Banque centrale sud-africaine en réponse au coronavirus a commencé à racheter des obligations de l'Etat sur le marché secondaire, afin d'injecter de la liquidité au sein de l'économie. Il n'est pas certain qu'elle franchira la ligne rouge en achetant directement ces instruments financiers émis par le gouvernement.
La grande crainte que soulève une telle mesure est la montée de l'inflation. Des années d’injections directes de liquidités par les banques centrales de plusieurs pays développés ont pourtant montré que cette crainte n'est pas toujours justifiée. Cependant en Afrique du Sud, la Banque centrale reste une structure indépendante et pourra se prononcer sur la question. En attendant, elle continue de déployer les instruments en sa possession, et en rapport avec son mandat.
Le président Cyril Ramaphosa a annoncé un plan de riposte et de relance à 26,3 milliards $, mais il n'a pas clairement expliqué comment cela sera financé.
Idriss Linge

Conférence virtuelle de l'IFC (payant)