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Côte d'Ivoire : les partisans de Laurent Gbagbo déposent sa candidature pour l’élection présidentielle

  • Date de création: 31 août 2020 15:30

(Agence Ecofin) - La plateforme EDS, une coalition de partis politiques proches de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, a déposé ce lundi sa candidature pour l’élection présidentielle. Ceux-ci considérant comme « nulle et non avenue » sa radiation de la liste électorale.

La plateforme Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), une coalition de partis politiques et de mouvements proches de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo (photo) a procédé ce lundi 31 août au dépôt de sa candidature pour l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire auprès de la Commission électorale.

Les responsables de cette plateforme, qui avaient annoncé officiellement cette action depuis quelques jours, étaient accompagnés par des dizaines de militants et sympathisants chantant et scandant des slogans de soutien à l’ancien président.

Le 24 août dernier, la justice ivoirienne, sur saisine des avocats de l’ancien président, avait confirmé la décision de la Commission électorale qui radie définitivement Laurent Gbagbo de la liste électorale de 2020. Le motif invoqué est sa condamnation par contumace à 20 ans de prison dans un procès dit de « braquage de la BCEAO », le 18 janvier 2018.

Pour la plateforme EDS qui qualifie ces différentes décisions d’« agissements illégaux et injustes contre le président Laurent Gbagbo », il s’agit purement et simplement « de l’instrumentalisation de l’institution judiciaire à des fins politiciennes ayant pour seul but d’exclure, par peur, un redoutable adversaire du jeu politique et de la compétition électorale ».

A travers le dépôt, ce jour, de la candidature de Laurent Gbagbo – qui d’ailleurs reste très populaire dans le pays - à l’élection présidentielle, ses partisans confirment ainsi « qu’ils considèrent nulle et non avenue la radiation » de l’ancien président.

S’exprimant après le dépôt de cette candidature, Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de Laurent Gbagbo et membre de la plateforme EDS, a déclaré que « sans sa présence (Laurent Gbagbo, Ndlr), nous estimons qu’il ne peut y avoir d’élection démocratique dans ce pays. Donc à partir d’aujourd’hui, nous mettons tout en œuvre pour que Laurent Gbagbo soit en Côte d’Ivoire ».

Acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) de toutes les charges pour lesquelles il était poursuivi, l’ancien président Laurent Gbagbo qui vit actuellement à Bruxelles (Belgique) s’est récemment vu refuser la délivrance d’un passeport diplomatique et, par la suite, d’un passeport ordinaire par les autorités ivoiriennes. Une situation dans laquelle ses partisans et de nombreux observateurs voient une manœuvre visant à empêcher un poids lourd du jeu politique ivoirien de revenir dans le pays, à seulement quelques semaines d’une élection présidentielle de tous les enjeux.

L’ancien président n’est, par ailleurs, pas seul dans ce cas. L’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, s’est également vu condamner à 20 ans de prison dans un procès par contumace et radié de la liste électorale. Ses partisans ont malgré tout prévu de déposer sa candidature auprès de la Commission électorale, ce lundi.

Après les violences qui ont émaillé l’annonce du président sortant, Alassane Ouattara, de briguer un troisième mandat présidentiel, il est fort à craindre que la perspective du rejet de certaines candidatures à cette élection ne fasse courir un risque de nouvelles contestations. Surtout avec une commission électorale en mal de crédibilité auprès des acteurs politiques ivoiriens, mais également auprès de la justice internationale.

En effet, dans une décision en date du 15 juillet 2020, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) avait ordonné à la Côte d’Ivoire de réformer à nouveau la Commission électorale dans un délai de trois mois. Mais les autorités ivoiriennes ont visiblement décidé de passer outre cette injonction, malgré tous les signaux négatifs qui se profilent à l'horizon pour cette échéance électorale du 31 octobre, dans le pays.

Borgia Kobri

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