Cameroun: Eto’o Télécom n’est pas un opérateur (classique) mais un opérateur virtuel

Cameroun: Eto’o Télécom n’est pas un opérateur (classique) mais un opérateur virtuel

(Agence Ecofin) - L’Agence de régulation des télécommunications (ART) du Cameroun corrige Eto’o Télécom. La compagnie, qui avait été lancée en grande pompe le 22 décembre 2011, ne pratique que « la revente de trafic téléphonique et non l’exploitation d’un nouveau réseau de téléphonie mobile ». En clair, la société du célèbre footballeur camerounais n’est pas, écrit par ailleurs Lanouvelleexpression.info, « un troisième opérateur du mobile, mais plutôt un revendeur de crédit ».

La confusion avait été entretenue par les dirigeants d’Eto’o Telecom, puisque Charles Guéret, administrateur directeur général de la société, affirmait lors de la conférence de lancement: « On sera opérateur de téléphonie mobile au même titre qu'Orange et MTN ». Difficile de parler d’une erreur de communication pour quelqu’un qui a travaillé pour le groupe France Telecom au Togo et qui ne peut ignorer la différence entre un opérateur de télécommunications et un revendeur de crédit.

 

Le communiqué de l’Agence de régulation des télécommunications, publié le 5 janvier 2012 dans Cameroon Tribune précise un peu plus les faits, en expliquant que « la société Eto'o Telecom a reçu de l'ART un récépissé transitoire de déclaration pour la fourniture des services à valeur ajoutée; l'activité envisagée par le requérant relève du régime de la déclaration, conformément aux dispositions de l'article 15 de la loi n° 2010/13 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au Cameroun ».

Ainsi, selon le régulateur, Eto’o va revendre du trafic téléphonique à travers les réseaux d’autres opérateurs, comme le font « une soixantaine de sociétés [qui] disposent de titres d’exploitation similaires au Cameroun ». Une activité qui « consiste à acheter du trafic en gros, en marque blanche et à le commercialiser au grand public sous enseigne ou appellation commerciale personnalisée », précise l’ART.

Si le régulateur camerounais s’est senti obligé de publier ce communiqué, c’est, explique un fonctionnaire du ministère des Postes et Télécommunications cité par le site d’informations LaNouvelleExpression.info, « parce que les différentes communications d’Eto’o Telecom font état de ce que la société est un troisième opérateur du mobile, ce qui n’est pas le cas ».

En réalité, explique ce fonctionnaire, Eto’o Telecom « a demandé une licence pour travailler en tant qu’opérateur virtuel » ; mais, les textes étant « en signature à la présidence de la République », un récépissé transitoire de déclaration lui a été remis, dans la catégorie des revendeurs de crédit. Le cheminement pour être opérateur de télécommunications n’est pas le même. La différence entre un opérateur virtuel et un opérateur classique de télécommunications, c’est que le premier « n’a pas d’équipement [ni de] réseau propre, il achète les minutes de crédit et les revend à ses abonnés ».

Selon LaNouvelleExpression.info, le communiqué de l’ART apporte « une contradiction de taille aux propos servis par le top management d'Eto'o Telecom ». Suffisant pour que le portail d’information se demande si, avec ces précisions de l’Agence de régulation des télécommunications, « l’engouement restera le même » pour Eto’o Telecom dont le lancement opérationnel (activation des puces) est prévu pour le 21 janvier 2012.

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Yaoundé-Genève | 19 juin 2013