Hydrocarbures

Pipeline Tchad-Cameroun: vers une réévaluation des droits de transit

Pipeline Tchad-Cameroun: vers une réévaluation des droits de transit

(Agence Ecofin) - En 8 ans, près 85,5 milliards FCfa seulement sont entrés dans les caisses de l’Etat. La modestie des droits de transit engrangés par le Cameroun remet à l’ordre du jour l’impératif de renégocier le contrat de transit du brut tchadien en territoire camerounais.

D’ici peu, annonce le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP) dans sa dernière publication, le pipeline va accueillir davantage de brut tchadien appartenant à deux nouveaux exploitants. Notamment : China National Petroleum Company et de Griffiths International. Le transport de ces nouvelles productions par cet oléoduc devrait donc augmenter le nombre d’enlèvements effectués au terminal de Kribi et, partant, le montant des droits de transit engrangé par le Trésor public camerounais. Pour l’instant, relève la «Lettre du CPSP», 462 enlèvements ont déjà été effectués depuis le 3 octobre 2003, date de la mise en service du pipeline, soit un total de 417 millions de barils. Les retombées financières tirées par le Cameroun sont évaluées à 85,5 milliards.

Mais, à bien regarder de près, cette somme paraît bien faible. Des sources crédibles révèlent en effet que 3 ans seulement après l’entrée en activité de l’oléoduc, le consortium constitué d’Exxon-Mobil, Petronas et Chevron-Texaco avait réussi à empocher la totalité des 2300 milliards investis dans le projet. Et ce, à la faveur d’une embellie des cours du pétrole brut sur le marché mondial. Traduction : le consortium ayant amorti son investissement assez rapidement, les ressources tirées de la vente du pétrole tchadien par ces multinationales sont enregistrées dans la rubrique «bénéfice». Alors que le Cameroun, en 8 ans, se contente seulement de 85,5 milliards.

Du coup, d’aucuns pensent que le gouvernement va réchauffer son ambition de renégocier le contrat de transit passé avec la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO), l’entreprise qui exploite le pipeline pour le compte dudit consortium, afin que les «revenus du Cameroun ne soient plus inversement proportionnels à l’embellie des cours mondiaux du pétrole», s’il faut parodier Adolphe Moudiki, président du CPSP et administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH).

Ce faisant, il n’est pas exclu que le gouvernement demande non une réévaluation du droit de transit, mais qu’il exige plutôt l’équivalent de ce droit en pétrole.

GCM

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