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Le FMI approuve un nouvel accord de financement au Tchad pour un montant global de 122,4 millions $

(Agence Ecofin) - Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi 31 juillet 2014 en faveur du Tchad, un nouvel accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant total équivalant à environ 122,4 millions $, une décision qui permettra de procéder à un premier décaissement d’un montant de près de  20,4 millions $.

Cet argent devrait permettre s’attaquer aux problèmes prolongés de financement de la balance des paiements, préserver une couverture adéquate des réserves de change et surtout jouer un rôle de catalyseur en vue de l'obtention des prochaines aides bilatérales et multilatérales. « Le nouveau programme appuyé par la FEC repose sur une accélération des réformes qui permettrait de renforcer les institutions budgétaires et de soutenir la croissance, tout en préservant la discipline budgétaire. Une baisse graduelle du déficit primaire hors pétrole à moyen terme se justifie afin de garantir la viabilité des finances publiques étant donné l’épuisement attendu des réserves pétrolières », a expliqué dans un communiqué  Naoyuki Shinohar, un des membres du conseil d'administration du FMI.

Cette intervention de l'institution de Bretton Woods arrive dans un contexte macroéconomique marqué pour le Tchad, par  une croissance économique élevée et une inflation faible. Selon plusieurs projections concordante, le PIB réel devrait progresser d’environ 8 % par an sur la période 2014–17, principalement grâce à l’entrée en exploitation intégrale de nouveaux projets pétroliers d’ici 2016. 

On peut aussi noter, que la  situation budgétaire s’est améliorée  en 2013. Dans ce contexte, le déficit primaire hors pétrole a diminué de 2,5 % du PIB hors pétrole, grâce à une augmentation considérable des recettes non pétrolières et à une contraction des dépenses d’investissement financées sur ressources intérieures. Le meilleur recouvrement des impôts a permis d’accroître les recettes non pétrolières de près de 1 % du PIB hors pétrole.

Toutefois, il apparaît de la synthèse des données macroéconomique de ce pays de la zone CEMAC, que le solde budgétaire global sur la base encaissements-décaissements a affiché un déficit considérable (6,4 % du PIB hors pétrole), car les recettes pétrolières sont tombées largement en deçà des niveaux prévus au budget.

Les besoins de financement sont donc importants pour le pays et le système bancaire national malgré la solidité retrouvée, reste exposé au secteur public et donc vulnérable à des chocs liés aux fluctuations des recettes pétrolières. L'appui du FMI s'accompagne toutefois d'un ensemble de réaménagement de la part du gouvernement du Tchad.

Ce dernier devra opérer des réformes structurelles pour accroître l’espace budgétaire, renforcer le contrôle et améliorer l’efficience des dépenses publiques. Il lui faudra aussi améliorer le climat des affaires, en s’attaquant aux goulets d’étranglement dans les infrastructures, la qualité de la main-d’œuvre et l’accès au crédit.

« Outre la mise en œuvre de plans ambitieux d’investissements publics dans les infrastructures, il est essentiel de rendre plus favorable l’environnement du secteur privé et de mettre en application la stratégie d’inclusion financière des autorités, qui privilégie à juste titre les zones rurales, afin de développer de nouvelles sources de croissance en dehors du secteur pétrolier », explique le FMI dans son communiqué.

idriss Linge


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