Ecofin Telecom

Saturation des réseaux, mythe ou réalité?

  • Date de création: 13 août 2011 22:51

Stéphane Richard, PDG de France Télécom, craint une saturation des réseaux télécom suite à l’explosion de l’internet mobile et des multiples services qui fleurissent sur les téléphones mobiles.

Dans une interview accordée à All Thinks Digital, le blog high-tech du Wall Street Journal, Stéphane Richard, PDG de France Télécom/Orange réaffirme avec vigueur que « les réseaux vont saturer ». Derrière cette affirmation, il émet le souhait d'une contribution financière des éditeurs de contenus et des constructeurs de mobiles. Même s’il existe plusieurs modèles de financement possible, à ce jour, aucun modèle ne semble émerger plus qu’un autre.

Les premières congestions

L’année 2010 a été dominée par les bouleversements provoqués par la convergence de trois développements de « rupture » : l’Internet mobile, le cloud computing et les réseaux sociaux. Déjà en 2099, le trafic des données mobile avait augmenté de 200%. Cette augmentation coïncide avec les ventes record de smartphones (téléphone multimédia), avec, en première ligne l’iPhone. Il faut savoir qu’un smartphone occasionne 30 fois plus de trafic sur les lignes qu’un téléphone portable classique. Les clés 3G, devenues très courantes sur les ordinateurs portables, en consomment 450 fois plus. Sans compter l’iPad qui va lui aussi contribuer à surcharger un réseau qui n’en demandait pas tant (plus gourmand d’environ 10% par rapport à l’iPhone). Cette problématique engendre déjà les premières congestions sur les réseaux cellulaires sous l'effet du poids croissant des smartphones, des tablettes et des dongles pour PC ou netbooks. A la fin de l'année, la majeure partie du trafic sur les réseaux cellulaires était constituée par le data. C'est le point de départ d'une transformation radicale de l’économie des opérateurs mobiles, d'une interrogation sur les investissements requis pour déployer la 4G-LTE, mais aussi d’une transformation de l'Internet avec de nouvelles applications et la transformation de nouveaux marchés (presse, édition, santé…).

Solutions de rétribution 

« Effectivement, au-delà de la question de la saturation des réseaux (qui n'est pas une question technique puisque le LTE et la fibre doivent apporter les capacités nécessaires), c'est la question du financement des investissements qui se pose. Il y a sans doute plusieurs modèles possibles, de la contribution directe des agrégateurs (de type Google) à l'investissement en partenariat opérateurs-éditeurs en passant par diverses solutions de rétribution pour l'accès aux capacités et, à ce stade, il semble qu'aucun modèle n'émerge plus qu'un autre », indique Didier Pouillot, responsable de la Pratique économie des télécoms à l’IDATE (Institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe). Le phénomène a pris une ampleur particulière autour de l’Internet mobile. L’accès mobile au web, combiné à la multiplication des capteurs et senseurs de l’Internet des objets, transforme en profondeur et rapidement les comportements des utilisateurs et les modèles économiques. Le téléphone mobile, le smartphone ou la tablette sont en passe de devenir nos prothèses numériques. Connectés à tout moment et en tout lieu, disposant de notre « nuage » personnel, géolocalisés et bénéficiant bientôt d’une surveillance à distance de notre santé, nous devenons à la fois omnipotents et la cible plus ou moins désarmée de tous les fournisseurs de biens et de services. Nous n’allons plus sur le Web, nous sommes dedans; et le Web 4.0 sera celui de l’immersion de l’individu dans un environnement numérique omniprésent.

Les réseaux créent de la valeur

Selon Francis Lorenz, président de l’Idate : « Face au potentiel illimité que représente ce marché mondialement intégré, la vigueur des affrontements pour la redistribution des chaînes de valeur est considérablement accrue par l’accélération du temps ». Les cycles d’innovation sont ramenés à quelques mois et, par le jeu des réseaux, c’est le premier qui rafle toute la mise. Une loi universelle, celle de Metcalfe : les réseaux créent de la valeur au carré du nombre de connectés. La conquête d’audience devient un objectif vital, puisque c’est d’elle que dépendent non seulement les revenus directement tirés des consommateurs, mais aussi les revenus de la publicité ou les commissions sur les transactions.

La plateforme mobile elle-même, qu’elle soit téléphone, smartphone, tablette ou PC, voit son rôle économique relativisé puisqu’elle devient avant tout le point d’accès à des écosystèmes complexes et puissants. Ce sont eux qui organisent et structurent les marchés.

Autour de Google, d’Apple, de Windows ou de Facebook, ils combinent matériels, réseaux de télécommunications, distribution, services, contenus, paiement…

« Nul ne peut prédire qui va l’emporter dans la partie qui est engagée et qui prendra la meilleure part des dépenses allouées par les consommateurs à l’Internet, aux services qu’ils en attendent, aux transactions qu’ils y effectuent. « Anciens » contre « modernes », plateformes « ouvertes » contre plateformes « fermées », réseaux sociaux contre moteurs de recherche, les modèles s’affrontent et ne cessent d’évoluer », explique Francis Lorenz. Pourtant rien n’est définitivement joué.

L’évolution de l’économie numérique peut, paradoxalement, valoriser des atouts traditionnels.

Ainsi, par exemple, l’accélération de la consommation de bande passante – qui croît aujourd’hui au rythme de 50 à 60 % par an – peut favoriser les pays européens qui, pour un grand nombre d’entre eux, bénéficient d’infrastructures de très grande qualité. Une évolution cohérente et rapide vers le très haut débit fixe et mobile – fibre optique et LTE – peut constituer un facteur discriminant dans la course de vitesse engagée, en accélérant la croissance du marché numérique local. Les fournisseurs d’équipements et les opérateurs européens ont démontré leur maîtrise technologique et leur dynamisme.

L’innovation dans les outils

Le financement des investissements considérables à engager dépend, d’une part de la détermination des opérateurs et de leur acceptation d’un certain niveau de mutualisation, d’autre part, d’une clarification du débat sur les modalités de tarification des réseaux, enfin de la volonté des régulateurs et des pouvoirs publics. « Les opérateurs de télécommunications ne sont pas spontanément considérés comme des opérateurs de l’Internet, ce qui est surprenant. Sans nous il n’y a pas d’Internet, sans nous, sans nos réseaux, il n’y a pas de Facebook, pas de Google. Tout ça n’est possible que parce que les opérateurs investissent pour construire les réseaux qui permettent à ces communications de s’établir, qu’elles soient fixes ou mobiles », comme le rapporte le FTV spécial eG8.

Mais c’est l’innovation dans les outils de l’Internet, ses services et ses contenus, qui constituent une opportunité majeure. En effet, le dynamisme des acteurs nord-américains a masqué l’exceptionnelle capacité d’innovation des Européens, et cela dans tous les domaines de l’économie numérique. Or c’est le magazine californien Wired qui analysait récemment, sous le titre Watch out Silicon Valley, la fécondité croissante du terreau européen. Il soulignait l’amélioration considérable, depuis le début de la décennie, de l’écosystème de l’innovation, qu’il s’agisse de financement, de reconnaissance ou de vision entrepreneuriale. L’un des atouts des entreprises européennes semble être leur aptitude à s’adapter à la diversité des marchés locaux tout en étant contraintes par l’exiguïté de leur marché national, à développer très tôt une vision mondiale ou, au moins, continentale.  

La fragmentation de l’Internet

« Si le smart device est clé, c’est donc parce qu’on y perçoit la bataille que se livrent les grands fournisseurs d’applications, et en premier lieu Apple et Google. Derrière les nouveaux terminaux se joue ainsi la fragmentation de l’Internet, voire la mort du Web pour reprendre un article fameux de Chris Andersen et Michael Wolff paru l’été dernier », explique Didier Pouillot.

Naturellement, malgré la puissance des modèles associés aux terminaux, à moyen terme et dans un contexte de cloud computing, la dominance de certains acteurs s’organisera probablement sur la base d’autres atouts que le contrôle des smart devices. Les plateformes des réseaux sociaux (Facebook) qui fédèrent des centaines de millions d’internautes et de plus en plus de fournisseurs d’applications, et celles des grands commerçants en ligne (Amazon) qui disposent d’environnements de transaction avec des millions de clients, vont également compter.

«  Nous sommes supposés investir massivement dans les tuyaux afin de fournir la capacité nécessaire pour répondre à l’explosion de la consommation, et du trafic de données sur nos réseaux. Dans le même temps, les sites qui créent ce trafic n’entendent pas gérer le réseau d’une manière appropriée et globale. Il y a donc un déséquilibre dans le système », explique Stéphane Richard dans son interview à All Things Digital.

Les écosystèmes qui se mettent en place autour des nouveaux terminaux et des autres grands acteurs de l’Internet ne sont pas sans conséquences sur la troisième composante constituée des réseaux et de leurs opérateurs. D’autant plus que, comme le soulignent ces derniers, si le monde des terminaux et des applications est de plus en plus dominé par un petit nombre d’acteurs mondiaux, les réseaux sont le champ d’acteurs relativement fragmentés, fortement régulés et en charge de lourds investissements.

LTE everywhere

Le dynamisme du marché des smartphones et l’émergence des tablettes (qui auraient un trafic moyen représentant 5 fois celui d’un smartphone) ont pour corollaire une explosion du trafic de données sur les réseaux des opérateurs, avec une croissance annuelle attendue de l’ordre de 100 % d’ici 2015 pour les opérateurs occidentaux.

La bonne nouvelle a été de voir se dérouler de façon satisfaisante les premiers déploiements de la nouvelle norme de réseaux LTE, qui doit permettre aux opérateurs d’offrir des débits comparables à ceux de l’ADSL.

Traditionnellement, les échéances de mise au point et de déploiement en vraie grandeur des générations de réseaux sont beaucoup trop optimistes. Les performances ne sont pas au rendez-vous et surtout les terminaux sont absents ou réduits à une gamme étriquée.

Tout cela a été dramatiquement illustré lors de l’avènement de la 3G au début des années 90.

Cette fois-ci, on ne semble pas être dans cette situation après les ouvertures commerciales réalisées en 2010 par Verizon Wireless aux États-Unis, par DOCOMO au Japon ou par TeliaSonera en Europe. Même les terminaux devraient rapidement être disponibles avec une certaine diversité.

Enfin, le WiMax, qui constituait le challenger du LTE, est appelé à évoluer pour devenir la norme TDD du LTE, appuyé en cela par les ambitions chinoises.

Les incertitudes et les impatiences sur la fibre

Le coup de frein que l’on connaît depuis quelques années dans la croissance des revenus du mobile en Europe ne facilite pas non plus le déploiement des accès fixes à très haut débit. En mai 2010, la Commission européenne faisait adopter par les pays membres, dans son Digital Agenda, l’objectif de voir l’ensemble des citoyens européens disposer en 2020 d’un débit minimal de 30 Mbps, dont la moitié avec 100 Mbps et plus.

Plusieurs opérateurs ont fait état de programmes d’investissements significatifs en matière de réseaux d’accès optiques (FTTx). Ainsi, France Telecom a annoncé un investissement de 2 milliards EUR sur quatre ans (2011-2014), tandis que BT va investir 2,5 milliards GBP sur les trois ans à venir.

Mohamadou Diallo, pour Réseau Télécom Network

 
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