Le Cameroun suspend l’exploitation du Bubinga et du Wengue

(Agence Ecofin) - Le Bubinga sera désormais rare et cher sur le marché national et international. Cette essence forestière est interdite d’exploitation sur le territoire national et international depuis le 09 novembre 2012. Le ministre des Forêts et de la Faune, Philip Ngole Ngwese a signé un arrêté pour suspendre « à titre conservatoire », l'exploitation des essences forestières Bubinga et Wengue sur l'étendue du domaine national.

Le ministre indique que cette décision reste valable jusqu'à l'aboutissement de la procédure d'introduction de ces essences dans les annexes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

L’article 3 de l’arrêté précise néanmoins que les opérateurs économiques détenteurs des titres d'exploitation forestière dans le domaine national, en possession de stocks de Bubinga et de Wengue « doivent impérativement les déclarer auprès de l'administration en charge des Forêts dans un délai maximum d'un (01) mois à compter de la date de signature du présent arrêté, sous peine de sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur ».

Le ministère des Forêts et de la Faune envisage d’accorder une autorisation spéciale d'évacuation de grumes aux détenteurs de stocks constitués dans les titres d'exploitation en cours de validité, après vérification effective de la provenance légale des bois sur le terrain.

700 000 FCfa/m3 

Très prisé par le public, le Bubinga est une essence rare qui sert à fabriquer des chaises, meubles, décors et divers objets de qualité. A titre d’illustration, les meubles fabriqués par cette essence sont les plus chers dans les magasins de Yaoundé. Sa beauté et sa durabilité font de cette essence une pièce recherchée. D’autres personnes lui accordent même le pouvoir de repousser les esprits maléfiques.

Le gouvernement veut davantage tirer profit de la vente de cette essence. Le ministre Philip Ngole Ngwese a écrit aux chefs de Brigade de contrôle et aux délégués régionaux de son département ministériel le 09 novembre dernier pour s’inquiéter des prix de vente de cette essence. « Il m’a été donné de constater qu’au cours des différentes ventes aux enchères publiques relatives à l’essence forestière Bubinga, les mises à prix pratiqués par vos services se situent entre 11 200 F.Cfa/m3 et 225 000 F.Cfa/m3, alors que l’on assiste à une flambée des prix de la ressource sur le marché tant national qu’international. Cette situation est de nature à favoriser l’exploitation illégale de cette ressource forestière qui occasionne des pertes économiques importantes pour le Cameroun », constate-t-il. D’où sa décision d’imposer que dorénavant « les mises à prix du Bubinga sous forme de grumes et de débités sont de 700 000 FCfa/m3 ».

Pour le ministre, cette décision va à la fois minimiser la coupe illicite de cette essence sur le territoire national et permettre à l’Etat d’engranger les moyens financiers substantiels sur la vente de cette essence.

Le Centre pour l’environnement et le développement (Ced) souhaite d’ailleurs que la réflexion se poursuive pour d'autres essences, comme le Moabi, dont l'exploitation intensive prive les communautés autochtones de moyens de subsistance.

Beaugas-Orain Djoyum


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