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Nouvel échec des négociations au sujet de la dette du Tchad envers Glencore et plusieurs groupes bancaires

(Agence Ecofin) - Un ultime round de négociations qui se déroulait ce 20 décembre à Paris au sujet de la dette de près de 1,4 milliard $ réclamée au Tchad par la multinationale Glencore et plusieurs banques internationales, s’est de nouveau soldé par un échec.

Après l’échec de précédente discussions, le pays d’Afrique centrale avait émis une proposition, remise lors du récent sommet du G5 Sahel qui se déroulait à Paris, a appris l’Agence Ecofin de sources proches du processus et qui ont requis l’anonymat.

La rencontre de mercredi a été l’occasion de recevoir les réponses de la multinationale suisse spécialisée dans le négoce des matières premières. Mais les deux parties se sont séparées sur un constat de désaccord. « L’offre de Glencore était simplement inacceptable », a fait savoir la source.

Le Tchad assure avoir effectué des propositions en droite ligne avec les engagements qu’il a pris auprès du FMI, avec lequel il négocie le décaissement d’une deuxième tranche de financement, dans le cadre de sa facilité élargie de crédit.

Il était question, apprend-on, d’avoir un taux d’intérêt de 5% au-dessus du taux interbancaire à Londres, et un rééchelonnement des paiements sur 12 ans. Dans les coulisses, il ressort aussi que le pays a demandé l’option de racheter sa dette si les conditions le permettaient à l’avenir. Selon nos informations, certains investisseurs basés au Canada s’étaient déjà montrés intéressés à travailler avec le Tchad dans le sens de ce rachat.

Glencore et ses banques associées dans cette affaire, ont rejeté cette offre sur ses points essentiels. S’ils ont validé le principe d’un rallongement des délais de paiement, ils ont par contre été plus exigeants sur les taux d’intérêts et sur les commissions. La marge de manœuvre du Tchad semble désormais étroite. Mais le pays peut toujours jouer sur la corde diplomatique et sécuritaire. Il a en effet contribué fortement dans la lutte contre le Boko Haram au nord-est du Nigéria. Il a aussi payé un tribut important dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Bien que les enjeux et le problème soient d’une importance sérieuse, aucune des parties n’a pour l’instant encore répondu clairement aux questions de l’Agence Ecofin. Le Tchad avait contracté un emprunt auprès de Glencore pour racheter des actifs pétroliers, qui se sont avérés moins productifs que prévu. Le remboursement qui était adossé sur la production pétrolière est devenu intenable lorsque les prix du baril ont baissé, privant l’Etat tchadien, d’une bonne partie de ses revenus pétroliers.

Plusieurs personnes au sein de l’opinion publique et de la société civile internationale ont tendance à considérer le Tchad comme la victime de l’affaire. Des rapports, dont certains impliquant directement Glencore (Déclaration de Berne, Public Eye), démontrent en permanence comment ces multinationales imposent leur diktat financier à des pays fragiles et peu armés en négociations internationales.

Idriss Linge


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