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Gabon : pour la SEEG -Veolia, les délestages de Libreville sont d’origine climatique…

(Agence Ecofin) - Libreville et sa banlieue vivent depuis plusieurs jours au rythme des coupures de courant qui plongent régulièrement la capitale gabonaise dans le noir. Les piétons s'éclairent à l'aide de leurs téléphones portables et les habitants ont ressorti les bougies et autres éclairages de fortunes.

Pour la SEEG, cette situation serait due à une « décharge atmosphérique » dans la zone de Kinguélé - Tchimbélé. Le communiqué de la compagnie précise : « Les violents orages, qui se sont abattus dans la zone de Kinguélé - Tchimbélé, lieu où se trouve le barrage sud, ont occasionné la perte de la ligne de transport qui évacue l'énergie de l'usine vers la ville de Libreville ».

L’explication alambiquée ne semble pas convaincre la population, excédée depuis de longues années par les piètres prestations de cette compagnie, contrôlée depuis 15 ans par le groupe français VeoliaWater, depuis que l’Etat gabonais lui a cédé 51% en 1997.

L’audit comptable et tarifaire, financier, technique de la convention de concession avec la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG), établi par le cabinet Deloitte en janvier 2011, est publié dans le magazine Le Quorum No 3 actuellement en kiosques…

En voici quelques extraits édifiants, qui apportent un autre éclairage (si l’on peut dire) à la situation :

« Nous avons relevé des manquements de la SEEG à ses obligations au titre de la concession et/ou des écarts par rapport aux bonnes pratiques sur les domaines suivants

  1. Une gestion administrative et commerciale en deçà des exigences contractuelles sur certains aspects. La Convention de Concession du 13 juin 1997 met particulièrement en avant la nécessité pour la SEEG de promouvoir une gestion administrative et commerciale destinée à encadrer au mieux la qualité de ses services. Or la revue des obligations en matière de gestion commerciale, de qualité et de performance de services met en évidence plusieurs manquements, dont les plus significatifs sont repris ci-après.

  2. Des performances techniques en constante dégradation sur les installations auditées.

      
  3. Sur le métier de l’eau nos principaux constats sont les suivants :

      
  4. Des constats préoccupants sur l’exploitation du domaine concédé dans le métier de l’eau. La gestion des compteurs ne permet pas actuellement de garantir la fiabilité des mesures et le renouvellement apparait insuffisant. Une situation critique pour l’alimentation en eau potable de la ville de Libreville, liée principalement à un déficit d’investissement. Le renouvellement des réseaux en eau potable est faible. Les valeurs transmises par la SEEG font état d’un renouvellement très faible des réseaux d’eau potable évalué à 0,13% du linéaire réseau sur les 10 dernières années. Il apparait souhaitable que la SEEG augmente le taux de renouvellement des réseaux dans les années à venir afin d’en limiter le vieillissement et la dégradation. L’usine de Franceville présente un état de vétusté et apparait dégradée.

      
  5. Des manquements significatifs dans le cadre de l’exploitation du domaine concédé Electricité en matière de renouvellement. Un retard considérable a été constaté en matière de renouvellement des biens de retour dans tous les domaines (production, transport, distribution). L'insuffisance d'investissement pour le renouvellement et les extensions, dans les domaines du transport et de la production, empêchent une amélioration de la qualité du service.

      
  6. Des tarifs à la hausse qui sont décorrélés de la structure des coûts actuels et futurs de la SEEG.

      
  7. Des investissements réalisés par la SEEG qui ne permettent pas de faire face à la demande et aux exigences de qualité de services requis par la convention de concession. Sur les installations électriques, les retards constatés au niveau de l’investissement dans les capacités de production ont réduit les marges de sécurité existantes au début de la concession compromettant ainsi la continuité de services. Ce retard crée aujourd’hui des situations de contraintes qui empêchent parfois une réalisation normale de l'entretien, et donc des risques supplémentaires de défaillance. Soulignons que le plan stratégique d'investissement 2004-2017 indique en page 14 que "LA SEEG A PROCÉDÉ DÉBUT 2003 À LA SURÉLÉVATION DU BARRAGE DE KINGUÉLÉ ET PRIS LA DÉCISION D’ÉQUIPER L’USINE D’UN CINQUIÈME GROUPE DONT LA MISE EN SERVICE EST PRÉVUE EN 2005". OR LA DÉCISION N'A PAS ÉTÉ SUIVIE D'EFFET.

      
  8. Un pilotage administratif et financier qui révèle des insuffisances et requiert des ajustements. Une refonte en profondeur de la comptabilité analytique semble donc nécessaire, qui pourra aller de pair avec la révision du mode de fixation des tarifs.

      
  9. Un équilibre financier fragile pénalisé par les orientations de gestion. »


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