Ecofin Finance
Agence Ecofin
Yaoundé - Cotonou - Lomé - Dakar - Abidjan - Genève

Géraldine Mermoux : « L’avenir de l’assurance en zone CIMA est dans les groupes régionaux »

  • Date de création: 16 février 2017 09:41

(Agence Ecofin) - En marge de la 41ème Assemblée Générale de la Fédération des sociétés d’Assurance de droit National Africaines, le Directrice de FINACTU, une société spécialisée sur le conseil et l’accompagnement financier et stratégique en Afrique, a accepté d’apporter des réponses à plusieurs préoccupations qui caractérisent actuellement le marché des assurances en Afrique.

Agence Ecofin : Vous avez accompagné le groupe Atlantic (AFG) dans son processus d’entrée au Benin, au-delà de votre longue expérience sur le marché des assurances en Afrique, quelles nouvelles expériences avez-vous vécues dans le cadre de ce processus ?

Géraldine Mermoux : Cette entrée d’Atlantic sur le marché béninois était intéressante, car, si elle n’a rien appris de nouveau, elle a confirmé une vérité que les opérateurs et les investisseurs doivent méditer : aucune opération de fusion-acquisition ne devrait être faite sans une due diligence sérieuse, en assurance plus qu’ailleurs. Car nous avons eu l’occasion d’examiner beaucoup de compagnies candidates au rachat, et ce n’est qu’à l’issue de ces due diligences approfondies que nous avons pu assister le Groupe Atlantic dans le choix de ARGG, une belle petite compagnie vie à très fort potentiel. Et par la suite, Atlantic a voulu conforter sa présence au Bénin par une compagnie non-vie, et compte tenu des cibles possibles, nous avons conseillé plutôt un projet green field avec un nouvel agrément.

Agence Ecofin : En rapport avec la nouvelle règlementation de la CIMA sur l’obligation fais aux assureurs sous sa régulation d’augmenter leur capital social, FINACTU estime qu’on assistera à de grosses fusions et acquisitions dans le secteur sur les toutes prochaines périodes. Est-ce qu’il y a un risque de disparition des plus petits qui généralement sont des nationaux ?

Géraldine Mermoux : Nous pensons en effet que l’augmentation massive du capital social minimal va jouer comme un accélérateur de concentration, en obligeant tous les assureurs à atteindre une taille critique justifiant un tel niveau de capital. Mais il y a deux aspects dans votre question.

Le premier est celui de la disparition des petits. Il est trop tôt pour dire comment la croissance des assureurs va se faire : croissance organique des plus gros et disparition pure et simple des petits ? Ou absorption des petits par les moyens ? La CIMA, par sa politique d’agrément plus ou moins souple, pourra donner une partie de la réponse. Mais en tout état de cause, FINACTU constate qu’il existe des assureurs qui n’ont que très peu d’avantages comparatifs et qui ne pourront ni survivre, ni s’intégrer dans des groupes plus grands.

Le second aspect concerne l’avenir des assureurs purement nationaux. Tous les assureurs savent que la diversification est une condition de solidité, et un groupe régional comme NSIA est infiniment plus solide en tant que groupe que la simple somme de ses filiales. Donc oui, il est certain que l’avenir est aux groupes régionaux. Si la réglementation évoluait vers l’agrément unique, cela serait encore plus spectaculaire. On notera que les assureurs l’ont bien compris et nous assistons à de nombreuses tentatives pour se « régionaliser ».

Agence Ecofin : Certains analystes pensent que l’étroitesse des fonds propres des assureurs n’est pas le gros problème des assureurs de la zone CIMA. Ils pointent du doigt une faible mise en vigueur des régulations existantes. Quel est votre avis sur cette façon de voir les choses ?

Géraldine Mermoux : Il faut être aveugle et sourd pour prétendre qu’il n’y a pas un problème de fonds propres dans l’espace CIMA. La réglementation d’avant la réforme était l’une des plus bienveillante, et autorisait un simple commerçant disposant de seulement FCFA 1 milliard à créer sa compagnie. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit, avec une multiplication des petites compagnies.

Ceci étant dit, il est certain que ce problème de fonds propres n’est pas le seul problème, et encore plus certain que l’augmentation du capital minimal à FCFA 5 milliards ne va pas régler tous les problèmes de l’assurance en zone CIMA.

Agence Ecofin : Au cours de l’AG de la FANAF, il a été question de digitalisation des services d’assurance. Est-ce que les pays membres de la CIMA sont prêts à suivre cette évolution en termes de régulation, et est-ce que l’assurance pourra connaître le même succès que les banques dans ce domaine ?

Géraldine Mermoux : Oui, nous pensons que la révolution digitale va toucher l’assurance comme la banque, à la différence que la banque est un service plus immédiatement vital que l’assurance, qui nécessite un effort de conviction plus fort.

Agence Ecofin : Certaines enquêtes de satisfaction ont fait état de ce que très souvent les clients se plaignent du faible taux de règlement des sinistres. Mais dans un continent à risque comme l’Afrique comment garantir une couverture maximale tout en assurant de la rentabilité aux sociétés d’assurances ?

Géraldine Mermoux : Il y a eu, jusqu’à encore récemment, un cercle vicieux de l’assurance africaine, avec des assureurs en difficulté qui effectivement retardaient le règlement des sinistres pour survivre. Ce comportement a gravement pénalisé tout le marché, en minant la confiance des assurés. C’est ce qui explique en partie la faible pénétration de l’assurance dans nos pays. Mais ce cercle vicieux s’est inversé il y a quelques années, avec le durcissement progressif de l’autorité de contrôle, qui est de plus en plus inflexible, avec l’émergence de nouveaux groupes sérieux, qui contribuent à redorer le blason de l’assurance auprès des consommateurs. Il faut garder en tête que l’assurance africaine est assez rentable, avec des niveaux de sinistralité relativement faible ou, disons-le dans l’autre sens, des prix relativement élevés.

Propos recueillis par Idriss Linge


Ecofin Finance     


 
GESTION PUBLIQUE

Sommet de Sotchi: Vladimir Poutine accueille plus de 40 dirigeants africains pour discuter coopération

Burkina Faso : 144 millions $ d’investissements publics prévus pour l’eau et l’assainissement sur la période 2020/2022

Coopération bilatérale : Jean-Yves Le Drian en visite au Cameroun en plein sommet Russie-Afrique

Zone franc : trop peu industrialisées, les économies restent vulnérables aux cours des matières premières (Trésor français)

 
AGRO

Ethiopie : les autorités enquêtent sur un potentiel détournement de fonds destinés aux sucreries

Tunisie : la BAD organise un séminaire d’achèvement du projet pilote d’utilisation des drones dans le secteur agricole

OCP Africa et l’ITFC signent un mémorandum pour le renforcement de la productivité agricole africaine

L’Angola adhère au Centre régional de contrôle et de surveillance des pêches de la SADC

 
ELECTRICITE

Ghana : l’annulation de la concession de l’ECG fait perdre 190 millions $ de financement à l’Etat

Gambie : 30 % de la population rurale électrifiée grâce aux solutions solaires off-grid d’ici à 2030

Cameroun : 20% des connexions au réseau électrique sont illégales

Mis en cause, l’IPTL s’oppose à la condamnation de la Tanzanie à verser 185 millions $ à la Standard Chartered

 
HYDROCARBURES

Angola : Sonangol augmente sa participation dans la plus grande banque privée du Portugal

Egypte : au cours des 5 prochaines années, Dragon Oil va investir 1 milliard de dollars dans le golfe de Suez

CEMAC : les entreprises pétrolières vont devoir appliquer la nouvelle réglementation de change, avertit la BEAC

L’Afrique du Sud envisage de s’appuyer sur le gaz de schiste pour réduire le taux de chômage dans la région de Karoo

 
MINES

Sundance Resources espère conclure un nouvel accord avec le Cameroun sur le projet de fer de Mbalam avant juin 2020

De Beers maintient ses prévisions de production, malgré une performance en baisse au troisième trimestre

Mali : Hummingbird en passe d’atteindre son objectif de production annuelle à Yanfolila

Tanzanie : Armadale revoit à la hausse le potentiel du projet de graphite Mahenge Liandu

 
TELECOM

Kenya : l’université Moi injectera 2 millions $ dans l’extension de son usine d’assemblage d’appareils informatiques

La Tanzanie fournira de la connectivité Internet à haut débit au Burundi

Cameroun : MTN, Orange et le consortium Arago-Epi Use se disputent le marché de la digitalisation de la fonction publique

Côte d’Ivoire : le secteur des télécoms a réalisé un chiffre d’affaires de 373 millions $ au 2e trimestre 2019 (-2%)

 
FORMATION

US News & World Report classe 52 universités africaines parmi les 1500 meilleures du monde

L’Université virtuelle du Sénégal s’associe à l'Institut Pasteur pour proposer une formation en ligne sur la résistance aux agents antibactériens

Afrique du Sud : l’Université de Stellenbosch lance une formation d'ingénieurs de données, accréditée par le Conseil d'ingénierie

RDC : Kinshasa Digital lance les inscriptions en vue de l’ouverture de sa première école de codage en janvier 2020

 
COMM

Ghana : le régulateur des médias se défend d’empêcher la liberté d’expression

Russie-Afrique : les médias comme nouvel axe de collaboration

Cameroun : les éditeurs de la presse en ligne se regroupent en association

Burundi : les autorités vont-elles sanctionner l’hebdomadaire Iwacu et la radio Isanganiro ?

Enveloppe
Recevez chaque jour la lettre
Ecofin Finance/Gestion Publique