L’agriculture, une priorité pour diversifier l’économie angolaise
(Agence Ecofin) - La rapide reconstruction de l’Angola va inciter des entreprises étrangères à venir investir dans les importantes ressources naturelles du pays, notamment l’agriculture, aidant celui-ci à diversifier son économie encore trop fortement sous l’emprise du secteur pétrolier, a déclaré hier la nouvelle patronne de l’ANIP, l’agence d’investissement privé du pays, Maria de Luisa Abrantes. Une nouvelle législation édictée en 2011 permet au gouvernement d’approuver plus rapidement des projets d’investissements étrangers et de les gérer plus efficacement, rappelle-t-elle.
«En éliminant les mines datant de la guerre, nous avons non seulement commencé mais avons accéléré la reconstruction des infrastructures. Vous pouvez voir que nous travaillons jour et nuit », a souligné la présidente à l’agence Reuters. «Sans cela, il serait impossible de diversifier l’économie.»
Actuellement, le pétrole, dont l’Angola est le deuxième producteur du continent, représente 45% de son PIB et 95% de ses recettes d’exportation. Le brut est à la source de la croissance du pays depuis la fin de la guerre civile il y a une décennie, qui devrait encore dépasser les 10% cette année. Mais le gouvernement est conscient qu’il doit développer les autres secteurs de son économie, ne serait-ce en cas de chute des cours du baril. C’est pourquoi il a passé cette nouvelle législation l’année dernière qui précise notamment les délais impartis pour approuver des demandes d’investissements, même ceux excédant $ 10 millions et qui requièrent la signature du chef de l’Etat.
Depuis la nomination de Maria de Luisa Abrantes en novembre dernier, l’ANIP a approuvé 23 projets, représentant 1,84 milliard d’euros. Rappelons que l’Angola est le plus important récipiendaire d’investissements directs étrangers en Afrique subsaharienne, ayant reçu $ 10 milliards en 2010, selon les chiffres de la CNUCED. Deux ans auparavant, soit avant la crise mondiale, ce chiffre avait atteint $ 16,5 milliards.
Certes, ceci comprend des investissements réalisés dans le secteur pétrolier, mais les investissements non pétroliers ont tout de même atteint $13,6 milliards entre 2007 et 2011. Les principaux investisseurs actuellement viennent de Chine, du Portugal, du Brésil et des Etats-Unis via, souvent, les paradis fiscaux s’agissant de ce dernier.
« Nous avons des priorités. Premièrement l’agriculture, puis l’industrie légère et, lorsque les infrastructures seront prêtes, l’industrie plus lourde », précise-t-elle.






























