(Agence Ecofin) - D’une moyenne de 4,8% en juillet 2019, les coûts des opérations de levées de fonds dans la Cemac sont passés à 5,7 % en juillet 2020. Cette croissance de 1% en 12 mois, s’explique par la croissance de la demande de financements des Etats sur le marché monétaire, ainsi que la maturité des titres émis.
Au cours de la période allant de juillet 2019 à juillet 2020, l’activité des Trésors publics des six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA, Guinée équatoriale) sur le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) a connu une croissance de 40,2%, informe Investir au Cameroun.
En effet, révèle un communiqué du Conseil de surveillance de la Cellule de règlement et de conservation des titres (CRCT) de cet institut d’émission, au cours de la période sous revue, les pays de cet espace communautaire ont émis des titres publics pour un montant total de 2 870 milliards FCFA.
Cette augmentation de la demande des financements sur le marché monétaire a conduit à un renchérissement des coûts. Selon le CRCT, entre juillet 2019 et juillet 2020, les coûts de ces opérations de levées de fonds, pour lesquelles le Trésor camerounais est le leader du marché sous-régional, sont passés d’une moyenne de 4,8% à 5,7% des montants sollicités par les Etats.
Mais, au-delà de la forte demande, l’augmentation des coûts des opérations s’explique également par la maturité des titres émis par les Etats. De ce point de vue, la Banque centrale note une prépondérance nette des titres publics de long terme sur le marché (obligations du Trésor), depuis le déclenchement de la pandémie de Covid-19 dans la sous-région, vers la fin du premier trimestre 2020.
Pour rappel, le recours des pays de la Cemac au marché monétaire est de plus en plus prononcé depuis fin 2015, avec la chute des cours mondiaux des principales matières premières exportées par les pays de cet espace communautaire, notamment le pétrole. Cette situation a induit une baisse des recettes publiques, contraignant les Etats à rechercher des sources alternatives pour financer leurs budgets.
A cette baisse des recettes publiques, il faut ajouter les dépenses de santé qui se sont imposées aux Etats, à la suite de la pandémie du coronavirus. En effet, pour renforcer l’offre sanitaire (création des hôpitaux de campagne, renforcement des plateaux techniques, achats des tests de dépistage, prise en charge des patients, etc.) et la prévention, dans le cadre de la riposte au Covid-19, les pays ont dû s’endetter davantage, aussi bien sur le marché international que sous-régional.
Brice R. Mbodiam
