Le Niger, la Côte d’Ivoire et la Guinée bénéficient à nouveau de l’AGOA

Le Niger, la Côte d’Ivoire et la Guinée bénéficient à nouveau de l’AGOA

(Agence Ecofin) - Trois Etats d’Afrique de l’Ouest ont été réintégrés, mardi 15 octobre, au sein de l’African Growth and Opportunity Acte (AGOA), le programme américain de coopération économique avec l’Afrique. La décision vient récompenser les progrès démocratiques effectués au Niger, en Côte d’Ivoire et en Guinée notamment à travers l’organisation « d’élections présidentielles libres et justes ».

A l’occasion de la révision annuelle de la liste du programme AGOA, le président américain a « signé un décret restaurant les privilèges commerciaux et d’autres bénéfices » des trois Etats africains, indique le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, Tommy Vietor.

La loi AGOA, signée en 2000, offre un accès privilégié au marché américain pour des économies d’Afrique subsaharienne. Les Etats-Unis nomment unilatéralement les Etats pouvant bénéficier de ces avantages notamment douaniers, selon certains critères. Les pays doivent ainsi s’engager sur un certain nombre de principes tels que la démocratie, le respect de l’Etat de droit, le libéralisme politique, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, etc.

George W Bush avait suspendu la Côte d’Ivoire du programme, en janvier 2005, pour cause de violences et de fortes instabilités politiques. Barak Obama avait quant à lui pénalisé le Niger et la Guinée en janvier 2010 suite au refus du président nigérien Mamadou Tandja de remettre son mandat en jeu et à un putsch à Conakry.

L’accession démocratique du gouvernement en place au pouvoir est par conséquent une condition essentielle. Or Barack Obama s’est félicité de l’organisation d’élections présidentielles « libres et justes » dans ces trois Etats mettant en place un pouvoir légitime. « Grâce à leur détermination et à celle des gens qui veulent vivre dans des sociétés libres et démocratiques, ils sont arrivés au pouvoir en étant soutenus par la volonté légitime de leurs peuples, et en tant que tels, ils peuvent servir de modèle au continent tout entier » avait-il  déclaré fin juillet dernier, à l’occasion de la visite à la maison blanche de M. Ouattara, du guinéen d’Alpha Condé et du nigérien Mahamadou Issoufou.

L’enjeu économique d’une telle réintégration est fondamental pour ces Etats. Ainsi le ministre ivoirien du Commerce, Dagobert Banzio a indiqué ce mercredi, que « les produits ivoiriens seront exportés vers les Etats-Unis sans droits de douane » ce qui constitue un élément très important pour les investisseurs installés et futurs.

Il ajoute que la réhabilitation devrait permettre « un gain de compétitivité de 17% sur la valeur des produits ».

Si la décision du président américain crée de réelles réjouissances dans ces trois Etats, d’autres économies restent sur la touche. Madagascar, par exemple, espérait fortement une réhabilitation suite à l’adoption de la feuille de route en septembre dernier. Suspendue en décembre 2009 par le Congrès américain, l’île a ressenti de réelles difficultés depuis, avec notamment une exportation en textile et en confection, passant de 617 millions de dollars en 2008 à 54 millions en 2010.

Vos contributions sont bienvenues

L’information financière africaine n’est qu’à ses débuts. Toutes les précisions, corrections, documents ou suggestions que vous pourrez nous apporter seront les bienvenus, via ce formulaire de commentaires ou bien à l’adresse redaction à agenceecofin point com.


Code de sécurité
Rafraîchir

Yaoundé-Genève | 24 mai 2013
 

ARTICLES DROIT LES PLUS LUS