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Jeux et enjeux autour de l’offre publique de retrait d’Unilever CI de la BRVM sur fonds de hausse des cours.

(Agence Ecofin) - L'action Unilever Côte d'Ivoire a poursuivi avec sa remontée, depuis l'annonce par son principal actionnaire, de réaliser une offre publique, visant à racheter les parts non déténues dans le capital de l'entreprise, en vue de son retrait prochain de la BRVM.

Vendredi 20 juillet 2018, elle a progréssé de 2%, cumulant une progression de 19,4% sur la semaine. En quatre semaines, elle a gagné 85%. L'offre faite (19 000 FCFA) par l'actionnaire majoritaire de l'entreprise représentait, lorsqu'elle a été dévoilée, une plus value de 11 000 FCFA sur le cours de l'action du moment (8 000 FCFA au 27 juin).

L'opération n'attend plus que l'accord du Conseil Regional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers, le régulateur du secteur dans l'UEMOA. On note cependant que cette hausse du prix de l'action Unilever ne s'accompagne pas de gros volumes transigés. On a pu relever une moyenne de seulement 55 titres par jour, sur environ 160 millions de titres disponibles (part flottante sur le volume total des actions émises).


Le processus en lui même n'est pas exempt de défis. Si la plus-value potentielle de l'offre de rachat des actions est de près de 13 000 CFA pour ceux ayant acquis les actions Unilever CI fin février 2018, il n'en va pas de même pour les petits porteurs historiques, qui ont continué de patienter sur les 8 dernières années.

En effet, selon des données collectées par l'Agence Ecofin, il ressort qu'entre les exercices 2010 et 2017, Unilever CI n’a distribué de dividendes que deux fois (2011 et 2012). Depuis lors il n'y a rien eu. Pour ceux qui ont donc capitalisé sur cette valeur, l'offre à 19 000 FCFA représente une grosse perte, notamment pour ceux qui ont investi lorsque l'action était à son plus haut (55 000 FCFA) depuis 2013.

Selon certaines informations, plusieurs de ces petits actionnaires se seraient montrés défavorables à l'offre publique de retrait lors de l’assemblée générale. Ils seraient entrain de privilégier une restructuration qui ne les dépouillerait pas de leurs actions. Les arbitrages au niveau du CREPMF ne risquent pas d'être faciles.

Il faudra statuer entre, d’une part, les intérêts de petits investisseurs, dont certains pourraient tout perdre, renforçant un sentiment de rejet du marché financier et de ses produits, qui est déjà dominant. D’autre part, il faudra voir s’il faut donner libre cours à une entreprise qui a finalement évolué dans un environnement difficile, marqué par des défis (concurrence, contrefaçon) à écouler ses produits.

Idriss Linge


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