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Pétition contre Apple à propos des «minerais de guerre»

  • Date de création: 03 janvier 2012 00:26

(Agence Ecofin) - Une pétition appelant à l’élaboration d’un nouvel iPhone réalisé sans « les minerais de guerre » a été lancée en direction d’Apple par Delly Mwazo Sesete, avocat congolais, tandis que les Etats-Unis tardent toujours à finaliser les lois luttant contre l’achat de ces minerais.

Les minerais congolais, dont le coltan, indispensable à l’industrie de la téléphonie mobile, sont au cœur des interminables conflits qui meurtrissent la République démocratique du Congo et notamment la région du Kivu, à l’est, depuis plusieurs années.

Le coltan est un enjeu économique majeur. Les « minerais de guerre » aux provenances douteuses sont ainsi au cœur des interrogations éthiques de l’industrie des technologies. Les réactions sont vives et diverses pour tenter de stopper l’augmentation continue du nombre de victimes de ce conflit. La vente de ces minerais, qui suit toute une chaîne dont l’acheteur final est l’industrie de la téléphonie et de l’informatique, alimente les conflits.

Delly Mwazo Sesete, avocat et activiste congolais, lance ainsi un appel symbolique à Tim Cook, le président directeur général d’Apple, afin qu’ « un iPhone n’utilisant pas les minerais responsables de ces conflits, soit créé d’ici Noël 2013. »

Déjà, en 2001, des ONG de défense des droits de l’Homme et certaines associations religieuses avaient déjà lancé une campagne de sensibilisation au slogan « Pas de sang sur mon téléphone portable » en direction des consommateurs européens.

Depuis l’an dernier, une législation américaine, inclue dans « Dodd Frank Wall Street reform » et dans la loi sur la protection du consommateur, règlemente l’utilisation de tels minerais en contraignant les entreprises à prouver l’origine de leurs achats.

Pourtant, si la mesure est votée, leur mise en œuvre bloque depuis déjà huit mois. La disposition en question devait être soumise à un processus de réglementation de la Securities and Exchange Commission (SEC), la commission des opérations de la bourse. Huit mois après l’adoption de ces règles, la SEC a dépassé le délai et les mesures ne sont toujours pas applicables. Global Witness, ONG spécialisée dans le pillage des ressources naturelles, dénonce ce retard considérant qu’il « aide ces groupes armés, responsables d’attaques contre les civils au Congo, à gagner du temps pour bénéficier davantage du commerce des minerais ».

Toutefois, selon Gregory Salter, membre d’un groupe d’experts de l’ONU, la seule perspective de cette loi a déjà eu des effets pervers pour les paysans qui parvenaient tant bien que mal à vendre de manière informelle quelques minéraux et à en vivre. Un transfert semble s’être effectué au regard de l’augmentation récente des exportations rwandaises de ce minerai. De nombreux minéraux extraits en RDC passeraient ainsi la frontière afin d’être enregistrés officiellement dans le pays voisin.

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