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Mozambique : les autorités américaines inculpent le géant minier Rio Tinto de fraude

(Agence Ecofin) - Suite à une plainte déposée par la SEC, gendarme des marchés financiers américains, auprès d’un tribunal de Manhattan, la compagnie minière Rio Tinto et deux de ses ex-dirigeants (Thomas Albanese et Guy Elliott) ont été inculpés de fraude au Mozambique. 

L’Affaire… 

En avril 2013, la SEC a ouvert une enquête contre Rio Tinto concernant une dépréciation de 3 milliards $, intégrée dans les comptes 2012 de l’entreprise à propos de sa filiale Rio Tinto Coal Mozambique (RTCM). 

Lors de l’annonce trois mois plus tôt, le géant anglo-australien expliquait cette grosse perte par une révision à la baisse de la quantité de charbon à coke contenue dans ses mines de Tete, au Nord-Ouest du Mozambique. Le groupe a aussi évoqué des raisons logistiques, arguant que le gouvernement n’avait pas donné son approbation pour le transport du charbon par barge sur le fleuve Zambèze jusqu’aux ports de l’océan indien pour exportation. 

Réagissant alors à ces déclarations, l’Etat avait émis des doutes sur les raisons avancées, indiquant plutôt une possible raison interne à la société. L’affaire poussera le PDG de l’époque, Tom Albanese, à la démission et Rio Tinto cèdera en juillet 2014 à 50 millions $ sa filiale RTCM  acquise trois ans plus tôt, à près de 4 milliards $. 

L’inculpation… 

Mercredi, l’on apprend de plusieurs médias dont Libération, les détails de la plainte de la SEC à l’encontre de Rio Tinto. L’organe accuse Tom Albanese et Guy Elliott, respectivement PDG et directeur financier de la compagnie au moment des faits, d’avoir dissimulé la perte de valeur des actifs de charbon mozambicain du groupe aux investisseurs ou retarder sa révélation. 

«Comme l’avance notre plainte, les hauts dirigeants de Rio Tinto auraient manqué à leurs obligations de transparence et à leurs devoirs vis-à-vis de l’entreprise en dissimulant à leur conseil d’administration, au comité d’audit et aux investisseurs le fait crucial qu’une transaction de plusieurs milliards de dollars était un échec.», déclare Stéphanie Avakian, de la SEC, propos relayés par Libération. «Ils ont essayé de sauver leurs carrières aux dépens des investisseurs en dissimulant la vérité», indique Steven Peikin, un autre responsable de la SEC. 

Le gendarme américain compte obtenir de sa plainte, le recouvrement des gains indus qui auraient été réalisés au cours de la manœuvre qui elle, aurait duré de mai 2012 à janvier 2013, ainsi que des pénalités civiles. 

Réagissant à l’inculpation mercredi, Rio Tinto a promis de se «défendre vigoureusement», annonçant un accord avec le gendarme financier britannique, la Financial Conduct Authority (FCA), concernant l’affaire. «Rio Tinto pense que la plainte de la SEC n’est pas fondée et que, lorsque tous les faits seront étudiés par le tribunal, ou si nécessaire au pénal, les allégations de la SEC seront rejetées.», déclare la compagnie. 

Rio Tinto est la deuxième plus grande compagnie minière au monde, selon PwC. 

Louis-Nino Kansoun 

Lire aussi :

01/12/2016 - Enquête contre Rio Tinto à propos d’une grosse perte financière annoncée sur ses mines mozambicaines en 2013

08/03/2017 - Guinée : enquête sur une affaire de corruption à Simandou


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