Bruno Koné : « La chance est la rencontre entre l’opportunité et l’effort »

Bruno Koné : « La chance est la rencontre entre l’opportunité et l’effort »

(Agence Ecofin) - Nommé à la tête du Ministère de la poste et des technologies de l’information et de la communication de Côte d’Ivoire en juin 2011, Bruno Koné est un technocrate et fin connaisseur du secteur des télécommunications. Dans cet entretien accordé au magazine Réseau Télécom, il déroule sa carrière, sa passion pour les télécoms et pour l’innovation. 

Pourriez-vous retracer votre parcours formatif et vos domaines d’expertise ?

Bruno Koné : Je suis spécialisé dans les domaines de la finance et de la comptabilité, du management d’entreprises, et j’ai une bonne connaissance du secteur des télécommunications.

Je suis diplômé de l’Ecole supérieure de commerce d’Abidjan (ESCA) dans le cadre du Programme international de management (PIM) à l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) de Paris/Jouy-En-Josas. Ce cursus est complété par diverses formations spécialisées, notamment dans les domaines du management des entreprises, de la comptabilité et de la finance.

Quels sont les évènements majeurs de votre carrière jusqu’à votre installation à la tête du Ministère des TIC de Côte d’Ivoire ?

BK : Après le baccalauréat et une formation en école de commerce, j’ai débuté ma carrière professionnelle en cabinet d’audit, chez Arthur Andersen. J’ai par la suite occupé plusieurs postes de directeur financier, avant d’occuper à deux reprises des fonctions de directeur général de PME. Mon parcours dans le secteur des télécommunications (DGA, puis DG de l’opérateur historique Côte d’Ivoire Télécom, directeur de l’audit finance du groupe France Télécom, directeur des affaires réglementaires du groupe France Télécom, en charge de la zone Afrique, Moyen-Orient, Asie - AMEA) m’a également permis d’avoir à la fois une bonne connaissance du secteur en Côte d’Ivoire, de savoir les meilleures pratiques chez un opérateur de rang mondial (France Télécom), et de disposer d’une vue relativement précise des environnements télécoms de plusieurs pays africains, proches du mien.

En tant que financier, vous vous êtes progressivement spécialisé dans le secteur IT. Qu’est-ce qui a motivé votre orientation dans le secteur IT ?

BK : Le hasard, quand il m’a été proposé en 2001 d’assurer la direction générale de Prestige Telecom, PME qui faisait de la vente d’équipements VSat et fournissait des services de connexion par faisceaux hertziens. J’ai immédiatement été séduit par les technologies déployées dans le secteur, par l’importance de l’impact économique et social sur les populations et la marche du monde, par la vitesse des évolutions… Je me suis donc plus formé par curiosité et envie, et pas du tout sous la contrainte, au point aujourd’hui d’avoir l’estime et la considération d’ingénieurs et d’autres experts techniques du domaine. Je continue de m’intéresser à toutes les évolutions dans le secteur, et mon expérience managériale me permet probablement plus facilement que d’autres de savoir ce qui est utile pour notre marché et comment vulgariser les solutions proposées.

Votre parcours professionnel est éloquent. Comment expliquez-vous ce besoin d’innover en permanence ? Quel est le ressort de votre motivation pour relever tous ces défis ?

BK : Sans aucun doute la curiosité, et l’envie de toujours faire au mieux ce qui m’est confié. Je ne conçois pas de prendre des décisions sur des sujets que je ne maîtrise pas, ce qui m’oblige à apprendre, à comprendre, à rechercher, etc. Je pense que nous devrions tous fonctionner de cette façon, car cela éviterait un grand nombre d’erreurs souvent commises par suffisance ou incompétence.

Quelle est la principale satisfaction que vous tirez de votre expérience professionnelle ?

BK : Le fait d’avoir eu une carrière très diversifiée, et toujours en progression d’un poste à l’autre. Je pense avoir maintenant atteint le plafond, et je voudrais faire de mon passage à ce Ministère des TIC une réussite au plan des réalisations et de l’utilité de ces réalisations pour nos compatriotes. Je pense avoir eu beaucoup de chance, mais ne dit-on pas souvent que « la chance est la rencontre entre l’opportunité et l’effort » ?

Et, a contrario, l’expérience ou la réalisation qui ne resteront pas dans les annales ? 

BK : Naturellement, tout n’a pas été parfait. Par exemple, même si cette entreprise a fait faillite plusieurs années après mon départ de la direction générale, j’ai longtemps considéré la non-réussite du projet Centradis comme un échec personnel. C’était un projet ambitieux de création d’une entreprise de distribution de gros par des Ivoiriens, pour des Ivoiriens, via un réseau de jeunes distributeurs ivoiriens. L’environnement était très complexe, il l’est d’ailleurs encore, mais c’était un projet utile, et j’espère qu’un jour d’autres entrepreneurs nationaux arriveront à s’imposer dans ce secteur.

Après une carrière à l’étranger, vous avez fait le choix de faire un retour au pays. Qu’est-ce qui a motivé votre retour en Côte d’Ivoire en 2008 ?

BK : L’envie de servir mon pays. De Paris, je regardais avec beaucoup de tristesse ce qui se passait dans mon pays, et je rêvais tous les jours de ce qu’il était possible de faire pour nos concitoyens dans une Côte d’Ivoire pacifiée et unifiée, dont tous les enfants rameraient dans la même direction. Je crois avoir eu une chance inouïe d’être appelé à ce niveau de fonction pour servir mon pays et mes concitoyens, et je fais tout, tous les jours, pour mériter la confiance qui m’a été faite.

Bio express

  •  Depuis le 1er juin 2011 : ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication ;
  •  Février 2011 - juin 2011 (5 mois) : directeur des affaires réglementaires zone AMEA (Afrique, Moyen-Orient & Asie) du groupe France Télécom (Paris-France) ;
  •  2008 - janvier 2011 (3 ans) : directeur délégué audit finance du groupe France Télécom (Paris – France) ; en charge de la conception du programme d’audit, de la supervision des missions du domaine finance, du pilotage du projet Sarbanes Oxley, des relations avec les services en charge du contrôle interne, de la fraude et du revenu assurances ;
  •  2003 - 2008 : directeur général adjoint (2003/2005), puis directeur général (2005/2008) de l’opérateur historique du secteur des télécommunications en Côte d’Ivoire, filiale de France Télécom ;
  •  2001 - 2003 (2 ans) : directeur général de Prestige Telecom secteur télécommunications ;
  •  1998 - 2001 (3 ans) : directeur financier de Comafrique Entreprises (groupe Sifcom), concession automobile (marques Audi, VW, Daewoo, Nissan), activité médicale, télécommunications (Alcatel), etc. ;
  •  1997 - 1998 (1 an) : directeur adjoint IATA – BSP CWA (International Air Transport Association – BSP Central and West Africa) secteur aéronautique ; lancement du programme de facturation et de compensation (Billing and Settlement Plan), intégrant les agences de voyage et les compagnies aériennes desservant treize pays de la zone Afrique de l’Ouest et du Centre ;
  •  1991 - 1996 (5 ans) : directeur financier, administrateur du Groupe Atlantique (Centrages, Centradis, Banque Atlantique) ; activités principales : banque, boulangerie, marchandises générales, transport, agriculture, etc. ;
  •  1988 - 1991 (3 ans) : directeur financier Sn Abidjan Industries (SnABI) ; activités principales : maintenance de matériels ferroviaires, fonderie, fabrication de matériels agricoles et de production de froid, etc. ;
  •  1985 - 1988 (3 ans) : assistant puis chef de mission au cabinet d’audit Arthur Andersen – Abidjan Côte d’Ivoire ; participation à la conduite de missions d’audit, de commissariat aux comptes ou de conseil auprès d’entreprises et d’institutions d’Afrique occidentale et centrale.

Paru dans Réseau Télécom Network No 54

www.reseautelecom.com  

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Yaoundé-Genève | 19 mai 2013