Sénégal: le régulateur réclame 15,6 millions de $ à un homme d'affaires sénégalais

Sénégal: le régulateur réclame 15,6 millions de $ à un homme d'affaires sénégalais

(Agence Ecofin) - Dans une conférence de presse donnée le 30 mai 2012, le directeur général de l'Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), Thierno Alassane Sall (photo), en poste depuis avril 2012, a informé les journalistes que le régulateur des télécommunications réclame le remboursement d'un montant de 8,2 milliards de francs CFA (15,6 millions de dollars) à l'homme d'affaires Papa Amadou Cheikh Amar. Motif: deux immeubles que les sociétés Touba Real Estate et Amar Holding appartenant à l'homme d'affaires devaient vendre à l'ARTP alors que leurs travaux de construction « en sont au stade de fondations ».

Pour sa part, l'homme d'affaires a déclaré hier sur les ondes d'une radio dakaroise que «l'immeuble est en cours de construction» et que l'ARTP ne lui a pas encore payé intégralement la somme due. Selon le quotidien Le Dakarois, il aurait même décidé de porter plainte contre l'agence de régulation.

Autre affaire révélée par l'ARTP, la plainte contre X qu'elle a déposée, le 29 mai 2012, pour détournement et complicité de détournement de deniers publics, escroquerie et complicité d'escroquerie portant sur des deniers publics et accessoirement concussion, sans préjudice d’autres délits que l’enquête pourrait révéler.

La plainte est la conséquence d'un contrat d'assistance technique pour le contrôle, la supervision du trafic international et la lutte contre la faude. Une affaire qui, selon le directeur de l'ARTP, "n'aurait jamais eu lieu si, à coups de décrets, les plus hautes autorités d'alors n'avaient modifié les réglements en vigueur, à la seule fin de permettre à des personnes connues à l'avance, de signer des marchés extrêmement avantageux" pour elles.

L'entreprise en cause, ici, est la MTL Infrastructures et Services, dont le contrat a finalement été annulé par les autorités.

L'ARTP évoque aussi "une affectation des ressources financières à des cabinets d’avocats nationaux et étrangers pour les conseils d’assistance financière et juridiques à l’Etat", dénonçant la réception, par "un cabinet d’avocats bien connu de la place, en l’espace de deux mois, (de) près de 200 millions de francs CFA" (379000 dollars).

Ce sera à la justice sénégalaise de dire le droit dans ces affaires.

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Yaoundé-Genève | 24 mai 2013