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«Permettre aux entreprises africaines de premier rang de rivaliser sur le plan international»

«Permettre aux entreprises africaines de premier rang de rivaliser sur le plan international»
  • samedi, 31 août 2013 05:59

Me Eric Vazey, avocat associé au cabinet genevois Montavon Mermier Vazey Realini, est convaincu que l’âge d’or de l’Afrique a sonné et que la Suisse, première place mondiale du financement du négoce de matières premières, peut jouer un rôle crucial dans l’émergence des économies africaines, soucieuses d’accéder aux marchés internationaux et d’y devenir concurrentielles. A l’approche du 9eme forum EMA Invest qui mettra en contact des décideurs et financiers africains et suisses, il nous livre son point de vue d’avocat rompu aux milieux d’affaires suisses.

Agence Ecofin : Qu’offre la place de Genève aux pays producteurs de matières premières ?

Me Eric Vazey : Vous le savez, les besoins en financements de matières premières représentent plusieurs milliards de dollars chaque jour. Sans aucun doute, le succès de Genève tient d’abord du fait de la présence en ce lieu de grandes banques susceptibles de répondre efficacement aux problèmes de garanties bancaires et de crédits documentaires spécifiques aux opérations de trading. Première place mondiale du financement du négoce des matières premières, Genève offre également un environnement multiculturel, la présence de grandes compagnies de shipping, de sociétés de certification, sans parler de ses ressources humaines particulièrement qualifiées dans le domaine du négoce international et du bon fonctionnement des infrastructures financières. C’est l’accès privilégié à un cercle de plus de 500 sociétés de trading et aux marchés en rapport, pour une meilleure intégration économique internationale afin d’influer plus fortement sur les marchés mondiaux et de dégager une meilleure rentabilité économique.

Agence Ecofin : A ce jour, quels pays d’Afrique ont su se positionner sur cette place ?

Me Eric Vazey : Très honnêtement, contrairement aux sociétés de trading européennes, russes, asiatiques ou arabes, le positionnement des entreprises africaines sur Genève n’est qu’à ses balbutiements. Jusqu’ici, Genève a surtout attiré des filiales de sociétés nationales d’opérations pétrolières africaines, soit Petroci International SA (Côte d’Ivoire), Petrolin (Gabon) ou encore Samoil (Angola). Or, il est certain que l’ouverture et l’internationalisation constantes des marchés vont inévitablement conduire les entreprises africaines de premier rang à élargir leur champ de vision et le périmètre de leurs activités pour devenir concurrentielles et créer des synergies positives.

Agence Ecofin : Les traders genevois commencent à investir dans la production, et même dans la transformation des matières premières. Comment les pays africains peuvent-ils tirer avantage de cette nouvelle approche ?

Me Eric Vazey : Les matières premières jouent un rôle bien plus important dans la croissance en Afrique qu’ailleurs car ce sont historiquement les sociétés publiques qui contrôlent la plus grande partie de la production. Il va sans dire que les pays africains, par leurs ressources naturelles immenses, ont une carte maitresse à jouer. Mais les activités de production et de transformation des matières premières soulèvent des questions complexes et délicates en matière notamment de normes sociales et environnementales ainsi que dans la transparence des flux financiers. Il est donc indispensable que des travaux de mise en œuvre de recommandations et de réglementations soient menés de concert avec toutes les parties concernées.

Me Eric Vazey, avocat associé au cabinet genevois Montavon Mermier Vazey Realini
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