La menace d’une crise alimentaire au Sahel
(Agence Ecofin) - La sonnette d’alarme est déjà tirée depuis quelques semaines. Une crise alimentaire menace les pays du Sahel et pourrait toucher 12 millions de personnes. Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad se sont déclarés en situation d’urgence et ont fait appel à l’aide internationale. Le déficit pluviométrique, la chute de la production céréalière, la faible disponibilité en pâturage, des prix alimentaires élevés et, dans certaines régions, des conflits et une insécurité grandissants font que la situation pourrait dans les prochaines semaines basculer en une crise alimentaire.
Selon les statistiques du CILSS, les niveaux de production céréalière en 2011/12 sont en retrait de 15 à 52% par rapport 2010/11 et de 9 à 38% par rapport à la moyenne de ces cinq dernières années au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Les baisses sont particulièrement marquées au Tchad et au Niger avec des déficits céréaliers supérieurs à 600 000 tonnes. Dans la zone UEMOA, la production est en baisse de 18%, affectant 5 des 8 pays membres, avec un bilan céréalier brut prévisionnel déficitaire d’un peu plus de 3 millions de tonnes.
Les Etats concernés se sont d’ores et déjà mobilisés en mettant en place des programmes d’aide alimentaire, de ventes à prix modérés et/ou des programmes de cash transfert et certains pays comme le Burkina Faso et le Mali, ont pris des mesures pour limiter l’exportation de céréales sèches. Les agences des Nations unies, les représentants des gouvernements des pays affectés et les pays donateurs ont lancé le 16 février un appel à une augmentation de l’aide humanitaire lors d’une réunion d’urgence sur le Sahel au siège du PAM.
L’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a accordé, le 17 février, une aide de FCFA 10 milliards et décidé que la Banque ouest africaine de développement (BOAD) financera sous forme de prêts des projets agricoles à court terme à hauteur de FCFA 12 milliards.






















