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Kenya : les crédits bancaires au secteur privé repartent à la hausse, mais pas autant que dans les cinq dernières années

(Agence Ecofin) - L'encours global des crédits accordés au secteur privé par les banques commerciales au Kenya a progréssé de 4,3% au terme du mois de juillet 2018, peut-on constater des données publiées par la banque centrale de ce pays d'Afrique de l'est.

Cette performance, bien qu’encourageante comparée à la pire des performances (+1,7%) enregistrée a la fin du mois de mai 2017, demeure faible par rapport aux 13,5% de progression moyenne enregistrée par l'activité, au cours des cinq dernières années.

Cette évolution traduit la coexistence d'un sentiment positif des investisseurs dans les perspectives économiques du Kenya pour le compte de l'année 2018, mais aussi de la déception qui continue d'animer le secteur bancaire, en raison du maintient de la loi sur la limitation des taux d'intérêts.

Par ailleurs, bénéficiant des retours positifs de leurs stratégies visant à réduire les coûts d'exploitation, les banques kényannes, du moins celles qui sont cotées (et dont les résultats financiers sont disponibles), injectent le surplus de liquidité, au sein de l'économie. Les analystes kényans sont optimistes sur le fait que la tendance haussière des crédits au secteur privé devrait se poursuivre d’ici la fin 2018.

A noter également que le Parlement a récemment validé l'abrogation de la disposition légale qui fixait un plancher de rémunération des dépôts. Cela devrait faire baisser les charge d'intérêts, surtout dans le contexte actuel de larges disponibilités de liquidités dans le système bancaire. 

Dans un tel contexte, la dynamique des performances financières a, elle aussi, été positive, notamment au cours du premier semestre 2018. Les revenus d'intérêts des banques cotées sur le Nairobi Securities Exchange se sont hissés à 113,7 milliards de shillings kényans (KES) soit environ 1,12 milliard $. Le bénéfice net global enregistré chez les mêmes acteurs a été de 51,1 milliards de KES (505 millions $). 

Des points de vulnérabilité subsistent cependant. L'encours des créances douteuses a continué de progresser, atteignant le niveau record de 9,7% du total des crédits accordés à l'économie, à la fin juin 2018. Aussi, le ratio de transformation de dépôts en crédits est descendu à 73,6% dans le secteur, son niveau le plus bas depuis 2010. 

Idriss Linge


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