Yaoundé-Genève | 30 juillet 2014

Laurent Gbagbo, incarcéré à la prison de Scheveningen, près de La Haye

Laurent Gbagbo, incarcéré à la prison de Scheveningen, près de La Haye

(Agence Ecofin) - L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo sous mandat d’arrêt de la CPI depuis mardi dernier, a été incarcéré dans l’institution pénitentiaire de Scheveningen, dans les faubourgs de La Haye. Il devrait comparaitre pour la première fois lundi 5 décembre.

Laurent Gbagbo est officiellement inculpé en tant que « coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité », dont meurtres, viols et actes de persécution, dans le contexte des violences post-électorales survenues entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

La CPI, et notamment le procureur Luis Moreno Ocampo, se sont montrés particulièrement rapides sur cette affaire. Le 3 octobre dernier, le procureur de la cour autorisait l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis en Côte d’Ivoire suite au second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010.

Si la Côte d’Ivoire n’a pas ratifié le Statut de Rome de la CPI, elle a reconnu à deux reprises la compétence de la juridiction. Alassane Ouattara a notamment demandé en mai dernier l’ouverture de poursuites pour les crimes commis depuis 2010. Le procureur et le président se sont d’ailleurs rencontrés à Paris, le 26 novembre au sujet de Laurent Gbagbo.

Le jugement de Gbagbo apparait comme primordial pour la CPI, entrée en vigueur en 2002.  « C’est un très bon pas en vue de rétablir l’Etat de droit dans un pays qui a été marqué par un épisode aussi violent, qui a tué probablement 3000 personnes », se félicite Corinne Dufka, responsable Afrique chez Human Rights Watch à New York.

« C’est une étape fantastique, celle de la normalisation pour la justice internationale, qui a mené la procédure en un temps record », ajoute Florent Geel, le responsable du Bureau Afrique de la Fédération des ligues des droits de l’homme à Paris.

Toutefois, il apparait évident que le seul jugement d’un homme ne suffira pas à marquer une réelle justice face aux graves exactions commises en Côte d’Ivoire. Les réactions se font nombreuses et mettent en évidence l’extrême nécessité de juger l’ensemble des faits et des responsables.

« Nous considérons que les politiques comme les membres des groupes armés des deux côtés doivent être inquiétés de la même manière, c’est crucial pour la confiance de la population ivoirienne en une justice qui ne serait pas celle des seuls vainqueurs », a-t-elle déclaré Corinne Dufka.

De façon plus virulente, un ex-conseiller de l’ex-président ivoirien, Alain Toussaint, a dénoncé « une justice de vainqueur » allant même jusqu’à considérer le mandat d’arrêt comme « illégal » et représentant « une opération politicienne destinée à liquider définitivement le président Gbagbo ».

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