Le barrage de Noun-Wouri : déjà un important client
(Agence Ecofin) - Le projet du barrage hydroélectrique de Noun-Wouri représente un potentiel énorme. « Noun-Wouri c’est la jonction entre deux bassins versants : le Noun et le Wouri. Ici, les chutes sont très favorables », explique Jacques Noutang Betchem, chargé d’études assistant à la Cellule des études et de la prospective du ministère de l’Energie et de l’Eau. Selon lui, des partenaires semblent intéressés par ce projet, mais personne ne s’est véritablement engagé. Le financement nécessaire à sa réalisation estimé à 2500 milliards de Francs Cfa (3,8 milliards €) reste attendu. « Certaines entreprises ont signé des protocoles d’accord avec le gouvernement et ne se sont plus jamais présentées. Ce n’est pas la première fois que ces protocoles d’accord sont signés. Le gouvernement a déjà fait des études, mais il faut les réactualiser avant de développer le barrage », affirme Jacques Noutang Betchem.
Un important client
Le projet se réalisera en deux phases : la construction d’un barrage réservoir et la construction d’une centrale hydroélectrique. Ce barrage aura pour rôle d'accumuler une réserve d'eau et de créer des chutes qui permettront d'actionner les turbines pour la production de l’électricité.
Ce projet ne sera pas seulement bénéfique au Cameroun. Les pays voisins du Cameroun, le Nigéria en particulier, sera un client. Selon African Energy Company SA (AEC) qui a réalisé une étude sur ce projet, « le Nigeria génère actuellement seulement 3500 MW alors qu’il a besoin de 100 000 MW pour devenir une économie industrialisée. Selon la Banque mondiale, l’un des plus grands obstacles à la promotion du secteur privé au Nigeria est l’électricité qui est un facteur essentiel à la production. Aussi, de nombreuses entreprises (commerciales, résidentielles, industrielles) se sont résolues à utiliser des groupes électrogènes pour satisfaire leurs besoins en électricité, à des coûts élevés tant pour eux-mêmes que pour l’économie nationale ».
« 10 turbines de 250 MW chacune »
D’après AEC, les principales caractéristiques de l’aménagement hydroélectrique qui sera mis en place sur le fleuve Noun-Wouri sont : « un débit moyen turbiné sous 606 m: 119 par seconde et un débit maximal turbiné sous 606 m: 240 par seconde.». African Energy Company SA estime que plusieurs alternatives seront analysées dans l’étude de faisabilité afin de minimiser les coûts et d’optimiser la production. « Une des alternatives serait d’équiper la centrale de 10 turbines de 250 MW chacune. En se basant sur ces caractéristiques, du volume moyen annuel de l’eau qui pourrait être utilisé et en considérant un rendement de 80%, la production annuelle peut être estimée à 21900 GWh. Cette production peut être considérablement optimisée en améliorant le rendement passant ainsi de 80 % à 95 %. L’étude de faisabilité devra répondre à cette question d’optimisation. (…) En considérant un rendement de 80%, la puissance annuelle garantie serait de 20 000 MW, soit 17 520 000 MWh commerciale », conclut AEC.
Caractéristiques du projet du barrage hydroélectrique du Noun-Wouri
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Hauteur du réservoir |
600 m |
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Superficie du réservoir |
154 000 ha |
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Puissance de la centrale |
2 500MW |
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Production annuelle |
21 900 GW |
Beaugas-Orain Djoyum
Ce projet sera présenté à Genève à l’occasion du IXeme forum EMA Invest, en mars 2013.



































